Assassinat manqué du président mauritanien ! Posté le 04/10/2012 - Par Cheikh Tidiane DIA © Le Quotidien Rénovateur

 

 

Assassinat manqué du président mauritanien !

 

 

Erreur fatale mais erreur tout de même !Ainsi le président Mohamed Ould Abdel Aziz essuya des avalanches de tirs venant d’une patrouille de la gendarmerie qui opérait dans la zone où se trouvait le chef de l’Etat mauritanien dans le courant du week-end.Sorti indemne, l’homme fort de Nouakchott a été blessé légèrement selon la version officielle ; grièvement annoncent des rumeurs qui ont circulé toute la journée à Nouakchott.
La vérité sur cet incident, ne sera pas entièrement connue à cause du secret d’Etat qui accorde beaucoup de réserves sur cette tentative de liquidation involontaire mais aussi sur les mille et une informations contradictoires qui entretiennent le doute sur cette fusillade ayant conduit à l’évacuation du président mauritanien en France. On n’en saura pas davantage… Et après le décollage de l’avion médicalisé vers Paris, seules resteront dans les mémoires les déclarations laconiques que le président a faites dans les médias officiels faisant état de son état de santé rassurant. Combien de temps passera-t-il au pays de Hollande ? Comment les mauritaniens vivront-il cette absence de leur président ? Quelles conséquences cette tentative de liquidation laissera –elle sur la vie politique et institutionnelle du pays ? Des questions qui se posent d’autant avec acuité que la Mauritanie fait face depuis des mois à une crise de confiance entre son élite politique mais aussi vit une psychose sécuritaire qui installe les forces de l’ordre dans une peur permanente au point de les pousser à commettre des erreurs fatales. Cette fusillade est la deuxième du genre en une année commise par des patrouilles de la gendarmerie qui perdent le sang froid en mitraillant tout ce qui parait suspect sur leur direction. Mais c’est la première fois qu’un président mauritanien depuis les indépendances soit la cible de tirs d’une unité de contrôle qui opérait en plein désert. C’est aussi pour la première fois que la France reçoit l’évacuation de cette nature d’un chef d’Etat mauritanien. Directement ou indirectement cette tentative involontaire d’assassinat contre la personne du Mohamed Ould Abdel Aziz est liée à la problématique sécuritaire qui couve sur le pays et dans le sahel. Elle intervient donc dans un contexte d’incertitudes générales qui règne dans la sous-région et dont les incidences gagnent le pays. Aziz qui a fait de la lutte contre le terrorisme son cheval de bataille a payé sans le vouloir le prix de ce tout sécuritaire qui a failli causer sa mort. Au demeurant, c’est le cadre où le drame a eu lieu qui retient le plus l’attention des analystes partagés entre des interrogations sur les raisons de cette sortie du président dans un environnement aussi hostile et surtout sur l’absence ou la négligence du côté sécuritaire présidentiel apparemment mal accompagné. L’autre inconnue reste l’alerte non parvenue aux points de contrôle qui se trouvent disséminés tout au long des enclaves sécurisés du pays. Pourquoi prendre de tels risques pour une simple ballade en plein désert sachant qu’une telle témérité expose la vie en danger. Aziz a-t -il trop voulu montrer qu’il est sûr de lui même pour se livrer à de telles excursions. Une fois tiré de cette épreuve et repris service, il mesurera pour longtemps que «la sécurité a « des raisons que la raison ne connait pas ! » C’est bien dommage de vivre pareilles aventures …

 

Cheikh Tidiane DIA  ©  Le Quotidien Rénovateur

 

 



Réagir