Arrivée à Bissau de 4 militaires gambiens mêlés au putsch manqué contre Jammeh Posté le 01/01/2015 - Par Bissau - (©AFP / 01 janvier 2015 13h30) Afrique

 

 

 

ALERTE - Gambie : Jammeh dément une tentative de coup d'Etat et accuse des puissances étrangères



(©AFP / 01 janvier 2015 15h47)  

 
 
 

Arrivée à Bissau de 4 militaires gambiens mêlés au putsch manqué contre Jammeh


Bissau - Quatre officiers gambiens soupçonnés d'avoir participé au putsch manqué contre le président gambien Yayha Jammeh sont arrivés mercredi soir à Bissau, fuyant leur pays, a-t-on appris jeudi de source militaire.

 

 

 

 



Quatre officiers gambiens présumés impliqués dans le putsch sont arrivés mercredi soir à Bissau et se sont rendus aux autorités militaires de Guinée-Bissau, a affirmé à l'AFP une source militaire à Bissau.

Selon la même source, ils ont fui leur pays après le putsch manqué contre le président Jammeh mardi.

Leur identité, leur itinéraire pour arriver à Bissau pas plus que le lieu où ils se trouvaient jeudi n'ont été précisés.

La Guinée-Bissau n'a pas de frontière avec la Gambie, pays dont elle est séparée par le Sénégal. La Gambie, ex-colonie anglaise, est entièrement enclavée dans le Sénégal à l'exception de sa façade maritime sur l'Atlantique.

L'arrivée de ces quatre militaires est signalée alors que, selon une source diplomatique dans la capitale gambienne, Banjul, les accusations fusent de partout, visant des participants présumés au putsch manqué. 

Les noms de personnalités militaires et civiles commencent à tomber sur la table de la NIA (National Intelligence Agency, les services de renseignements gambiens). C'est maintenant que commence le véritable coup d'Etat car je crains que des innocents soient pris à partie par simple dénonciation, a affirmé cette source diplomatique sous couvert de l'anonymat.

 
 



Beaucoup d'observateurs avaient affirmé craindre une purge au sein de l'opposition et des forces de sécurité après la tentative de renverser le régime au pouvoir depuis 20 ans en Gambie.

Le président Jammeh a fustigé mercredi soir ceux qui visent un changement de régime par la violence, dans sa première déclaration publique à son retour à Banjul après le putsch manqué de mardi, alors qu'il était en visite privée à Dubaï.

Ceux qui prônent et parrainent un changement de régime par la violence doivent savoir qu'ils n'agissent pas seulement en violation des droits de l'homme et des intérêts légitimes des victimes, mais aussi contre la volonté de Dieu Tout-Puissant. C'est pourquoi ils ne réussiront jamais, a-t-il affirmé dans un message à la Nation à l'occasion du Nouvel An.

Ceux qui jouent avec Dieu le paieront cher, a-t-il menacé, sans citer de nom.

Il n'a pas spécifiquement évoqué la tentative de coup d'Etat, une attaque armée contre le palais présidentiel ayant fait mardi au moins trois morts, selon un bilan non officiel.

Yahya Jammeh, 49 ans, dirige depuis 1994 d'une main de fer la Gambie, petit pays anglophone de près de deux millions. Son régime est régulièrement critiqué pour ses violations des droits de l'homme.



(©AFP / 01 janvier 2015 13h30)  

 
 

Gambie : les comploteurs ne réussiront jamais, assure Jammeh

 

 


Banjul (Gambie) - Le président gambien Yahya Jammeh a fustigé mercredi soir les comploteurs qui visent un changement de régime par la violence, assurant qu'ils ne réussiront jamais, dans sa première déclaration publique depuis le putsch manqué contre son régime.

 

 



Ceux qui prônent et parrainent un changement de régime par la violence doivent savoir qu'ils n'agissent pas seulement en violation des droits de l'Homme et des intérêts légitimes des victimes, mais aussi contre la volonté de Dieu Tout-Puissant. C'est pourquoi ils ne réussiront jamais, a-t-il dit dans un message à la Nation à l'occasion du Nouvel An diffusé par les médias d'Etat, sa première déclaration publique depuis deux jours.

M. Jammeh, apparu serein et s'exprimant d'un ton ferme, n'a pas spécifiquement évoqué le coup d'Etat raté, une attaque armée contre le palais présidentiel ayant fait mardi au moins trois morts selon un bilan non officiel. Il était alors en visite privée à l'étranger.

Ceux qui jouent avec Dieu le paieront cher. Nous restons déterminés pour la promotion de la paix pour l'humanité, a poursuivi le chef de l'Etat.

2014 a connu une grande violence dans de nombreuses régions du monde, et ces actes de violences ne sont pas justifiables, a-t-il encore estimé.

Environ deux heures avant la diffusion de son message à la Nation, il s'était montré dans les rues de Banjul dans un cortège placé sous haute sécurité, effectuant à l'improviste sa première apparition publique depuis les troubles de mardi.



(©AFP / 31 décembre 2014 22h49)  

 

 

 

Coup d'Etat manqué en Gambie en l'absence du président Jammeh

 

 

Banjul (Gambie) (AFP) - 30.12.2014 17:35

 

Le président Yahya Jammeh, le 22 novembre 2011 lors d'un meeting politique en Gambie

 

voir le zoom : Le président Yahya Jammeh, le 22 novembre 2011 lors d'un meeting politique en GambieLe président Yahya Jammeh, le 22 novembre 2011 lors d'un meeting politique en Gambie
afp.com - Seyllou
 
voir le zoom : Le président gambien Yahya Jammeh, le 24 novembre 2014 à BanjulLe président gambien Yahya Jammeh, le 24 novembre 2014 à Banjul
afp.com - Seyllou
voir le zoom : Carte de localisation de Banjul en Gambie, où un coup d'Etat a échouéCarte de localisation de Banjul en Gambie, où un coup d'Etat a échoué
afp.com - V. Breschi/E. Tôn

La Gambie a connu mardi une tentative manquée de coup d'Etat contre le régime du président Yahya Jammeh, en visite à l'étranger, qui dirige depuis 20 ans d'une main de fer ce petit pays d'Afrique de l'Ouest.

Le gouvernement n'a rien dit de l'attaque, qui a fait au moins trois morts, mais a tenu à assurer que "la paix et le calme règnent dans le pays".

Le palais présidentiel a été attaqué par des hommes en armes vers 03H00 (heure locale et GMT), alors que le président Jammeh, 49 ans, effectue depuis le week-end dernier une visite privée à Dubaï, aux Emirats arabes unis, selon une source gouvernementale.

Plusieurs sources ont évoqué un séjour privé en France mais une source proche du dossier à Paris a indiqué n'avoir aucune indication en ce sens.

Selon un officier gambien à Banjul, les forces loyales au président Jammeh ont tué trois des auteurs de l'assaut, dont leur chef présumé, un ancien militaire.

Les assaillants étaient "commandés par un ex-capitaine du nom de Lamin Sanneh, qui est un déserteur de l'armée". Trois d'entre eux "sont morts, dont l'ex-capitaine lui-même", a assuré à l'AFP cet officier.

De même source, un autre assaillant a été fait prisonnier et était interrogé mardi après-midi par l'Agence nationale du renseignement (NIA). "La police et l'armée contrôlent entièrement la situation", a ajouté ce responsable.

Un diplomate gambien a également fait état de trois assaillants tués, et de deux prisonniers. Selon lui, des membres de la garde présidentielle figuraient parmi les assaillants.

Via un communiqué laconique lu dans l'après-midi à la radio nationale, le gouvernement a affirmé que "contrairement aux rumeurs, la paix et le calme règnent dans le pays".

"Les populations sont invitées à vaquer à leurs activités normales. Nous prions pour que la paix et la tranquillité demeurent", a-t-il conclu.

Après une brève coupure à la suite de l'attaque, la radio et la télévision d'Etat diffusaient de la musique à la place de leurs programmes habituels.

 

- Banjul, ville morte -

 

Yahya Jammeh dirige depuis 20 ans la Gambie, pays anglophone de près de deux millions d'habitants, totalement enclavé dans le Sénégal à l'exception de sa façade maritime sur l'Atlantique.

Ancien militaire arrivé au pouvoir par un coup d'Etat sans effusion de sang en 1994, il a ensuite été élu et effectue depuis 2011 son quatrième mandat.

L'attaque de mardi a transformé Banjul en une ville morte placée sous haute surveillance de l'armée et de la police.

Certains soldats patrouillaient à pied, exhortant au calme et demandant aux gens de rester chez eux. Les boutiques, commerces, banques et services étaient fermés, très peu de voitures particulières circulant dans la ville.

Peu d'habitants osaient s'exprimer par crainte de représailles, particulièrement de la toute-puissante NIA, dont les agents opèrent souvent en civil, dans un pays régulièrement pointé du doigt par les organisations de défense des droits de l'Homme.

Cette atmosphère d'inquiétude et de peur dans la capitale contrastait mardi avec la liberté de ton manifestée sur les réseaux sociaux par des membres de la diaspora gambienne, qui ont rapidement donné l'identité du chef présumé de l'attaque.

Des habitants de la zone de Marina Parade, sur la corniche est de la capitale, où est située la résidence présidentielle, ont affirmé avoir été réveillés par des coups de feu, qui ont duré jusqu'en milieu de matinée.

"Des membres des forces armés ont été impliqués dans d'importants échanges de tirs aux alentours de 03H00. Ils voulaient renverser le régime", a rapidement reconnu une source militaire, alors qu'une source occidentale évoquait "une tentative de coup d'Etat", avec la participation d'"éléments de la garde présidentielle".

L'opposant Sheikh Sidya Bayo a parlé sur une radio privée sénégalaise d'"un début de mutinerie qui s'est transformée" en tentative de prise du pouvoir.

La Gambie a connu plusieurs tentatives de putsch depuis que Yahya Jammeh a renversé en juillet 1994 le président Dawda Jawara, premier chef d'Etat de cette ex-colonie britannique indépendante depuis 1965.

Yahya Jammeh, militaire de carrière issu d'une famille paysanne de l'ouest du pays, cultive l'image d'un président musulman pratiquant.

Il s'illustre régulièrement par des déclarations fracassantes, comme il l'a fait récemment contre l'homosexualité, ou pour l'abandon de l'anglais au profit d'une langue locale qu'il n'a jamais précisée.

Il est régulièrement critiqué pour sa politique répressive envers la presse, l'opposition politique et les organisations de défense des droits de l'Homme.

La France a dit "suivre avec attention la situation" en cours.

 

 

© 2014 AFP



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