Sahara occidental : Mohamed Abdelaziz sera enterré à Bir Lahlou Posté le 03/06/2016 - Par 31/05/2016 21:38:47 - Alger (AFP) - © 2016 AFP Maghreb
Sahara occidental : Mohamed Abdelaziz sera enterré à Bir Lahlou
Par Nadia Lamlili

L'ancien secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, sera enterré ce samedi à Bir Lahlou, en zone contestée.
L’ancien chef du Polisario, Mohamed Abdelaziz,décédé le 31 mai, sera inhumé, ce samedi 4 juin, à Bir Lahlou, une localité se trouvant dans ce que les sahraouis appellent « les territoires libérés », à l’est du mur de défense érigé par les Marocains, selon l’AFP.
Dernier hommage
Ce vendredi 3 mai, le Polisario a annoncé que sa dépouille sera exposée à Tindouf dans le sud-ouest de l’Algérie, pour que les délégations étrangères puissent lui rendre un dernier hommage.
Le Maroc, qui considère que « le défunt, tout comme le mouvement séparatiste auquel il appartenait, était figurant, et non pas acteur du dossier », ne s’est pas officiellement exprimé quant au choix de Bir Lahlou comme lieu d’enterrement de sa dépouille.
Une zone contestée
Les Marocains considèrent que cette localité, où le Polisario organise souvent ses exercices militaires, se trouve dans une zone contestée, évacuée par l’armée marocaine dans les années 1990 dans le seul but de préserver le cessez-le feu décrété par l’ONU.
Le 5 mars, Rabat a reproché au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, de s’être déplacé dans cette zone tampon, où sont postés des observateurs militaires de la Minurso, sans le consulter. Ce déplacement était une des causes du conflit qui a éclaté en mars entre le Maroc et le secrétaire général au sujet de l’avenir du Sahara occidental.





A la Une : la disparition de Mohamed Abdelaziz
« Un homme, un combat », s’exclame le quotidien algérien Le Temps. « C’est assurément une tragédie qui vient de frapper le peuple sahraoui avec le décès de son charismatique chef militaire, Mohamed Abdelaziz, et par ailleurs président de la République arabe sahraouie démocratique, pour laquelle il aura donné toute son énergie jusqu’à son dernier souffle. L’annonce de sa mort, hier, poursuit Le Temps, après une longue maladie, a ébranlé tous ceux qui ont pu approcher cet homme si affable et si attachant malgré les péripéties d’une vie passée à lutter pour la récupération de la terre de son peuple dont il a été spolié par le colonialisme marocain. Feu Mohamed Abdelaziz incarne admirablement le combat vaillant du peuple sahraoui pour son autodétermination depuis le départ des Espagnols en 1975. »
« Décès de Mohamed Abdelaziz : Le Polisario a perdu sa tête ! », s’exclame pour sa part le quotidien Aujourd’hui au Maroc. Après officialisation de son décès par le Polisario, c’est le Conseil national du mouvement qui assurera l’intérim. « La guerre à la succession de Mohamed Abdelaziz promet d’être animée !, affirme le quotidien marocain. Affaire à suivre… »
« Sans conteste, le Front Polisario a perdu un de ses meilleurs phares, sinon le meilleur, avance Aujourd’hui au Burkina. Sous sa présidence, qui aura duré 27 ans, on notera de nombreux acquis. La conclusion d’un cessez-le-feu en 1991 avec le Maroc, l’entrée de la République Arabe Sahraouie dans l’Organisation de l’unité africaine en 1984. C’est de cette époque que date le départ du royaume chérifien de l’organisation continentale. C’est de là aussi que débute la position figée du Maroc sur le Front Polisario : la RASD n’existe pas, les Sahraouis sont des irrédentistes marocains. » Enfin, pointe encore Aujourd’hui, « l’ouverture de négociations sur le statut de l’ancienne colonie espagnole a sans doute constitué le point d’orgue de son règne, avec la perspective d’un référendum sur l’autodétermination de cette république pour laquelle il a sacrifié sa vie. Malheureusement, il ne vivra pas assez longtemps pour voir les votes s’engouffrer dans les urnes et sans doute, faire sortir au grand jour, ce dont il rêvait depuis tant de temps. »

Sahara occidental : le chef du Polisario Mohamed Abdelaziz est mort

Le front Polisario, qui se bat depuis 40 ans ans contre le Maroc pour l'indépendance du Sahara occidental, a perdu mardi son dirigeant historique Mohamed Abdelaziz, décédé des "suites d'une longue" maladie.
Le dirigeant indépendantiste avait 67 ans et souffrait d'un cancer du poumon, selon l'agence algérienne APS. Mais le mouvement indépendantiste, qui a annoncé la mort de son chef, n'a pas fourni de précisions sur les circonstances de ce décès. Ses responsables étaient réunis "en conclave" en fin d'après-midi selon un dirigeant du Polisario.
Le successeur de Abdelaziz sera désigné lors d'un congrès extraordinaire convoqué dans un délai maximum de 40 jours. En attendant, le président du Conseil national sahraoui, Khatri Addouh, assurera l'intérim, selon les sources sahraouies.
Mohamed Abdelaziz devrait être inhumé dans ce que les Sahraouis appellent les "territoires libérés", situés derrière le mur de défense érigé par le Maroc, selon un dirigeant du Polisario. "La date dépendra des préparatifs qui sont en cours", a ajouté ce dirigeant.
En février dernier, Mohamed Abdelaziz était apparu affaibli en recevant le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon dans un camp de réfugiés à Tindouf, en territoire algérien.
Le Polisario a décrété un deuil de 40 jours pour rendre hommage à son chef.
"C'est une grande perte pour le peuple sahraoui", a déclaré à l'AFP, un responsable du Polisario, Mohamed Keddad. "Il a sacrifié sa vie pour la libération du Sahara occidental. Il incarnait la sagesse, la pondération, l'engagement sincère et ferme pour la libération du Sahara occidental", a-t-il ajouté.
Mohamed Abdelaziz, dirigeant historique du mouvement indépendantiste et militant intransigeant, était depuis 1976 à la tête du Polisario, qui avait été fondé trois ans auparavant pour défendre avec le soutien de l'Algérie l'indépendance de l'ancienne colonie espagnole, annexée par le Maroc en 1975.
En Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a décrété un deuil de huit jours et ouvert la réunion d'un Conseil des ministres par une minute de silence en hommage au dirigeant indépendantiste, a annoncé la télévision.
"Il a vécu en combattant" mais "était enclin à la paix" et "n'avait de cesse d'appeler ses adversaires à entendre la voix de la raison pour éviter l'effusion de sang des frères", a affirmé M. Bouteflika.
- "Poursuivre le combat" -
Un plan de l'ONU pour un référendum d'autodétermination du Sahara occidental est bloqué depuis 1992 par le Maroc qui milite en faveur d'une large autonomie sous sa propre souveraineté.
Une Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) y supervise depuis un cessez-le-feu formellement proclamé par le Polisario en septembre 1991.
Issu de la tribu des Reguibat, l'une des trois grandes tribus sahraouies,Mohamed Abdelaziz est né en août 1948 selon l'agence algérienne APS. Son lieu de naissance reste imprécis: Marrakech (sud du Maroc) selon les sources marocaines, Smara (Sahara occidental), selon l'agence APS.
Il a fait ses études primaires et secondaires dans le sud marocain, où ses parents se sont installés au milieu des années 1950. Son père était un ancien sous-officier de l'armée royale marocaine.
A la fin des années 1960, il est à Rabat et Casablanca, où il rencontre les premiers militants nationalistes sahraouis, qui fréquentaient alors les universités marocaines. Dans ces milieux très activistes, il fait ses premières armes dans la politique, avant de passer à la lutte clandestine puis ouverte.
Aux côtés de Mustapha Sayed el-Ouali, il participe à la création du Front Polisario en mai 1973, et en devient un des principaux chefs militaires. Avec Brahim Ghali, il organise les premiers raids contre les garnisons espagnoles.
Il participe lui-même aux opérations, et continuera de le faire pendant quelques années lorsqu'il devient le "numéro un" sahraoui, en 1976.
A la tête du Polisario, ce militant intransigeant abandonne progressivement l'anonymat militaire pour acquérir la stature d'homme d'Etat. Mais il mène méthodiquement l'action militaire, sur laquelle il s'appuiera pour en tirer les bénéfices politiques et diplomatiques.
"Le peuple sahraoui poursuivra le combat", a promis Mohamed Keddad. "Les qualités de Mohamed Abdelaziz vont illuminer la voie vers le parachèvement de la libération du Sahara occidental", a poursuivi ce dirigeant.
31/05/2016 21:38:47 - Alger (AFP) - © 2016 AFP
Dernière modification : 01/06/2016
Sahara occidental : décès de Mohamed Abdelaziz, chef du Front Polisario

Mohamed Abdelaziz, le chef du Front Polisario qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental, est décédé, mardi. Il dirigeait ce mouvement indépendantiste depuis 40 ans et avait noué un lien important avec l'Algérie.
Le Front Polisario, qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental, est orphelin. Mohamed Abdelaziz, qui le dirigeait depuis 40 ans sur 43 ans d’existence, est décédé mardi 31 mai, à 69 ans. Il a été emporté par les "suites d'une longue maladie", a annoncé le mouvement indépendantiste, cité par l'agence algérienne APS.
Le Polisario a été fondé en 1973 pour défendre, avec le soutien de l'Algérie, l'indépendance de l'ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975. Ce lien historique avec la République algérienne a conduit son président, Abdelaziz Bouteflika, à décréter mardi un deuil de huit jours. Le Conseil des ministres s’est également ouvert par une minute de silence en hommage au dirigeant indépendantiste, a annoncé la télévision.
"Une grande perte pour le peuple sahraoui"
Mohamed Abdelaziz portait aussi le titre de président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le mouvement indépendantiste en 1976. "C'est une grande perte pour le peuple sahraoui", s’est ému Mohamed Keddad, un responsable du Polisario. "Il a sacrifié sa vie pour la libération du Sahara occidental. Il incarnait la sagesse, la pondération, l'engagement sincère et ferme pour la libération du Sahara Occidental."
Mohamed Abdelaziz est un Reguibi, une des trois grandes tribus sahraouies, de la fraction des Fokra. Il a fait ses études primaires et secondaires dans le sud marocain, où ses parents se sont installés au milieu des années 1950. Son père était un ancien sous-officer de l'armée royale marocaine.
À la fin des années 1960, il est à Rabat et Casablanca, où il rencontre les premiers militants nationalistes sahraouis, qui fréquentaient alors les universités marocaines. Dans ces milieux très activistes, il fait ses premières armes dans la politique, avant de passer à la lutte clandestine puis ouverte.
Blocage par le Maroc depuis 1992
Il participe à la création du Front Polisario en mai 1973 au côté de Mustapha Sayed el-Ouali, qui en prend la tête. Mohamed Abdelaziz, lui, devient un des principaux chefs militaires de l’organisation et organise les premiers raids contre les garnisons espagnoles. Il participe lui-même aux opérations, et continue de le faire pendant quelques années lorsqu'il devient le "numéro un" sahraoui, à la mort de Mustapha Sayed el-Ouali en 1976.
En février dernier, Mohamed Abdelaziz était apparu affaibli en recevant le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon dans un camp de réfugiés à Tindouf, en territoire algérien. Un plan de l'ONU pour un référendum d'autodétermination du Sahara occidental est bloqué depuis 1992 par le Maroc qui milite en faveur d'une large autonomie sous sa propre souveraineté.
Avec AFP
Première publication : 31/05/2016







