La mort de Ould Hadih prouve que de la torture est pratiquée dans nos prisons (Bâtonnier de l’ONA) Posté le 01/10/2012 - Par ANI © Date publication : 07-10-2012 23:07:08

 

 

 

La mort de Ould Hadih prouve que de la torture est pratiquée dans nos prisons (Bâtonnier de l’ONA)

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"Nous sommes là pour un problème d’actualité, celui de la pratique de la torture dans la prisons de Dar Naim, dont a été victime le défunt Hcaen Ould Hadih, cependant que deux de ses codétenus ont échappé à la mort", a indiqué, dimanche Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.
 

Le bâtonnier de l’Ordre national des avocats (ONA), qui animait une conférence de presse, a ajouté que les deux rescapés ont, tout de même, subi de lourds préjudices. Pour tant, poursuit Me Bouhoubeiny, nous avons à maintes reprises, dans différents rapports, dénoncé cette pratique, tout en proposant la mise en place d’un observatoire des prisons pour le suivi des prisons et pour donner aux prisonniers un moyen de se faire entendre. 
Il a rappelé que les rapports du bâtonnier de l’Ordre national des avocats(ONA), au titre de 2009, 2010 et tout dernièrement celui de 2012 ont fait la lumière sur la torture et nous avons demandé la démission du ministre de la justice. Ce dernier étant l’un des principaux responsables de la situation dans les prisons et par conséquent au courant de la pratique de la torture dans les prisons, notamment dans les prisons de Dar Naim et de Nouadhibou.
A Nouadhibou, a-t-il précisé, il ya 151 prisonniers vivant dans des locaux exigus en toute promiscuité.
Nous avons, a-t-il ajouté, évoqué (dans les rapports de l’ONA) les mauvais traitements subis par les prisonniers à Nouadhibou, en plus de cas des tortures d’étudiants au commissariat du Ksar, dont certains en portent encore les traces sur leurs corps, notamment celles de brulures par des cigarettes.
Nouas sommes interdits de visite aux prisons, notamment de Dra Naim et de Rosso. Pourtant, il ya lieu de savoir que la présence d’un avocat est un facteur d’assurance et une protection des droits des détenus. Nous sommes également privés de l’autorisation écrite du parquet pour pouvoir nous rendre dans les prisons, a-t-il déploré.
Par ailleurs a mentionné le bâtonnier, nous avons aussi dénoncé la mort du ressortissant malien des suites de la négligence du suivi médical.
Et de poursuivre : « je reviens encore sur le cas de la maison d’arrêt de Dar Naim où la surveillance des détenus est assurée par la garde nationale, dont les éléments n’ont pas les compétences nécessaires pour mener à bien cette mission ». Le cas de la mort de Hacen témoigne de l’ignorance par ces gardes des règles relatives aux droits des prisonniers.
A propos du transfert, depuis quelques mois, de détenus islamiste vers une direction inconnue, Me Bouhoubeiny a fait ressortir « qu’il existe aujourd’hui, en Mauritanie, une prison secrète où croupissent 14 détenus slafistes, dont certains sont encore soumis à une procédure d’appel, dans une violation flagrante de la loi. Il n’ya aucun contact entre ces détenus et leurs avocats ».
Concernant le propos d’un officier de la garde de la maison d’arrêt de Dar Naim, aujourd’hui soumis à l’accusation dans le cas de Hace Ould Hadih, le bâtonnier
Dernièrement, un officier de la garde impliqué dans cette affaire de torture mortelle de Dar Naim, a parlé. Nous avons pu déduire de ce qu’il a dit que la torture est officiellement instaurée comme système de traitement des détenus.
Le même officier, apparemment sans connaissance de la loi, a invoqué les ordres de ses chefs pour justifier la pratique de la torture, alors que le texte de la convention sur la torture souligne qu’en aucun cas cela ne puisse constituer un justificatif.
Cet incident vient dévoiler la réalité de la pratique de la torture dans nos prisons, telle que décrite auparavant par le rapport de l’ONA. Cela nous a valu d’être taxé d’avoir des visées politiciennes. En réalité, nous sommes entrain de faire notre travail en tant qu’ordre des avocats et nous ne sommes pas dans une confrontation avec quelque partie et nous n’avons pas d’appartenance politique.
Il est encore déplorable que certains des prisonniers endurent des conditions de détention difficiles en plus de problèmes de procédure. « Certains prisonniers sont en détention préventive depuis 2006 », a souligné Me Bouhoubeiny. Il ya, a-t-il dit, une absence totale de l’assistance judiciaire qui constitue un droit primordial garanti pour les détenus les plus démunis pour les mettre au même pied d’égalité avec les autres. Cette assistance doit être prise en charge par l’Etat qui continue à l’ignorer. Ce qui a fait que l’ordre, qui dispose des moyens humains et matériels nécessaire, a proposé ses services pour la prise en compte de cette assistance.
La Mauritanie est signataire de la convention internationale contre la torture, laquelle exige une enquête indépendante pour faire la lumière sur chaque cas. Il ya seulement quelques jours, le pays a également signé le protocole facultatif sur la torture qui apporte l’obligation de l’ouverture des prisons le sous-comité de la torture et les autres organisations indépendantes.
A ce titre, nous avons demandé, aujourd’hui l’autorisation de visite à la prison de Dar Naïm et celle des femmes.
Enfin « Nous estimons qu’il, est temps que les choses changent dans le prisons », a conclu le bâtonnier de l’Ordre national des avocats. 

 

EOM

 



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