DÉCONSTRUISONS NOS MYTHES

 

 

 

 

DÉCONSTRUISONS NOS MYTHES

 

 

 

 



Interrogeons l’histoire, pour voir ce que nos aïeux ont fait ou n’ont pas fait. Loin des tambours et des louanges de « bravitudes » -;)- imaginaires, l’analyse de l’histoire toute récente de notre pays nous clarifie sur les uns et les autres. Il ne s’agit pas d’opposer les uns contre les autres mais de voir qu’il n’existe aucune homogénéisation ethnique de lutte ou de soumission voire de complaisance vis-à-vis du colonisateur.
En dehors de la puissance de feu, la pénétration française aussi bien dans « l’espace noir » que dans « le trab Bidhân » s’est faite avec les accords tacites ou officiels des chefs locaux (marabouts ou politique). L’administration coloniale n’a pas cherché à bouleverser les hiérarchies sociales et politiques de l’époque au contraire elle a « joué » avec.
Au Fouta, les rivalités grandes entre Abdoul Bocar Kane et Ibra Almamy Wane permettront à l’instance coloniale de pénétrer dans le Fouta, non sans aucune résistance mais avec plus de facilité (moins de difficulté si on préfère !). Le dernier s’alliera avec la France contre l’Almamy. Des provinces entières sous l’influence de l’un feront cession et demanderont la protection de la puissance coloniale. Il faut dire, à tord l’Almamy refusait des prérogatives politiques légitimes à Ibra Almamy Wane.
L’histoire de cette marche coloniale, ne s’arrête pas juste à des sessions de connivences ou de déloyautés. Force de constater que la grande partie des administrés n’approuvent pas les « accords » entre leurs gouvernants et la France. Des « résistances» se forment allant jusqu’à l’assassinat des chefs « blancs ». Abel Jeandet en fera les frais, l’homme fut assassiné par Baydi Kaccé le 2 septembre 1890. A son tour quelques jours par la suite il sera exécuté sur la place publique à Podor, son corps jeté en pâture aux sauriens du fleuve.
Les coalitions ne sont pas seulement intra-ethnique mais encore interethniques voire intercommunautaires. En effet en 1890 alors qu’Abdoul Bocar Kane avait sa base a Kaedi, avec l’aide des Bidhân Ewlad Ely ainsi que plus tard par le Bourba du Jolof, ils formèrent une résistance active. Face à la puissance de feu des Français, Abdoul Bocar Kane trouvera asile dans l’Assaba plus tard. Il sera par la suite assassiné par un membre de la tribu des Charit qui le protégeait auparavant.
Les mêmes processus se reproduisent dans le Guidimakha où pour des raisons stratégiques Elhaj Oumar Tall occupera une partie du Guidimakha en même temps que la puissance coloniale avec laquelle d’ailleurs ensemble ils signeront le fameux « traité de Médine » le 18 aout 1860. Traité qui impose aux populations de la confrérie Tijaniya de Guidimakha de verser le « zakat » à l’empire d’Elhaj Oumar Tall avec le concours de la France.
Ici encore, des poches de résistance voient le jour, on peut parler de Mamadou Lamine Dramé ou de son fils Souaybou. Ce dernier sera exécuté à Bakel, le 3mai 1887 par les hommes du Lieutenant Michanberg. Cependant auparavant, il a su donner du fil à retord aux disciples oumariens mais encore à d’autres alliés de circonstances Bidhân à savoir les Ehl Sidi Mahmoud. Le père sera quant à lui assassiné par la garde d’un chef peul Moussa Molo.

On peut reproduire le même schéma sur le Wallo pour en finir avec « l’espace noire » d’autant plus ça été la région d’entrée de la puissance coloniale. Celle-ci a pu profiter des rivalités « fratricides » entre les Logaar et les Tejeek. Les premiers seront les affidés des français. Une résistance se formera autour des hommes comme Youga ou Birom Gaye. Ils connaitront aussi un sort comme celui de Baydi Kaccé : exécution publique pour servir d’exemple !

Qu’en était-il au Nord ?


Dans cette terre dite de « Trab el Bidhân », le fameux Coopolani trouva des appuis locaux en la personne du Cheikh Sidiya Babe au Trarza pour aller à la conquête de cette zone en particulier vers l’Adrar et le Tagant. En 1904 ce sont les Ewlad Ebieri et de Tajikant avec la puissance coloniale qui conquièrent l’Adrar et le Tagant. Cette conquête ne fut pas non plus facile, elle rencontra une forte résistance de la part de certains clans. L’Emir Sid’ Ahmed Ould Ayde et l’Emir Bakar Ould Souweid Ahmed seront des fervents résistants à cette expansion. Ce dernier succombera en 1905 à la suite des graves blessures lors de la bataille de « ghadoum ». Cependant des querelles politiques intestines affaibliront la résistance et inéluctablement « Trab el Bidhân » n’échappera pas à la marche coloniale. Notons tout de même, la résistance réussira en la personne de Sidi Ould Moulay Zein a touché mortellement le fameux Coopolani, le 12 mai 1905 à Tidjikdja.

Il faut en finir avec cette théorie qui veut que dans l’espace sud mauritanien la conquête coloniale s’est faite sans aucune résistance et qu’elle fut laborieuse dans le Nord. Aucune communauté ne peut se targuer d’être le symbole d’anticolonialisme.

De part et d’autre des communautés, on ne peut signaler une homogénéisation ethnique de collaboration ou de résistance face à la puissance coloniale. De part et d’autre de notre contrées des frères ont trahi des frères, des frères ont assassiné des frères, des frères ont protégé des frères. Les alliances, les assassinats, les trahisons n’étaient ni exclusivité du Sud ni celle du Trab el Bidhân…
Ce sont là des exemples vérifiables auprès de nos historiens et des archives coloniales consultables. Nous n’avons rien conçu hormis les consulter. Thiérno Diaba en a fait une synthèse beaucoup plus élaborée !

 

 

Bocar Daha KANE

 

 


  • Bocar Daha KANE Lundi 8 avril 2013 19h56
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  • 08/04/2013
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