CPI : "Terminator" Ntaganda accusé de crimes "ethniques" en RDC Posté le 10/02/2014 - Par (ats / 10.02.2014 20h09) Crimes contre l'humanité

 

 

 

CPI : "Terminator" Ntaganda accusé de crimes "ethniques" en RDC

 

 

 

La procureure de la Cour pénale internationale a accusé lundi l'ancien chef de guerre Bosco Ntaganda, surnommé "Terminator", de crimes "ethniques" dans l'est de la République démocratique du Congo. Elle a tenté de convaincre les juges que son dossier était assez solide pour un procès.

"Bosco Ntaganda et l'UPC/FPLC (sa milice, ndlr) ont persécuté des civils sur des bases ethniques", a assuré la Gambienne Fatou Bensouda lors d'une audience de confirmation des charges devant la CPI, en présence du suspect, écroué depuis 2013.

"Les crimes n'étaient pas commis au hasard et n'étaient pas spontanés", a ajouté Mme Bensouda: "ils visaient délibérément la population non-Hema" de l'Ituri (est de la RDC), région riche en ressources naturelles, notamment de l'or, dont la milice de M. Ntaganda voulait le contrôle.

Surnommé "Terminator" car réputé sans pitié, le chef rebelle, crâne rasé et fine moustache, a écouté la procureure, bras croisés et le regard souvent vide, assis au fond de la salle d'audience.

 

 

Crimes contre l'humanité

 

 

L'audience de confirmation des charges doit avoir lieu de lundi à vendredi. La procureure doit convaincre les juges que les éléments de preuve qu'elle a récoltés sont assez solides pour justifier un procès. Les juges rendront leur décision dans les 60 jours.

M. Ntaganda doit répondre de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en 2002 et 2003 en Ituri par les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), dont il était le chef militaire.

Les poursuites contre M. Ntaganda sont les premières de la CPI qui incluent des charges de viols contre des enfants soldats. L'un des chefs de guerre les plus recherchés de la région des Grands Lacs, Bosco Ntaganda avait été en mars 2013 le premier à se livrer à la CPI.

Ambassade américaine 

Contre toute attente, il s'était réfugié à l'ambassade des Etats-Unis au Rwanda, après l'éclatement du M23, sa milice congolaise, et demandé son transfert à la CPI, qui avait émis deux mandats d'arrêt à son encontre.



(ats / 10.02.2014 20h09) 

 

 

 

 




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Nouvelles O.D.H Le 11/02/2014 à 15:41:46

Génocide : deux anciens hauts responsables militaires rwandais acquittés en appel par le TPIR


ARUSHA (Tanzanie) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui juge les responsables présumés du génocide de 1994, a acquitté mardi en appel deux anciens hauts responsables militaires condamnés en première instance, et reporté son verdict pour l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Bizimungu.

Le TPIR a acquitté l'ex-chef d'état-major de la gendarmerie rwandaise, le général Augustin Ndindiliyimana, et l'ex-commandant du Bataillon de reconnaissance, unité d'élite de l'armée, le major François-Xavier Nzuwonemeye,

Mais la Chambre d'appel a décidé de disjoindre - sans en donner la raison - le cas de l'ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, le général Augustin Bizimungu, condamné en première instance à 30 ans de prison pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, et reporté sine die son verdict.

Le général Ndindiliyimana avait été condamné en mai 2011 à 11 ans de prison - peine couvrant sa détention préventive - pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, tout se voyant accorder des circonstances atténuantes, le TPIR estimant qu'il n'exerçait pas de contrôle effectif sur la gendarmerie, déjà passée sous le contrôle direct de l'état-major de l'armée lorsqu'a éclaté le génocide .

La Chambre d'appel du TPIR, appelé à ce prononcer dans ce procès collectif dit Militaires II, a estimé à son tour qu'il n'existait pas de preuve que le général Ndindiliyimana exerçait encore un contrôle effectif sur la gendarmerie lors du génocide et a décidé pour cela de l'acquitter.

Elle a également acquitté le major Nzuwonemeye, qui avait écopé de 20 ans en première instance pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour son implication directe dans les meurtres du Premier ministre Agathe Uwilingiyimana et de dix Casques bleus belges chargés de la protéger. Les magistrats d'appel ont estimé que sa participation n'avait pas été établie au-delà de tout doute raisonnable.

Les juges d'appel ont enfin réduit de 20 à 15 ans la peine infligée au capitaine Innocent Sagahutu, commandant en second du Bataillon de reconnaissance, estimant qu'il n'avait pas ordonné les meurtres de Mme Uwilingiyimana et des Casques bleus, comme l'avait estimé la Cour en première instance, mais que sa responsabilité s'était limitée à apporter aide et encouragement.

Le génocide au Rwanda a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi. Le TPIR a été créé par l'ONU en novembre 1994.


(©AFP / 11 février 2014 15h12)

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