Soudan du Sud : Machar dit marcher sur Juba, pourparlers attendus à Addis

 

 

 

Soudan du Sud : Machar dit marcher sur Juba, pourparlers attendus à Addis

 


JUBA - L'ex-vice président sud-soudanais Riek Machar a affirmé mardi ne pas être prêt à un cessez-le-feu, ni même à rencontrer dans l'immédiat en face-à-face le président Salva Kiir, affirmant au contraire que la rébellion qu'il dirige marche sur la capitale Juba.

Riek Machar a cependant confirmé à l'AFP l'envoi d'une délégation dans la capitale éthiopienne Addis Abeba pour entamer des pourparlers de paix avec le gouvernement de Juba. Les autorités éthiopiennes, après avoir dans un premier temps annoncé la venue de Riek Machar et de Salva Kiir en personne, ont confirmé que deux délégations, sans les deux rivaux, étaient attendues.

Nos forces marchent encore sur Juba (la capitale sud-soudanaise), il n'y a pas de cessez-le-feu pour l'instant, a affirmé M. Machar, ajoutant que la rébellion avait, malgré le démenti de l'armée sud-soudanaise, bel et bien déjà repris le contrôle de la ville stratégique de Bor, capitale de l'Etat du Jonglei (Est). Depuis le début des combats mi-décembre, c'est la troisième fois que la ville change de mains.

Riek Machar a précisé que tout cessez-le-feu devrait d'abord être négocié.

C'est pour cela que la délégation va à Addis Abeba, pour discuter et négocier, a-t-il expliqué à l'AFP via un téléphone satellitaire, ignorant l'ultimatum fixé par des pays de la région.

Des dirigeants de pays d'Afrique de l'Est et de la Corne de l'Afrique, réunis au sein de l'organisation régionale Igad (Autorité intergouvernementale sur le développement), avaient donné jusqu'à ce mardi aux deux rivaux pour cesser les combats et entamer des pourparlers.

Riek Machar a encore indiqué qu'il pourrait lui-même se rendre ultérieurement à Addis, en cas de progrès par les délégations. Sa propre équipe comprend notamment Rebecca Garang, femme politique influente, chef de l'ethnie dinka respectée et veuve du leader de la rébellion sudiste du temps de la guerre civile Nord-Sud contre Khartoum, décédé en 2005.

Son propre déplacement à Addis va dépendre de la façon dont se passent les négociations, a-t-il indiqué. Je suivrai plus tard, une fois que les négociations auront débouché sur un cessez-le-feu. Cela dépendra donc de si et quand (ce cessez-le-feu) est atteint.

Nous n'avons pas réclamé cette bataille, elle nous a été imposée, a ajouté Riek Machar, démentant une nouvelle fois avoir déclenché les récents combats en tentant de s'emparer du pouvoir par la force comme l'en accuse Salva Kiir.

Le Soudan du Sud est déchiré depuis le 15 décembre par d'intenses combats alimentés par une rivalité entre le président Salva Kiir et son ex-vice président Riek Machar, limogé en juillet.

Le premier accuse le second de tentative de coup d'Etat. Riek Machar nie et reproche à M. Kiir de chercher à éliminer ses rivaux.

Le conflit aurait déjà fait des milliers de morts et 180.000 déplacés. Des informations ont aussi émergé sur des massacre, viols, meurtres à caractère ethnique.

Car si les combats sont alimentés par une vieille rivalité politique, ils revêtent aussi une dimension tribale : le conflit entre les deux hommes utilise et exacerbe les antagonismes entre Dinka, tribu de M. Kiir, et Nuer, celle de M. Machar.

 


Pas de partage de pouvoir



Dans un entretien diffusé mardi par la BBC, Salva Kiir a assuré vouloir régler le conflit par des moyens pacifiques.

Il a cependant souligné que les alliés de Riek Machar ne pourraient être libérés qu'en suivant le processus judiciaire.

Vous n'enfermez pas juste des gens et le lendemain vous leur dites +Sortez, vous êtes libres+, a-t-il lancé, excluant aussi tout partage de pouvoir avec son ex-vice président.

Cet homme est un rebelle. Si vous voulez le pouvoir, vous ne vous rebellez pas pour recevoir le pouvoir, a-t-il déclaré. Quand je suis arrivé (au pouvoir), je ne l'ai pas fait via un coup militaire, je suis venu (au pouvoir) élu par le peuple.

Ex-commandant rebelle lors de la guerre civile qui opposa longtemps Khartoum à Juba avant la signature d'un accord de paix en 2005, Salva Kiir avait été élu président peu de temps avant l'accès à l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

Parallèlement, l'Union africaine a haussé le ton, promettant d'imposer des sanctions ciblées à tous ceux qui inciteraient à la violence, y compris suivant des clivages ethniques, poursuivraient les hostilités ou commettraient des actes de violence contre les civils et les combattants désarmés.

Au-delà des dirigeants régionaux, d'autres pays s'activent pour tenter d'enrayer la crise.

Les Etats-Unis, parrains de l'indépendance du Soudan du Sud et son principal soutien depuis, multiplient les efforts mais disent faire face à une situation très compliquée et précaire. Le secrétaire d'Etat John Kerry a parlé quasiment tous les jours aux deux rivaux et l'émissaire américain Donald Booth était encore lundi à Juba pour pousser à l'ouverture de négociations.


(©AFP / 31 décembre 2013 15h17) 

 

  • JUBA - (©AFP / 31 décembre 2013 15h17)
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  • 31/12/2013
  • Afrique

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    Nouvelles O.D.H

    Le 31/12/2013 à 16:13:38

    Pétrole : la production du Soudan du sud en baisse d'au moins 15%


    JUBA - La production pétrolière du Soudan du sud a reculé d'au moins 15% en deux semaines de combats, a-t-on indiqué mardi de source industrielle.

    Le Soudan du sud, dont l'économie dépend entièrement du pétrole, est plongé dans le chaos depuis le 15 décembre quand le président Salva Kiir a accusé son ancien vice-président Riek Machar de fomenter un coup d'Etat, entraînant des affrontements meurtriers qui ont fait des milliers de morts.

    Parmi les quatre régions touchées par les combats, deux sont des zones pétrolières importantes.

    Dans l'état de Unity, où certaines installations pétrolières ont été directement affectées par les combats, la production des champs a été complètement arrêtée, a indiqué le groupe indien ONGC Videsh Limited sur son site en ligne.

    L'indien est partenaire dans deux consortiums chargés du pompage du brut dans cet état: le consortium Greater Pioneer Operating Company (GPOC) qui extrait en temps normal 37.000 barils par jour (b/j) de trois blocs, et le consortium SUDD Petroleum Operating Company (SPOC), qui pompe 4,600 b/j d'un 5ème bloc.

    Ainsi, la baisse de production atteint 41.000 b/j sur une moyenne de production d'environ 200.000 b/j. Il s'agit donc d'une baisse de 14 à 20% de la production comparé au niveau d'avant.

    Les opérations de pompage reprendront dès que la situation reviendra à la normale, a souligné le groupe indien précisant qu'il avait évacué la majeure partie de son personnel.

    Dans le Nil Supérieur, deuxième état pétrolier touché par les combats, la production n'a pas été affectée, selon le ministère sud-soudanais du Pétrole.

    La production et les opérations d'exploitation de pétrole se déroulent normalement dans cette zone, avec un niveau de production de 200.000 b/j, et le personnel de retour au travail, indique un communiqué du ministère.

    Les combats dans le Nil Supérieur se sont concentrés autour de Malakal, capitale de l'état alors que les champs de pétrole se trouvent plus au nord et à l'est.

    L'exploitation des blocs de pétrole dans cette zone est gérée par le consortium DAR Petroleum consortium, formé du chinois China National Petroleum Corporation (CNPC), du malaisien Petronas et de trois autres partenaires.

    str-hv/sas/dh/nas:gib

    ONGC - OIL & NATURAL GAS CORPORATION

    PIONEER CORP.


    (©AFP / 31 décembre 2013 14h04)

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