Lighaa Chaab : Objectif dévoué, urgence de revoir le format Posté le 15/08/2013 - Par 15 AOÛT 2013 ÉCRIT PAR LE CALAME

Lighaa Chaab : Objectif dévoué, urgence de revoir le format
L’émission tant attendue du pouvoir et de sa majorité présidentielle a finalement vécu. On ne dira pas, par respect au peuple qu’elle a accouché d’une souris, mais l’évènement tant attendu n’a pas été à la hauteur des attentes des mauritaniens lambda, préoccupés qu’ils sont par la précarité. En lieu et place des annonces fracassantes, genre je serai candidat en 2014 pour achever mes chantiers, à l’image d’Abdoulaye Wade qui considérait tous les sénégalais comme incapables de parachever ses grands chantiers, le président de la République s’est livré, durant toute l’émission, à l’apologie de la rectification, remplacée depuis hier nuit par le mot coup d’état. Nous avons assisté à une autosatisfaction sans commune mesure. Le président de la République n’a, à aucun moment accepté d’avoir fauté. Rien de nouveau depuis la rectification. Tout baigne dans l’huile. L’opposition n’a qu’à critiquer, gesticuler, rien à faire. C’est un parcours sans faute qu’il a présenté au peuple mauritanien dont une importante frange a couru, hélas, comme sous Ould Taya, à Néma pour se faire voir, faussant ainsi ce qui devrait être une rencontre entre le sommet et la base. Pourtant en prenant le pouvoir en août 2008, le président des pauvres avait suscité un immense espoir, un espoir cristallisé par le méga meeting de clôture de sa campagne près de la centrale électrique d’Arafat. On pensé avoir rompu avec la corruption et la gabegie, on nourrissait l’espoir de voir s’installer une justice sociale, le partage équitable des ressources, le règne des commerçants véreux, mais hélas le naturel est revenu au galop. Les caisses pleines de l’état qu’on nous agite au visage n’ont pas réussi à étancher nos soifs et notre faim. Les chiffres que le président de la République a étalés hier soir sont bien beaux pour être écoutés. On les a toujours entendus, récemment à Nouadhibou et à Rosso, et on les entendra sûrement durant l’année en cours et lors des présidentielles prochaines.
En suivant Ligha Chaab, on se demande si le président de la République dispose d’un staff qui le conseille et qu’il écoute réellement, sinon comment le présenter devant le peuple comme un conférencier ou un professeur ? La lecture qu’il fait laisse l’impression que sans cet outil informatique, le président ne maîtrise aucun chiffre. Les conseillers en communication du président ne semblent pas bien inspirés. N’ont-ils pas vu comme les autres présidents sont interrogés par les journalistes ou par certains groupes de gens ciblés ? En France, le président de la République parle régulièrement aux français en traitant des thèmes ciblés, des questions urgentes, et pour le faire, on coopte, au grand maximum deux journalistes indépendants. En Mauritanie, le président parle de tout à la fois et finit par ennuyer. L’émission est trop longue. Les pauvres journalistes se perdent, sous le flot des thèmes qu’ils devaient consigner dans leurs calepins. Même le peuple y perd sa patience. C’est dire ici que la responsabilité des conseillers et chargés de missions est lourdement engagée. Ils devraient conseiller leur bosse en lui proposant un format plus simple et plus attrayant, avec un journaliste animateur qui relance chaque fois le débat quand il tend à ennuyer. Cet animateur devrait avoir le courage d’interrompre certains intervenants au téléphone qui se livrent à l’apologie du pouvoir. Les interventions doivent être triées pour ne passer que celles qui sont pertinentes.
Enfin, la présidence et le gouvernement doivent intimer l’ordre aux fonctionnaires, ressortissants et autres soi disant acteurs politiques de rester dans leur poste, sous peine de sanctions. Pourquoi, à l’occasion d’une sortie du président, toute la République s’arrête de fonctionner ? Depuis que la date de l’émission est connue, toute la République se rue vers Néma et personne ne s’en émeut. Nouakchott s’est vidée de ses populations, la circulation urbaine s’est un peu décantée. Tout cela parce qu’un président de la République doit se produire dans une région. On est dans quelle République, est-on tenté de se demander ?
15 AOÛT 2013 ÉCRIT PAR LE CALAME
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