Burkina : le gouvernement formé, Zida ministre de la Défense Posté le 23/11/2014 - Par Ouagadougou - (©AFP / 23 novembre 2014 22h16) CEDEAO

 

 

 

 

Burkina : le gouvernement formé, Zida ministre de la Défense


Ouagadougou - Le gouvernement de transition du Burkina Faso a été annoncé dimanche soir, après plusieurs jours d'intenses tractations, par le secrétaire général du gouvernement Alain Thierry Ouattara, les deux postes clés de la Défense et de l'Intérieur revenant à des militaires.

Le lieutenant-colonel Issac Zida cumulera le poste de Premier ministre avec celui de ministre de la Défense, tandis que le président de la transition Michel Kafando occupera également le poste de ministre des Affaires étrangères, a indiqué M. Ouattara en lisant la liste des membres du gouvernement devant la presse au palais présidentiel à Ouagadougou.

 

 

© AFP

 

 



Quatre militaires, en comptant M. Zida, figurent au gouvernement. Le colonel Auguste Denise Barry, l'un des plus proches collaborateurs de M. Zida, a été nommé ministre de l'Administration territoriale et de la Sécurité, l'équivalent du ministère de l'Intérieur.

Outre MM. Kafando et Zida, le gouvernement de transition comporte 24 ministres et deux ministres délégués. Le secrétaire général Ouattara a également rang de ministre.

Joséphine Ouédragogo, candidate malheureuse au poste de président de la transition, a été nommée à la Justice, tandis qu'Augustin Loada, figure éminente de la société civile, est chargé de la Fonction publique.

Le gouvernement intérimaire a été annoncé après des jours d'intenses tractations. La communication de la liste des ministres devait initialement se faire jeudi, puis avait été reportée à samedi et enfin à dimanche.



(©AFP / 23 novembre 2014 22h16)  

 

 

Burkina : retardé par des désaccords, le gouvernement intérimaire annoncé dans l'après-midi

Ouagadougou (© AFP) - 23.11.2014 13:26 - Par Romaric Ollo HIEN

 

 

Le président intérimaire burkinabè Michel Kafando (c) et le Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida (2e g), après la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou

voir le zoom : Le président intérimaire burkinabè Michel Kafando (c) et le Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida (2e g), après la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à OuagadougouLe président intérimaire burkinabè Michel Kafando (c) et le Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida (2e g), après la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou
afp.com - Sia Kambou
 
voir le zoom : Le président par intérim burkinabè Michel Kafando fait une déclaration lors de sa cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à OuagadougouLe président par intérim burkinabè Michel Kafando fait une déclaration lors de sa cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou
afp.com - Sia Kambou

Le gouvernement de transition au Burkina Faso doit être annoncé dimanche après-midi, sa composition étant "finalisée", a affirmé un proche du Premier ministre, après des retards entraînés par des désaccords entre civils et militaires.

L'annonce du gouvernement de transition au Burkina Faso, dont la composition devrait révéler le rapport de force entre civils et militaires depuis la chute de Blaise Compaoré, doit intervenir dimanche après-midi, avec plusieurs jours de retard du fait d'intenses négociations.

"Il vont publier le gouvernement ce soir vers 17H00" (locales et GMT), a déclaré à l'AFP un militaire, proche collaborateur du lieutenant-colonel Isaac Zida, l'homme fort du pays depuis la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre.

La liste des ministres a été finalisée samedi "dans la nuit" et "soumise au président" intérimaire Michel Kafando, un ancien diplomate qui a nommé mercredi M. Zida au poste de Premier ministre, a-t-il poursuivi.

Aucune annonce ne pouvait intervenir dimanche matin, Michel Kafando, catholique, et Isaac Zida, protestant évangélique, étant occupés par des offices religieux, a-t-on appris de sources concordantes.

Le casting ministériel avait été d'abord annoncé pour jeudi, puis pour samedi au plus tard, et enfin pour dimanche, les tractations s'éternisant. Divergences et rivalités au sein de l'opposition et de la société civile, dont un militaire dénonçait les "appétits voraces", avaient d'abord compliqué le processus.

Samedi, le refus par l'armée de plusieurs candidats présentés par la société civile a accentué ce retard, selon une source militaire.

La composition du gouvernement, qui ne sera actif qu'un an, sera scrutée à la loupe : elle permettra d'en savoir plus sur la répartition des pouvoirs au sommet de l'Etat.

Si l'armée s'octroie les portefeuilles clés, la mainmise d'Isaac Zida devrait être ouvertement confirmée, selon des experts du dossier, même si le lieutenant-colonel a transmis symboliquement le pouvoir vendredi au président intérimaire.

Si, à l'inverse, les civils occupent les principaux ministères (Sécurité, Affaires étrangères, Finances...), cela signifiera que Michel Kafando gagne en indépendance... ou que l'armée manoeuvre plus subtilement.

 

- 'Pas très rassurant' -

 

Selon un document de travail émanant de la primature, daté de samedi et lu par l'AFP, l'armée semblait souhaiter s'arroger les postes clés du gouvernement ou en nommer les titulaires. On ignorait cependant si ce document devait être présenté à la présidence.

"Si c'est le cas, ce n'est pas très rassurant", a commenté un diplomate à Ouagadougou, qui attendait impatiemment le nom des heureux élus, aux "personnalités" déterminantes selon lui pour la transition.

Le gouvernement intérimaire disposera d'un an pour remettre en marche ce petit pays sahélien de 17 millions d'habitants et préparer les élections présidentielle et législatives qui mettront fin à la transition en novembre 2015. Aucun membre de l'exécutif ne pourra être candidat à ces scrutins.

Vendredi dans son discours d'investiture, M. Kafando a d'ores et déjà fixé un cap très clair : tourner la page des 27 années de pouvoir de Blaise Compaoré, l'ex-président chassé par une insurrection populaire fin octobre.

"Avec ceux qui ont méprisé cette justice et qui pensent qu'ils peuvent dilapider impunément le denier public, nous réglerons bientôt les comptes", a affirmé le président intérimaire, dénonçant les "richesses inexpliquées", les "privilèges indus" et les "avantages oligarchiques" du clan Compaoré, dont l'ancien diplomate a représenté le régime aux Nations unies de 1998 à 2011.

Nommé lundi après deux semaines d'intenses tractations, il a envoyé un autre signal fort en annonçant des investigations pour identifier le corps du président Thomas Sankara, tué à la suite d'un putsch qui porta au pouvoir en 1987 Blaise Compaoré.

La famille Sankara demande depuis 1997 l'exhumation de la dépouille de cette icône du panafricanisme pour vérifier que le corps enterré est bien le sien, ce que la justice burkinabè n'a jusqu'à présent jamais accepté.

 

© 2014 AFP

 

Le Burkina attend son gouvernement, le poids du président intérimaire en question

 

Ouagadougou (AFP) - 22.11.2014 14:14 - Par Romaric Ollo HIEN

 

 

Le président par intérim du Burkina, Michel Kafando (d) et le Premier ministre Isaac Zida, lors de la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou

 

voir le zoom : Le président par intérim du Burkina, Michel Kafando (d) et le Premier ministre Isaac Zida, lors de la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à OuagadougouLe président par intérim du Burkina, Michel Kafando (d) et le Premier ministre Isaac Zida, lors de la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou
afp.com - Sia Kambou
 
voir le zoom : Le lieutenant-colonel et Premier ministre Isaac Zida remet le drapeau du Burkina Faso à Michel Kafando, président par intérim, lors de la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à OuagadougouLe lieutenant-colonel et Premier ministre Isaac Zida remet le drapeau du Burkina Faso à Michel Kafando, président par intérim, lors de la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou
afp.com - Sia Kambou
voir le zoom : Le président par intérim du Burkina, Michel Kafando (d) et le Premier ministre Isaac Zida, lors de la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à OuagadougouLe président par intérim du Burkina, Michel Kafando (d) et le Premier ministre Isaac Zida, lors de la cérémonie d'investiture, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou
afp.com - Sia Kambou
voir le zoom : (g-d): les présidents du Niger, Mahamadou Issoufou, du Ghana, John Dramani Mahama, de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz et du Bénin, Yayi Boni, assistent à la cérémonie d'investiture du président par intérim burkinabè Michel Kafando, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou(g-d): les présidents du Niger, Mahamadou Issoufou, du Ghana, John Dramani Mahama, de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz et du Bénin, Yayi Boni, assistent à la cérémonie d'investiture du président par intérim burkinabè Michel Kafando, le 21 novembre 2014 à Ouagadougou
afp.com - Sia Kambou

Le Burkina Faso attendait samedi de connaître son gouvernement pour une transition d'un an, un test majeur sur le rapport de forces entre le président intérimaire Michel Kafando et son Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida.

C'est l'heure des ultimes "petits réglages", a affirmé à l'AFP un officier proche du lieutenant-colonel Zida, l'homme fort du pays depuis la chute du président Blaise Compaoré le 31 octobre, chassé par la rue après 27 ans de règne.

M. Zida, désormais Premier ministre, va présenter la composition du gouvernement au président Kafando samedi "en début d'après-midi", a ajouté cette source. "S'il est d'accord, on publie le gouvernement ce soir".

Le casting ministériel avait été annoncé pour jeudi, puis pour samedi au plus tard. Divergences et rivalités au sein de l'opposition et de la société civile, dont un militaire dénonçait les "appétits voraces", ont compliqué le processus.

La composition du gouvernement sera scrutée à la loupe: elle permettra d'en savoir plus sur la répartition des pouvoirs au sommet de l'Etat.

"Maintenant qu'on a un numéro 1 et un numéro 2, on va voir si le numéro 2 a, oui ou non, plus de pouvoir que le numéro 1", a décrypté un diplomate.

Si l'armée s'octroie les portefeuilles clés, la mainmise d'Isaac Zida devrait être ouvertement confirmée, selon des experts du dossier, même si le lieutenant-colonel a transmis symboliquement le pouvoir vendredi au président intérimaire.

Si, à l'inverse, les civils occupent les principaux ministères (Sécurité, Affaires étrangères, Finances, etc.), cela signifiera que Michel Kafando gagne en indépendance... ou que l'armée manoeuvre plus subtilement.

Les militaires ont d'ores et déjà annoncé qu'ils nommeraient des civils sur leur quota de postes.

Le président et le Premier ministre attribueront 11 portefeuilles sur 25, avait déclaré jeudi à l'AFP un officier proche du Premier ministre.

Le poste de ministre de la Défense, promis à Isaac Zida, qui devait cumuler cette fonction avec celle de chef du gouvernement, devrait finalement revenir à un autre militaire, ont indiqué des sources au sein de l'armée.

Sur les 14 autres ministres, "huit à neuf" proviendront des partis politiques de l'ancienne opposition à M. Compaoré, et "cinq à six" de la société civile, détaillait l'officier.

 

- 'Récupération' -

Il faut faire vite, le gouvernement intérimaire n'ayant qu'un an pour faire ses preuves.

La transition s'achèvera avec la tenue d'élections présidentielle et législatives en novembre 2015 dans ce pays pauvre sahélien de 17 millions d'habitants. Aucun membre de l'exécutif ne pourra être candidat aux scrutins dans cette ex-colonie française.

Vendredi dans son discours d'investiture, M. Kafando a d'ores et déjà fixé un cap très clair: tourner la page des années Compaoré, un régime que ce haut diplomate a pourtant représenté aux Nations unies de 1998 à 2011.

"Avec ceux qui ont méprisé cette justice et qui pensent qu'ils peuvent dilapider impunément le denier public, nous réglerons bientôt les comptes", a affirmé le président intérimaire, dénonçant les "richesses inexpliquées", les "privilèges indus" et les "avantages oligarchiques" du clan Compaoré.

Nommé lundi après deux semaines d'intenses tractations, il a envoyé un autre signal fort en annonçant des investigations pour identifier le corps du président Thomas Sankara, tué lors du putsch qui porta au pouvoir en 1987 Blaise Compaoré.

La famille Sankara demande depuis 1997 l'exhumation de la dépouille de cette icône du panafricanisme pour vérifier que le corps enterré est bien le sien, ce que la justice burkinabè n'a jusqu'à présent jamais accepté.

Le président intérimaire "récupère" et "surfe" sur "les thèmes qui portent": "Sankara, pour les jeunes, et la morale pour une certaine opinion qui réprouvait la gestion du régime Compaoré", analyse Siaka Coulibaly, un politologue burkinabè.

Mohamed Ndo, un mécanicien de 31 ans, est visiblement convaincu par cette entrée en matière. "Les choses ne doivent plus être comme avant. Le soulèvement populaire, c'est pour le changement, et celui qui est là doit le montrer!"

 

 

© 2014 AFP



Réagir