Triste nouvelle quecelle de la disparition de notre doyen MurtuDo Diop qui aura été, jusqu’à son dernier souffle, un combattant inflexiblepour l’égalité politique et culturelle entre tous les Mauritaniens. Sur le planpolitique, il faisait partie de la race de ces hommes exceptionnels qui incarnentun idéal absolu au-dessus des calculs politiciens immédiats.
Comme les poètes de la « Pléiade », qui, au XVIème, réhabilitèrent la langue françaiseface à la prééminence du latin, alors langue savante de l’Europe, MurtuDOcomprit très vite que c’était une erreur de déprécier les langues africaines,lesquelles sont potentiellement susceptibles d’exprimer toutes les nuances dela pensée : ce combat devint celui de toute sa vie, et il le mena avec un dévouementet une abnégation tels, que le nom de Murtudo est devenu synonyme de« pulaar », langue dans laquelle s’exprimait le poète.
Murtodo Diop est parti noblement. Honorablement. Généreusement.Dans cette relation de partage avec les autres qui avait quelque chose dechristique : don de soi pour sauver les autres.
Puisse Dieu agréer son âme ! Yoo Alla yurmo mo, yaafoomo, haarna mo aljanna ! Yoo barke makko heddo e Besngu makko, heddoo emeeDen ! Aamiin !
"M ohamadou saidou TOURE"<msatoure@yahoo.fr>
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Mohamadou Saidou TOURE, Vendredi 11 Juillet 2008
Cher maître.
Je suis impressionné par votre énergie intarissable, celle du militant hors pair, qui, à un âge où beaucoup d’hommes aspirent naturellement au repos, a pris le parti, plus déterminé que jamais, de défendre les langues nationales, un combat dont il fut un des pionniers. C’est tout à votre honneur, doyen !
Petit, j’entendais, sur les ondes de Radio Mauritanie, -sauf si ma mémoire défectueuse me trompe- votre voix grave entonner « Gawlo miskineeBe », « griot des pauvres », poème dédié aux gueux, aux pouilleux, aux infortunés de la vie, dont le sort n’émeut guère la "haute" société nantie et individualiste ; mais, mises à part ces bribes erratiques distillées autrefois par la radio, que sait-on aujourd’hui de la poésie de MurtuDo ? Presque rien. C’est bien triste pour le « Dubellay » (poète qui défendit le français au XVIème siècle) des Lettres pulaar !les stations de radio pulaar diffusent, à longueur de journée, de la poésie. On entend de grands noms et de moins connus ; mais, point la voix du Maître, dont beaucoup d’auditeurs ignorent le timbre.
Vous m’aviez promis un de vos livres, lors d’une conférence, à votre initiative, de l’opposition mauritanienne en France. Mes nombreux mails pour vous relancer s’étaient avérés infructueux…
C’est bien plus tard, miraculeusement, par un heureux hasard, que j’ai pu mettre la main sur un de vos livres : « En caltiima » (« Désormais, nous disons « non »), recueil de poèmes engagé, s’il en est, publié par Binndi e jannde. Le second livre dont je dispose, « Wullaango Boolumbal » («Cri de détresse de l’aigle ») est une toute nouvelle acquisition, lors d’un séjour récent au Sénégal qui m’a permis de me rendre chez votre éditeur, ARED.
Il me semble que vous ne vous préoccupez assez de la diffusion de vos livres. A l’ère d’Internet, ils méritent pourtant une plus grande vulgarisation. Salutations respectueuses, Doyen ! Mohamadou Saidou TOURE, Vendredi 11 Juillet 2008 (message privé adressé à feu Murtudo)
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Re : [flamnet] LE PASSIF HUMANITAIRE AU COEUR DE LA RESOLUTION DESEURODEPUTES
Jeudi 11 Septembre 2008 16h55mn 03s
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