Burkina : crise de nerfs entre camp Compaoré et ex-opposition dans les négociations Posté le 05/11/2014 - Par Ouagadougou - (©AFP / 05 novembre 2014 17h24) CEDEAO

 

 

 

 

 

ALERTE - Burkina/réunion de Ouagadougou : accord sur une transition d'un an, élection en novembre 2015



(©AFP / 05 novembre 2014 22h52)
 

Burkina : crise de nerfs entre camp Compaoré et ex-opposition dans les négociations


Ouagadougou - Des incidents ont éclaté mercredi soir lors des négociations devant aboutir à une transition démocratique au Burkina Faso, menées par trois chefs d'Etat ouest-africains après la chute du président Blaise Compaoré le 31 octobre.

Alors que tous les acteurs devaient se réunir pour une séance plénière pour tenter de dégager un consensus dans l'hôtel de Ouagadougou abritant les discussions, les représentants de la société civile ont quitté la salle, demandant l'exclusion des membres de l'ex-majorité du président déchu.

On ne veut pas de la présence de la majorité!, ont crié les représentants de la société civile.

Des membres de l'opposition leur ont emboîté le pas.

Les esprits s'échauffant, le service d'ordre a dû intervenir.

Nous n'avons pas encore enterré nos morts et voilà qu'on remet en selle des gens qui étaient arrogants et qui narguaient le peuple, a lancé Luc Marius Ibriga, porte-parole de la société civile, refusant de s'asseoir à la même table que les responsables de l'ex-majorité.

Ces gens (...) devraient être jugés pour la mort de nos camarades, au lieu de venir à la table de négociation a accusé Mathias Tankoano, responsable d'une ONG de défense des droits de l'Homme.

Nous ne voulons pas discuter avec la majorité. Ce sont eux qui représentent Blaise Compaoré, a déclaré Rose-Marie Compaoré, présidente du groupe parlementaire de l'Union pour le progrès et le changement, le principal parti d'opposition, dirigé par Zéphirin Diabré. 

Les contestataires ont finalement accepté de revenir dans la salle, mais ce sont alors les membres de l'ex-majorité qui ont refusé de siéger.

La séance plénière n'avait toujours pas commencé mercredi vers 20 heures (heure locale et GMT).

Blaise Compaoré a été chassé par une insurrection populaire le 31 octobre après 27 ans de règne.

L'armée s'est portée au pouvoir, mais le nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Isaac Zida, a accepté l'idée de passer le flambeau aux civils dans les 15 jours. 

Le président ghanéen John Dramani Mahama et ses homologues sénégalais, Macky Sall, et nigérian, Goodluck Jonathan conduisent les négociations en vue d'une transition démocratique.



(©AFP / 05 novembre 2014 21h37)

Burkina : arrestation du chef du parti de l'ex-président Compaoré

 


Ouagadougou - Assimi Kouanda, le chef du parti du président burkinabè déchu Blaise Compaoré, a été arrêté mardi soir, a-t-on appris mercredi de sources sécuritaires.

M. Kouanda, secrétaire exécutif national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Adama Zongo, le président d'un mouvement pro-Compaoré, ont été convoqués par la gendarmerie suite à des propos pouvant troubler l'ordre public et appelant à des manifestations, a déclaré à l'AFP un officier de gendarmerie.

Ils ont ensuite été arrêtés, a indiqué une autre source sécuritaire.

 

 


M. Zongo est le président de la Fédération associative pour la paix avec Blaise Compaoré, un mouvement de la société civile qui soutenait l'ex-président, renversé par une insurrection populaire le 31 octobre.

L'interpellation de M. Kouanda serait en partie liée à des propos qu'il avait tenus fin octobre, à quelques jours de l'insurrection, a précisé le gendarme.

Le dossier des deux hommes a été transmis au procureur du Burkina Faso, d'après cette source.

Si une seule case d'un militant de la majorité est enflammée, normalement dans vos communes, dans vos secteurs, on ne devrait plus trouver une case de responsables de l'opposition debout, avait lancé le 25 octobre M. Kouanda à des responsables provinciaux du CDP réunis à Ouagadougou.

Si quelqu'un se hasarde à toucher à une de vos mamans ou de vos soeurs, un de vos papas ou de vos grand-frères, (...) cette personne-là ne touchera plus à personne, avait-il menacé.

Cette harangue fut l'une des plus violentes d'une guerre des mots intervenue entre majorité et opposition d'alors, quand les deux camps s'affrontaient au sujet d'une réforme de la Constitution devant permettre au président Compaoré de se maintenir au pouvoir.

Le soulèvement de la rue le jour prévu du vote par les parlementaires a conduit à la démission de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans.

Mardi, Amadou Dabo, un responsable du Front républicain, coalition de partis alliés au CDP, s'était plaint de problèmes sécuritaires. Beaucoup de nos responsables sont menacés, certains de leurs domiciles ont été saccagés, avait-il déploré.


(©AFP / 05 novembre 2014 19h28)
 

 

 

Burkina : pas d'homme politique comme chef de la transition, plaide un opposant

 


Ouagadougou - Un des leaders de l'opposition du Burkina Faso a plaidé mercredi pour que le futur chef de la transition dans le pays ne soit pas un homme politique, mais un représentant de la société civile.

Il est évident qu'on doit trouver quelqu'un qui n'a pas des engagements politiques affichés, pour ne pas créer un aspect biaisé sur les questions de transition, a déclaré Roch Marc Christian Kaboré, précisant qu'il devait s'agir d'un candidat civil.

 

 

 


M. Kaboré, président du Mouvement du peuple pour le progrès, est un ancien Premier ministre et président de l'Assemblée nationale, qui était passé dans l'opposition à Blaise Compaoré en janvier dernier.

Il s'exprimait à l'issue d'une rencontre à Ouagadougou avec les chefs de l'Etat ghanéen, sénégalais et nigérian, en compagnie des autres leaders de l'opposition.

Les présidents John Dramani Mahama, Macky Sall et Goodluck Jonathan sont arrivés mercredi dans la capitale burkinabè pour rencontrer les acteurs de la crise politique, afin de faciliter une transition démocratique après la chute du président Compaoré le 31 octobre.

De son côté, l'influente Eglise catholique burkinabè a souhaité que les dirigeants de la transition ne puissent concourir à la prochaine présidentielle, pour éviter les calculs politiciens.

Pour garantir une transition consensuelle et rapide par un pouvoir civil, à l'abri des calculs politiciens, il est à souhaiter que les principaux dirigeants des organes de cette transition soient exclus des compétitions électorales futures, ont estimé les archevêques et évêques, dans une déclaration écrite remise à la presse.

Le futur chef de la transition devra se caractériser par des valeurs de désintéressement afin d'éviter tout conflit d'intérêt, a jugé pour sa part Marius Ibriga, professeur d'université, constitutionnaliste et dirigeant d'ONG, dont la presse avait cité le nom comme possible candidat.

Ca ne m'intéresse pas d'être dans la mayonnaise politique. Je n'en veux pas, a-t-il répondu à l'AFP, proposant plutôt le nom de Joséphine Ouédraogo, ex-cadre onusienne et ministre sous Thomas Sankara, l'ancien président burkinabè mort en 1987 dans le coup d'Etat ayant porté Blaise Compaoré au pouvoir.

Membres de la société civile et dignitaires religieux doivent coucher trois noms sur une liste, qu'ils remettront mercredi aux chefs d'Etat, ont-ils indiqué à l'AFP.

 

 



Les trois chefs d'Etat ouest-africains - M. Mahama préside également la Cédéao, l'organisation régionale - se sont entretenus en premier lieu mercredi matin avec le lieutenant-colonel Isaac Zida, actuel homme fort du pays désigné par l'armée.

Rien n'a filtré de ce premier entretien.

Les trois présidents médiateurs devaient encore s'entretenir avec la société civile, le président du Conseil constitutionnel, les présidents des partis de l'ancienne majorité et les leaders religieux.

 

 

 

 

Choisi le 1er novembre par l'armée pour conduire la transition, M. Zida s'est engagé, sous la pression populaire et internationale, à remettre le pouvoir aux civils auprès du plus influent chef traditionnel du pays.

L'ancien numéro 2 de la garde présidentielle a ensuite déclaré à un leader syndical que la transition devrait se faire sous quinze jours, un délai correspondant à l'ultimatum de l'Union africaine, qui a brandi lundi la menace de sanctions.



(©AFP / 05 novembre 2014 17h24)  

 



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