Centrafrique : la présidente Samba Panza rencontre les anti-balaka Posté le 11/10/2014 - Par Bangui - (©AFP / 11 octobre 2014 12h03) Afrique conflits

 

 

 

Centrafrique : la présidente Samba Panza rencontre les anti-balaka


Bangui - La présidente de la transition centrafricaine Catherine Samba Panza a reçu samedi des responsables des miliciens anti-balaka qui avaient réclamé sa démission, laissant espérer une décrispation après plusieurs jours de violences à Bangui qui ont fait une dizaine de morts, a déclaré sa porte-parole.

Il est apparu lors de la rencontre de la présidente avec les anti-balaka qu'il y a eu des malentendus. Aujourd'hui, ont peut dire que sa rencontre avec les anti-balaka a permis de commencer à lever ces malentendus, a relevé la porte-parole Marie Antoinette Montaigne Moussa à la radio nationale.

De ce qu'ils ont pu lui dire ce matin, on peut s'attendre à ce que la décrispation arrive progressivement dans les prochains jours. Et que le pays retrouve un peu de répit, pour que le peuple commence à vivre et à vaquer à ses occupations, a ajouté la porte-parole.

Elle a espéré que anti-balaka obtiendraient de leur base la levée des barricades érigées à Bangui afin que les activités reprennent ce week-end et que lundi, on puisse rouvrir les administrations, que les activités économiques reprennent dans le pays.

De source proche des anti-balaka, ces derniers ont été bien reçus par la présidente à qui ils ont transmis cinq revendications majeures.

Ils n'exigent plus directement la démission de la présidente mais ils réclament celle du gouvernement, la libération de leurs responsables actuellement sous les verrous, l'arrêt de la traque de leurs hommes, la réintégration de leurs membres qui ont été révoqués de la fonction publique et l'application de l'accord de fin des hostilités signé à Brazzaville en juillet.

Mme Montaigne a qualifié ces revendications de demandes difficiles pour la transition, l'exécutif provisoire chargé de sortir la Centrafrique de la crise.

Les anti-balaka, des milices majoritairement chrétiennes qui avaient mené une macabre chasse aux musulmans au début de l'année, avaient demandé au début de la semaine le départ de la présidente Samba Panza, lui reprochant de n'avoir pas su répondre aux attentes des Centrafricains et évoquant le détournement présumé de plusieurs millions de dollars donnés en liquide par le gouvernement angolais.

Des violences ont éclaté mardi soir à Bangui, faisant au moins 10 morts en quatre jours --dont un Casque bleu pakistanais-- et des dizaines de blessés, notamment dans des accrochages entre anti-balaka et forces étrangères (françaises, européennes et onusiennes). Le calme était dans l'ensemble revenu samedi, mais des échanges de tirs étaient encore signalés à une dizaine de kilomètres au nord de la capitale.

 
 
 




(©AFP / 11 octobre 2014 19h35)

Vive tension à Bangui, l'aéroport fermé


Bangui -  La tension restait vive samedi matin à Bangui où l'aéroport était fermé, alors que des tirs d'armes lourdes et légères ont été entendus dans les quartiers nord jusqu'à tard dans la nuit et que la ville était toujours paralysée par une grève des taxis.

 

 



Le bilan des affrontements de la nuit n'était pas encore connu. Les violences qui ont agité la capitale centrafricaine depuis mardi soir ont fait au moins 10 morts, dont un Casque bleu pakistanais, et de nombreux blessés. 

Le calme semblait revenu samedi matin mais la ville était toujours paralysée par la grève des chauffeurs de taxis qui protestent contre la mort de l'un des leurs, tué mercredi par des musulmans. 

Le syndicat des conducteurs des taxis et de bus a appelé ses adhérents à une assemblée générale plus tard dans la journée, pour décider de la reprise ou non du travail lundi. 

L'aéroport de la capitale, proche des quartiers les plus touchés par les affrontements, a été fermé. Les vols à destination de Bangui sont provisoirement suspendus en raison de la situation, a-t-on appris de source aéroportuaire. 

Depuis le début de la crise en décembre 2013, l'aéroport M'poko a régulièrement été fermé au trafic civil lorsque des tirs étaient signalés dans les quartiers jouxtant la piste.

L'avion ramenant l'équipe nationale centrafricaine de football, qui disputait un match amical jeudi à Marrakech contre le Maroc --et qu'elle a perdu 4 à 0-- n'a ainsi pas pu rentrer au pays. 

Des individus ont été signalés vendredi soir sur le tarmac de l'aéroport. Ils ont été dispersés par des tirs de gaz lacrymogène tirés par les forces internationales.

Les échanges de tirs, tantôt nourris, tantôt sporadiques, de la nuit dans les quartiers nord feraient suite à des accrochages dans le quartier de Boy-rabe entre des anti-balaka --ces miliciens majoritairement chrétiens qui avaient lancé la chasse aux musulmans au début de l'année-- et des soldats onusiens, burundais et français.

Les anti-balaka, qui réclament toujours la démission de la présidente de transition Catherine Samba Panza, ont indiqué avoir suspendu la participation au gouvernement de leurs deux ministres, chargés de l'Environnement et du Tourisme, comme ils l'avaient annoncé au début de la semaine. 

 

 

© AFP



La présidente voudrait nous recevoir. Nous allons nous concerter pour voir s'il faut accepter ou refuser de répondre à l'invitation, ont-il fait savoir. 

La présidence centrafricaine n'avait pas confirmé une telle invitation samedi matin. 

Mme Samba Panza est de plus en plus contestée, accusée notamment d'être incapable de ramener l'ordre à Bangui.

La présidente est en outre soupçonnée d'être impliquée dans la disparition de plusieurs millions de dollars en liquide donnés par le gouvernement angolais, ce qu'elle a démenti sans toutefois apporter d'explications.


(©AFP / 11 octobre 2014 12h03)  

 



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