ALERTE - L'armée annonce la mise en place d'un organe de transition pour diriger le Burkina Posté le 31/10/2014 - Par Ouagadougou - (©AFP / 30 octobre 2014 18h56) CEDEAO

Il revient au peuple burkinabé de décider de son avenir, estime l'UE
Bruxelles - L'Union européenne a estimé vendredi qu'il revenait au peuple burkinabè de décider de son avenir, y compris par des élections, au lendemain de violentes émeutes contre le régime de Blaise Compaoré et de l'annonce par les militaires de leur prise du pouvoir.
L'Union européenne suit avec préoccupation la situation au Burkina Faso, et déplore les actes de violence ainsi que la perte de vies humaines à la suite des affrontements d'hier entre manifestants et forces de l'ordre, a déclaré dans un communiqué Sébastien Brabant, un porte-parole du service diplomatique de l'UE.
A la suite de l'annonce par le gouvernement du retrait du projet de loi sur la réforme de la Constitution, nous appelons au sens de la responsabilité de toutes les forces politiques, de l'armée et des institutions républicaines ainsi que du peuple burkinabè pour construire ensemble un nouvel avenir pour le pays, de façon apaisée, dans le respect des principes démocratiques et de la Constitution, a-t-il ajouté.
L'Union européenne estime qu'il revient au peuple burkinabè de décider de son avenir, a dit M. Brabant, ajoutant que toute solution doit être le fruit d'un large consensus et se faire dans le respect de la Constitution. Nous nous tenons prêts à travailler auprès du peuple burkinabè pour assurer un retour à la normalité, y compris par l'organisation des élections, a-t-il précisé .
L'UE a dit étroitement travailler avec ses partenaires internationaux pour assurer une réponse coordonnée à la situation et garantir le respect de la Constitution.
L'opposition a appelé vendredi le peuple à maintenir la pression et a exigé le départ sans conditions du président Compaoré.
(©AFP / 31 octobre 2014 14h31)
ALERTE - L'armée annonce la mise en place d'un organe de transition pour diriger le Burkina

(©AFP / 30 octobre 2014 20h13)
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(©AFP / 30 octobre 2014 20h09)
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(©AFP / 30 octobre 2014 19h39)

Au Burkina Faso, le régime de Blaise Compaoré vacille
Assemblée nationale incendiée, télévision publique prise d'assaut, violences en province: le Burkina Faso s'est enflammé jeudi contre le régime de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon va envoyer un émissaire pour tenter de mettre fin aux violences.

Dans la tourmente, le gouvernement annulait à la mi-journée le vote du projet de révision constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres. Peu après, le président a prononcé la dissolution du gouvernement et décrété l'état d'urgence.
Dans un communiqué, Blaise Compaoré ajoute qu'il va ouvrir des négociations avec l'opposition, à qui il demande de mettre fin aux manifestations, rapporte une radio locale.
Ancien général plébiscité
Partenaires du Burkina Faso - qui joue un rôle-clef dans une zone sahélienne instable - Paris et Washington sont montés au créneau. La France, ex-puissance coloniale, a plaidé pour un "retour au calme", et les Etats-Unis ont exprimé leur "vive inquiétude".
Le général en retraite Kouamé Lougué, à qui des dizaines de milliers de manifestants demandaient de prendre le pouvoir, rencontrait dans l'après-midi l'état-major des armées. Il a lui-même été chef d'état-major des armées et ministre de la Défense jusqu'en 2003, avant d'être limogé.
Chaos à Ouagadougou
Pour le régime en place depuis le putsch de 1987, c'est la crise la plus grave depuis la vague de mutineries qui avait fait trembler le pouvoir en 2011. Des manifestations d'une telle ampleur contre les autorités sont rarissimes en Afrique subsaharienne.
La capitale Ouagadougou a sombré dans le chaos jeudi. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles, tuant trois manifestants qui tentaient d'attaquer le domicile du frère du président, rapportent les services d'urgence.
Assemblée nationale en feu
Les forces de l'ordre ont brièvement tenté d'arrêter les manifestants en tirant des gaz lacrymogènes, puis ils ont battu en retraite. Plus d'un millier de jeunes ont réussi à pénétrer dans le bâtiment et à le saccager, aux cris de "Libérez Kosyam" (le palais présidentiel).
Une partie de l'Assemblée nationale a été ravagée par les flammes. D'épaisses fumées noires s'échappaient des fenêtres brisées.
Télévision d'Etat pillée
Autre symbole du pouvoir attaqué: la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB). Plusieurs centaines d'individus sont entrés dans les locaux où ils ont pillé le matériel avant de quitter les lieux. Les transmissions ont été coupées.
Le Burkina a basculé dans la crise avec l'annonce, le 21 octobre, d'un projet de révision constitutionnelle portant de deux à trois le nombre maximal de quinquennats présidentiels.
Arrivé aux affaires il y a 27 ans, le président Blaise Compaoré doit achever l'an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015).
(ats / 30.10.2014 19h15)

Burkina : un général en retraite, soutenu par des manifestants, rencontre l'état-major des armées
Ouagadougou - Le général en retraite Kouamé Lougué, à qui des dizaines de milliers de manifestants ont demandé jeudi à Ouagadougou de prendre le pouvoir, rencontrait dans l'après-midi l'état-major des armées, a constaté l'AFP.

M. Lougué était dans l'après-midi à l'état-major des armées, où il était toujours vers 16H00 (locales et GMT) en discussion avec le chef d'état-major Nabéré Honoré Traoré et les plus hauts gradés du pays, selon un journaliste de l'AFP.
Kouamé Lougué a lui-même été chef d'état-major des armées et ministre de la Défense, avant d'être limogé par le président Compaoré en 2003.
M. Lougué avait été reçu un peu plus tôt dans la journée par le Mogho Naba, le roi des Mossi, une autorité morale et coutumière très respectée dans le pays. Blaise Compaoré fait partie de l'ethnie mossi, la principale dans le pays.
L'opposition devait également le rencontrer en début de soirée.
Par ces discussions, il chercherait davantage à apaiser la situation dans le pays qu'à renverser le chef de l'Etat, ont indiqué plusieurs proches du dossier à l'AFP.
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, à proximité d'une caserne centrale de la capitale, scandaient en début d'après-midi Lougué au pouvoir, a constaté un journaliste de l'AFP. Quelques milliers de personnes, désormais agglutinées devant l'état-major, criaient encore son nom quatre heures plus tard.
L'ancien général, populaire au sein des armées et apprécié de la population, a participé au coup d'Etat qui a porté au pouvoir Blaise Compaoré en 1987.
Il a été limogé de son poste de ministre pour pouvoir être entendu comme témoin dans une affaire de putsch manqué, pour laquelle il n'a finalement pas été inquiété.
L'armée comme la police ont été particulièrement passifs jeudi alors que des violences secouaient Ouagadougou.
Un cordon sécuritaire de plusieurs centaines d'hommes, dressé autour de l'Assemblée nationale, a volé en éclat vers 9H00 locales et GMT sous la pression d'à peine un millier de manifestants.
Ceux-ci ont ensuite incendié l'Assemblée, puis, rejoints par des milliers d'autres personnes, ils ont pris la télévision nationale sans qu'aucun soldat ou policier ne réagisse.
Les violences se sont ensuite propagées dans la ville et le pays, sans plus de réaction des forces de l'ordre.
L'armée est soudée avec le peuple, a affirmé l'opposant Bénéwendé Sankara, demande la démission pure et simple du président Blaise Compaoré pour permettre de retrouver du calme, de la cohésion sociale et de la paix.
Seule la garde présidentielle, un corps d'élite de l'armée, protège encore la présidence de quelques centaines de protestataires.
L'armée, à qui Blaise Compaoré devait rendre visite vendredi à Bobo Dioulasso, la capitale économique du pays, s'était mutinée en 2011 dans cette même ville, faisant vaciller le régime.
(©AFP / 30 octobre 2014 18h56)
ALERTE - Burkina : Blaise Compaoré décrète l'état de siège
(©AFP / 30 octobre 2014 18h49)
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