Abbas : un retrait israélien en 3 ans maximum après un accord de paix Posté le 29/01/2014 - Par TEL-AVIV - (©AFP / 28 janvier 2014 20h45) Proche & Moyen-Orient

Abbas : un retrait israélien en 3 ans maximum après un accord de paix
TEL-AVIV - Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé qu'un retrait israélien devrait intervenir dans les trois ans suivant un accord de paix, selon des déclarations diffusées mardi.
Ceux qui proposent un délai de 10 à 15 ans (avant un retrait) ne veulent pas, en réalité, de ce retrait, a déclaré le président palestinien, dans une interview accordée à l'Institut pour les études sur la sécurité nationale (INSS) et retransmise lors de la conférence annuelle de l'INSS à Tel-Aviv.
Nous disons, que dans un délai raisonnable, n'excédant pas trois ans, Israël peut procéder à un retrait graduel, a-t-il précisé.
Les médias ont fait état de propositions américaines de maintien de forces israéliennes aux frontières entre la Cisjordanie, censée former la majeure partie d'un futur Etat palestinien, et la Jordanie pendant 10 ou 15 ans après la signature d'un traité de paix.
Nous ne voyons pas de problème à la présence d'une force tierce pendant et après le retrait pour rassurer Israël et pour s'assurer que le processus est mené jusqu'au bout, a ajouté M. Abbas, estimant que l'Otan serait l'acteur approprié pour mener cette mission.
Les frontières palestiniennes doivent, en dernier ressort, être tenues par les Palestiniens et non par l'armée israélienne, a-t-il insisté.
Mais dans la soirée, prenant la parole devant l'auditoire de l'INSS, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réitéré sa demande qu'un Etat palestinien soit démilitarisé et qu'Israël puisse y garder à long terme des troupes dans la vallée du Jourdain, rejetant le déploiement d'une force internationale.
Un accord permettrait à Israël d'être reconnu par 57 pays musulmans, une reconnaissance, claire, nette et sans ambiguïté entre ces pays et Israël, avait auparavant plaidé le président palestinien, en allusion à l'initiative de paix de la Ligue arabe, lancée en 2002.
J'espère que le peuple israélien comprend ce que cela ferait d'être dans un océan de paix, de la Mauritanie à l'Indonésie, plutôt que d'être sur une île de paix, comme c'est le cas actuellement, a-t-il ajouté.
M. Abbas a conclu en disant qu'il serait heureux de rencontrer M. Netanyahu en personne, dans le cadre d'une visite réciproque aux Parlements israélien et palestinien.
De son côté, le Premier ministre israélien a demandé de nouveau aux Palestiniens de reconnaître l'Etat juif, ce à quoi ils s'opposent au nom du droit au retour des réfugiés.
Nous voulons poursuivre les négociations pour parvenir à un accord mais je ne sais pas si les dirigeants palestiniens sont prêts à faire les concessions nécessaires. Nous le saurons dans un proche avenir, a prédit M. Netanyahu.
S'exprimant lors de cette conférence, le ministre israélien de l'Economie Naftali Bennett a rejeté toute demande territoriale palestinienne.
Nos ancêtres ne pardonneront jamais à un dirigeant israélien qui divisera notre terre et notre capitale, a dit M. Bennett, qui dirige le Foyer juif, un parti religieux nationaliste, dans une mise en garde à peine voilée au Premier ministre israélien.
M. Bennett a aussi critiqué les efforts américains pour parvenir à un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.
L'Etat d'Israël est devenu une sorte de laboratoire pour la diplomatie internationale, a-t-il déploré.
Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry a réussi à relancer les négociations de paix israélo-palestiniens fin juillet pour une durée de neuf mois.
Malgré sa détermination, M. Kerry, qui a effectué dix voyages dans la région depuis mars 2013, n'a jusqu'à présent pas réussi à convaincre les deux camps de se rallier à un plan de paix.
(©AFP / 28 janvier 2014 20h45)
Les réactions
Nouvelles O.D.H Le 30/01/2014 à 16:15:36
Pour un ministre israélien, Mahmoud Abbas est l'antisémite n°1
JERUSALEM - Le ministre israélien des Relations internationales et du Renseignement, Youval Steinitz, a accusé le président palestinien Mahmoud Abbas d'être le dirigeant le plus antisémite au monde depuis le départ du président iranien Mahmouh Ahmadinejad en août.
Depuis qu'Ahmadinejad a quitté la scène politique, Abou Mazen (le surnom de Mahmoud Abbas, ndlr) est devenu le numéro un pour ce qui est d'injecter le poison antisémite et anti-israélien, a-t-il déclaré mercredi devant la conférence de l'Institut d' études de sécurité nationale (INSS), selon un compte-rendu paru sur le site de l'INSS.
Sous Abou Mazen, les incitations à l'antisémitisme et contre Israël au sein de l'autorité palestinienne ont atteint de nouveaux niveaux, avec en ligne de mire la destruction d'Israël, a ajouté le ministre, membre du Likoud et proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
En réaction à ces propos, le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina, a appelé les Etats-Unis, qui s'efforcent de parvenir à un accord de paix entre Israël et les Palestiniens, et le gouvernement israélien à condamner les propos haineux contre les dirigeants palestiniens.
Face aux incitations à la haine israéliennes répétées contre Abbas, les commentaires de Steinitz n'étant que le dernier exemple, le gouvernement de Netanyahu comme l'administration américaine se doivent de prendre position officiellement contre ces attaques, a affirmé M. Abou Roudeina dans un communiqué.
Les assassinats de Palestiniens par l'armée israélienne sont le résultat naturel de la politique d'Israël d'incitation à la haine effectuée par ses ministres et ses représentants officiels, a-t-il ajouté, en faisant référence à la mort d'un Palestinien de 19 ans, tué par des tirs israéliens mercredi matin près de Ramallah (Cisjordanie).
Le ministre israélien a par ailleurs averti que tant qu'il n'y aurait pas de changement substantiel dans le système éducatif et les médias palestiniens, un accord de paix était une illusion.
Israël accuse fréquemment l'Autorité palestinienne d'encourager l'hostilité à son égard via les manuels scolaires et les programmes diffusés par les stations officielles de télévision et de radio.
Dans le cadre des négociations de paix qui ont repris en juillet sous l'égide du secrétaire d'Etat américain John Kerry, Benjamin Netanyahu demande que les Palestiniens reconnaissent Israël comme Etat Juif, ce que ces derniers refusent, craignant que cela n'empêche le droit au retour des réfugiés qui ont quitté leurs terres à la création d'Israël, en 1948.
(©AFP / 30 janvier 2014 14h41)





