« Enterrer » le dossier du passif humanitaire à coup de milliards d’UM ?

 

 

« Enterrer » le dossier du passif humanitaire à coup de milliards d’UM ?

 

 

Le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz est décidé d’en finir avec la question du passif humanitaire qui est l’un des dossiers

les us sensibles hérités de l’ère Taya.

Dès son arrivée au pouvoir, le 6 août 2008, par un coup d’Etat unanimement condamné au début par la communauté internationale, Ould Abdel Aziz a fait de cette question une de ses priorités, bien que le président qu’il venait de destituer, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, avait lui aussi pensé un plan global pour le règlement du passif humanitaire, en commençant d’abord par le retour en Mauritanie de quelque 20.000 réfugiés au Sénégal.

Pour le gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf la priorité a été accordée aux retours des réfugiés et à la réinsertion, pour les besoins d’une « visibilité » à l’extérieur, puis le pouvoir a aussi privilégié le règlement du passif humanitaire au sein de l’armée qui constitue, véritablement, l’aspect le plus dramatique de cette question, avec des centaines de militaires Négro-africains éliminés physiquement dans les bases d’Inal (nord de la Mauritanie) d’Azlat (centre du pays) et de Jreida (30 kilomètres de Nouakchott) ainsi que l’existence de charniers dont le plus connu est celui de Sorimalé au Brakna.

Récemment donc, le ministre mauritanien de la Défense, Ahmedou Ould Dèye Ould Mohamed Radhi, a déclaré, au sortir du Conseil des ministres du jeudi 03 janvier 2013, que le gouvernement a approuvé un communiqué sur le règlement du passif humanitaire au sein de l’armée concernant des citoyens non inclus dans le communiqué du 02/062011. Il a ajouté que ce communiqué entre dans le cadre du dossier dont la résolution a commencé par le discours du président de la République et la prière de l’absent à Kaédi, le 25 mars 2009, précisant que les dédommagements ont concerné, avant ce communiqué, quelque 974 personnes, anciens membres des forces armées, pour une enveloppe financière de 1,247 milliards d’ouguiyas et des pensions de 98 millions d’UM.

Le ministre de la Défense a aussi affirmé que la commission chargée de recevoir les demandes des personnes victimes de ces exactions a reçu 2270 dossiers qui ont été étudiés au bout de six mois et que 786 cas ont été reconnus comme liés  directement à ces évènements au sein de l’armée, de la gendarmerie et de la garde.

Ould Dèye a indiqué que l’enveloppe financière consacrée au dédommagement de ce second groupe a  atteint 772.132.405 UM alors que les pensions grèveront le budget de l’Etat de 88 millions d’UM. En conclusion, le ministre de la Défense a souligné que le nombre total des anciens des forces armés à bénéficier des dédommagements sera de 1760 personnes pour un montant global de 2,019 milliards d’ouguiyas et que 186 millions seront dégagés pour la prise en charge des pensions. Et le  ministre de la défense de dire qu’avec le règlement de ces cas, on peut considérer que le dossier du passif humanitaire au sein de l’armée est clos.

 

 

Les associations des victimes pensent autrement

 

 

C’est à partir du 31 décembre 2009 que la Mauritanie avait espéré tourner, définitivement, une page douloureuse de son histoire. Les opérations de rapatriement engagées douze mois plus tôt devaient aboutir avec le retour de 20.000 négro-mauritaniens ayant passé vingt ans dans le dénuement le plus total, mais surtout l’exil forcé au Sénégal ayant été chassés de leur pays au cours des événements de 1989-1991.

Mais les organisations des victimes de ces évènements ainsi que le HCR, qui a servi d'interface dans l'accord de rapatriement entre les gouvernements mauritanien et sénégalais, pensent qu’un important soutien reste nécessaire après le retour pour que les rapatriés puissent reconstruire leur vie. A cette fin, les autorités mauritaniennes, par l'intermédiaire de l'Agence nationale d'appui à la réintégration des réfugiés (ANAIR) ainsi que le HCR et ses partenaires ont mis en place un long processus de réintégration : allocation de terres cultivables; visites médicales ponctuelles sur les sites de retour ; approvisionnement de certains sites en eau dans l'attente de solutions durables ; distribution d'intrants agricoles ; mise en place de coopératives ; mise en place de projets Vivres contre travail... Mais plusieurs Organisations non gouvernementales et des réfugiés eux-mêmes dénoncent des insuffisances notoires quant aux allocations destinées aux opérations de rapatriement et à l'insertion. Ce qui a été entrepris, jusqu'à présent, ne relèverait, selon de nombreux observateurs, que du «minimum vital ».

Pour ces organisations, de nombreux défis restent à relever pour que ces populations puissent avoir la même vie que tout citoyen mauritanien, notamment dans les secteurs de la santé, de l'éducation, de l'eau, de la sécurité alimentaire, de l'agriculture et de l'élevage. Ces citoyens réclament surtout des dédommagements conséquents et proportionnels au préjudice subi. Par exemple, retrouver leurs terres et leurs anciens lieux d’habitation et non pas être concentrés dans des sites qui n’ont rien de différents de ceux qu’ils ont quitté au Sénégal. Il faut aussi que ceux qui ont été chassés de la Fonction publique, militaires et civils, reviennent à leur travail avec une formule qui leur permet de ne pas être trop lésés dans le cadre d’un processus de « réconciliation nationale » mis en œuvre par le gouvernement et auquel ils ont été très peu associés. Car tout est parti de la volonté d’un pouvoir qui voulait frapper un grand coup, comme on dit, pour ne pas permettre à l’opposition de surfer sur un dossier aussi sensible que celui du passif humanitaire. Cela n’a pas empêché pourtant des organisations de défense des droits de l’homme et des victimes de ces exactions de continuer encore d’effectuer des « pèlerinages » sur les lieux où des centaines de militaires négro-mauritaniens ont été exécutés par leurs frères d’armes arabo-berbères.


  • El Hourriya Monday, 07 January 2013 14:49
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  • 07/01/2013

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