Démission du président Djotodia : liesse à Bangui Posté le 10/01/2014 - Par (ats / 10.01.2014 22h16) Afrique

 

 

Démission du président Djotodia : liesse à Bangui

 

 

 

Accusé de passivité face aux tueries interreligieuses, le président centrafricain Michel Djotodia a démissionné vendredi, tout comme son Premier ministre. Des habitants de Bangui ont aussitôt laissé éclater leur joie. Des élections sont prévues à fin 2014.

Michel Djotodia a cédé. L'ancien chef de la coalition rebelle Séléka a été mis sous pression par les dirigeants d'Afrique centrale qui l'avaient convoqué jeudi pour un sommet extraordinaire à N'Djamena, au Tchad.

Son Premier ministre, Nicolas Tiangaye, a aussi quitté ses fonctions. Tous deux entretenaient des relations notoirement mauvaises, contribuant à paralyser toute action publique face aux tueries à grande échelle en Centrafrique.

Michel Djotodia était président par intérim depuis avril dernier. Il était notamment accusé par les habitants chrétiens de Bangui d'avoir laissé les ex-rebelles, majoritairement musulmans, se livrer à des pillages et à des exactions après leur conquête du pays l'an dernier.

Les violences ont fait plusieurs centaines de morts et provoqué le déplacement de plus de 900'000 personnes. Elles ont incité la France à intervenir avec l'envoi de la force Sangaris à partir du 5 décembre.

 

 

"C'est fini!"

 

 

La démission des deux politiciens a été annoncée par la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEA) à l'issue du sommet de N'Djamena. Des discussions pour mettre en place une nouvelle direction auront lieu à Bangui à une date ultérieure, ajoute son communiqué.

L'annonce de la démission du président a suscité la liesse à Bangui. Des milliers d'habitants sont descendus dans les rues pour laisser éclater leur joie, scandant ou chantant: "C'est fini, c'est fini !".

La France a très vite réagi. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a demandé que le Conseil national de transition (CNT) établisse l'alternative provisoire afin d'organiser des élections avant la fin de l'année.

Au camp de déplacés de l'aéroport de Mpoko, où sont rassemblées 100'000 personnes, majoritairement chrétiennes, certains retrouvaient espoir. D'autres demeuraient méfiants. "Il n'y a pas encore la paix. On n'est pas rassuré. Il faut que les Séléka soient tous désarmés", demandait l'un d'eux.



(ats / 10.01.2014 22h16)

 

 




Les réactions

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Nouvelles O.D.H Le 12/01/2014 à 19:25:52

Première scène de fraternisation à Bangui, le désarmement continue


Une première scène de fraternisation entre combattants Séléka et miliciens anti-balaka a eu lieu dimanche dans un quartier de Bangui, après des semaines d'affrontements. Dans le même temps, les soldats français et africains poursuivaient leurs opérations de désarmement et de neutralisation des pillards dans la capitale centrafricaine.

Parallèlement, le président du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), Alexandre-Ferdinand Nguendet, poursuivait les préparatifs de l'élection d'un nouveau président de transition après la démission vendredi de Michel Djotodia.

Il a appelé les 100'000 personnes déplacées entassées aux abords de l'aéroport de Bangui à rentrer chez elles. Juché sur un camion et s'adressant à la foule en langue nationale sango qui l'acclamait, M. Nguendet a assuré qu'"à partir d'aujourd'hui, il n'y aura plus d'armes dans les quartiers".

Le chef d'état-major des forces de sécurité, le général Ferdinand Bomboyeke, a pour sa part appelé une nouvelle fois les anciens soldats ayant rejoint les rangs des milices anti-balaka (hostiles à M. Djotodia) à regagner leurs casernes "d'ici lundi".

Au quartier Bimbo, à la sortie sud de la capitale centrafricaine, une scène inédite après des semaines de sanglantes violences interreligieuses s'est produite dimanche matin. Les combattants Séléka (partisans de M. Djotodia) et les miliciens anti-balaka qui s'y affrontaient ont cessé le combat après des scènes de fraternisation sous les applaudissements de la population.
Pillages isolés

Mais ailleurs dans la ville, la fraternisation n'était toujours pas à l'ordre du jour. Des pillages isolés de commerces se produisaient toujours. Une bande de jeunes hommes armés de machettes et de gourdins s'est notamment attaquée à un commerce, entraînant une intervention énergique d'un détachement congolais de la force africaine (Misca).

Soldats africains et français poursuivaient également les opérations de contrôle des véhicules à la recherche d'armes et arrêtaient tous ceux qui étaient en possession d'armes à feu ou de grenades.

Des soldats français ont également commencé à patrouiller à l'intérieur des quartiers, dans des zones où jusqu'à présent aucune force ne s'était montrée.


(ats / 12.01.2014 17h37)

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Nouvelles O.D.H Le 13/01/2014 à 00:44:12

Le gouvernement béninois accepte d'accorder l'exil politique à Michel Djotodia

Dimanche 12 janvier 2014 | 05:15 UTC

COTONOU (Xinhua) - Le gouvernement béninois a accepté d'accueillir sur son territoire, le président dé missionnaire de la Centrafrique, Miche Djotodia, suite à la requê te formulée par les présidents et chefs de gouvernement des pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l' Ouest (CEDEAO), a déclaré samedi après-midi le ministre béninois des Affaires étrangères et de l'Intégration africaine, le Prof Nassirou Arifari Bako.
S'exprimant devant la presse à l'aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, le chef de la diplomation bé ninoise a estimé que l'acceptation de l'ancien président centrafricain au Bénin par le gouvernement béninois, s'inscrit dans le cadre de la recherche de solution pour les grands problè mes qui minent la paix et la stabilité dans la région africaine.

"Nous espérons que ce geste du gouvernement béninois contribuera au début de la fin de la grande crise qui déchire actuellement le peuple centrafricain", a-t-il indiqué.

Rappelons que le président démissionnaire de la Centrafrique, Miche Djotodia, s'est marié à une Béninoise, de nom de Chantal Tohouégnon.

Le président démissionnaire de la Centrafrique, Michel Djotodia, est arrivé samedi après-midi à Cotonou, pour un exil politique.

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