Guinée équatoriale : mandat d'arrêt contre le président de Transparency-France Posté le 10/10/2012 - Par (©AFP / 17 octobre 2012 20h56)

Guinée équatoriale : mandat d'arrêt contre le président de Transparency-France
LIBREVILLE - La Guinée équatoriale a lancé un mandat d'arrêt international contre le responsable de l'ONG Transparency International-France (TI), à l'origine de l'affaire des Biens mal acquis des chefs d'Etat africains, annonce mercredi un communiqué des autorités de Malabo.
Le Français Daniel Lebègue ne s'est pas présenté à une convocation de la justice équato-guinéenne qui voulait l'entendre pour diffamation à l'égard de l'Etat équato-guinéen. Il est considéré comme +rebelle (à l'autorité) et nous avons lancé un ordre de recherche et de capture, a précisé à l'AFP le procureur général de Guinée, David Nguema.
La procédure lancée par la justice équato-guinéenne intervient alors que Teodorin Obiang, le fils du président Teodoro Obiang, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé par la France dans cette affaire des biens mal acquis.
La plainte déposée en 2008 par la section française de TI présidée par M. Lebègue est à l'origine de l'affaire impliquant des chefs d'Etats africains accusés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné.
La Justice de Guinée équatoriale informe (...) que mardi 16 octobre, l'Organisation internationale de police criminelle (Interpol) et les corps de sécurité de l'État équato-guinéen ont reçu un mandat d'arrêt contre le citoyen français Daniel Lebègue, selon le communiqué transmis mercredi à l'AFP à Libreville.
M. Lebègue est un individu très dangereux qui, depuis plusieurs années, réalise des affaires illicites et mafieuses et qui lance des calomnies et des injures contre les personnalités et les institutions de la République de Guinée équatoriale, selon le texte.
Le texte accuse M. Lebègue d'avoir refusé à plusieurs reprises de déférer à la convocation des tribunaux nationaux pour répondre de ses actes. Pendant ses 9 ans en Guinée équatoriale, (il) a amassé de manière frauduleuse des énormes bénéfices économiques par le biais de l'entreprise Technip et de plusieurs entreprises sous-traitantes du secteur du pétrole, poursuit le communiqué.
Si cette information était confirmée, elle est sans surprise s'agissant d'un acte qui provient d'une autorité judiciaire dont l'indépendance est plus que contestable, a déclaré à l'AFP l'avocat de Transparency International, Me William Bourdon.
Il s'apparente à une lettre de cachet. S'agissant d'une procédure fabriquée, elle est irrecevable en droit international et insusceptible d'être diffusée par Interpol, estime-t-il.
M. Lebègue s'est dit prêt à répondre, en France, à toutes les questions, si une convocation régulière lui est adressée, a-t-il ajouté.
En réponse à la convocation, dont il avait fait l'objet de la part de la Guinée équatoriale M. Lebègue avait indiqué, par l'intermédiaire de son avocat, que cette convocation était +nulle et non avenue et contraire à toutes les règles les plus élémentaires de droit international+, a précisé Me Bourdon.
De son côté le procureur équato-guinéen a démenti totalement que la procédure était une réponse à la plainte de Transparency dans une affaire de je ne sais quels biens mal acquis par des chefs d'Etat africains.
Le parquet a lancé une une action criminelle pour délits de calomnie et d'injures contre les institutions publiques de la Guinée équatoriale et son administration, a-t-il souligné ajoutant que selon la loi, le parquet avait l'impérieuse obligation de défendre l'honneur de l'Etat et du peuple équato-guinéen.
M. Lebègue (...) a des intérêts en Guinée équatoriale depuis 2000 à travers une série d'entreprises dans le secteur pétrolier. On ne peut pas faire de telles déclarations (...) accusant l'administration de corruption (...) et en même temps travailler avec l'administration qu'il dit +corrompue+, a-t-il ajouté. Il faut qu'il témoigne.
(©AFP / 17 octobre 2012 20h56)





