Obama envisage d'aller aux obsèques de Mohamed Ali Posté le 04/06/2016 - Par Washington - (©AFP / 05 juin 2016 18h00) Sport

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Obama envisage d'aller aux obsèques de Mohamed Ali

 

 


Louisville (Etats-Unis) - Le président américain Barack Obama envisage de se rendre aux obsèques de Mohamed Ali en fin de semaine à Louisville, a annoncé dimanche à l'AFP le maire de la ville.

La principale ville de l'Etat du Kentucky accueillera pour l'occasion une immense foule et une grande procession sera organisée vendredi, a précisé Greg Fischer.

On redoutait ce décès depuis longtemps, mais le Champion ayant été malade également depuis longtemps, nous avons eu le temps de nous organiser, a déclaré l'élu démocrate. 

A la question de savoir si M. Obama serait présent, M. Fischer a répondu: Je sais qu'il l'envisage. 

La Maison Blanche n'a pour l'heure donné aucune indication sur un éventuel déplacement présidentiel dans le Kentucky.

Tout cela va se finaliser au cours de la semaine mais, clairement, l'intérêt (pour cet événement), notamment grâce aux médias internationaux, est quelque chose de probablement inédit pour nous. Des gens vont venir de partout, a poursuivi le maire.

L'ancien président démocrate Bill Clinton sera lui présent et prononcera une oraison funèbre devant la dépouille du boxeur de légende.

Nous espérons que de nombreuses personnes viendront de l'étranger, a de son côté confié Donald Lassere, le président du Muhammad Ali Center, grand édifice culturel consacré à la vie du boxeur.

Nous serions très heureux si le président pouvait venir, j'ignore s'il en aura la possibilité, a-t-il ajouté. 

Surnommé The Greatest ou encore The Champ, Mohamed Ali est décédé vendredi à l'âge de 74 ans. 

Le Champion était une figure surnaturelle qui transcendait les frontières, des sports aux arts en passant par l'humanitaire, des Blancs aux Noirs, des chrétiens à l'islam, et il appartient au monde entier, a conclu Greg Fischer.


(©AFP / 05 juin 2016 18h00) 

 

Obsèques de Mohamed Ali vendredi à Louisville, sa ville natale

 

 


Scottsdale (Etats-Unis) - Les obsèques de Mohamed Ali, décédé à l'âge de 74 ans, auront lieu vendredi dans sa ville natale de Louisville, dans le centre-est des Etats-Unis, a annoncé samedi le porte-parole de la famille de la légende de la boxe. 

La célébration de la vie de Mohamed Ali débutera jeudi avec une cérémonie privée rassemblant sa famille immédiate, ses enfants, petits-enfants, cousins et son frère, a expliqué le porte-parole lors d'une conférence de presse à Scottsdale, en Arizona, où l'ancien boxeur s'est éteint la veille.

Le lendemain matin, la famille se rassemblera dans un salon funéraire avec un imam qui présidera à une cérémonie de prières.

Une procession funéraire traversera ensuite Louisville, passant notamment par le centre Mohamed Ali et le boulevard Mohamed Ali, dans le quartier de son enfance, et se terminera au cimetière de Cave Hill.

L'ancien président américain Bill Clinton sera l'une des trois personnalités, avec le journaliste Bryant Gumbel et l'acteur Billy Crystal, qui prononceront son éloge funèbre.

Le porte-parole de la famille est également revenu sur les circonstances de la mort de la légende de la boxe.

La cause officielle de son décès est un choc septique provoqué par des causes naturelles non spécifiées, a-t-il indiqué.

Mohamed Ali était entouré de ses neuf enfants et de sa femme dans ces derniers moments, qui ont pu lui faire leurs adieux.

Le porte-parole de la famille a révélé que l'ancienne terreur des rings, qui souffrait de la maladie de Parkinson depuis les années 1980, avait été hospitalisé dès lundi soir, et non jeudi comme annoncé initialement par la famille.

Il se trouvait alors en bonne santé. Nous nous attendions à ce qu'il aille bien, car Mohamed s'est battu pour s'en sortir tant de fois, a-t-il expliqué. 


(©AFP / 04 juin 2016 22h07)  

 

 

 

 

 

 

 

 

ALERTE - Boxe : Bill Clinton prononcera l'éloge funèbre de Mohamed Ali



(©AFP / 04 juin 2016 21h16)  

ALERTE - Obsèques de Mohamed Ali vendredi à Louisville, sa ville natale


(©AFP / 04 juin 2016 21h06)  

 

Obama : Mohamed Ali s'est battu pour ce qui était juste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Washington - Le président des Etats-Unis Barack Obama a rendu samedi un hommage appuyé et émouvant au boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi, saluant un homme qui a secoué le monde et s'est battu pour ce qui était juste.

Son combat en dehors du ring lui a coûté son titre, lui a valu nombre d'ennemis. Mais Ali a tenu bon, a souligné le premier président noir de l'histoire des Etats-Unis, évoquant l'implication de The Greatest dans la lutte pour les droits civiques. 

 

Il a été aux côtés de (Martin Luther) King et (Nelson) Mandela, il s'est élevé quand c'était difficile, il a parlé quand d'autres ne le faisaient pas, a-t-il poursuivi.

Mohamed Ali était +The Greatest+. Point final. Si vous lui demandiez, il vous le disait clairement. Mais ce qui faisait de lui le plus grand, quelqu'un de complètement à part, est que tous les autres vous disaient la même chose, a souligné M. Obama dans un texte à la tonalité très personnelle.

Soulignant qu'il conservait une paire de ses gants de boxe et une photo de lui dans son bureau personnel, juste à côté du Bureau ovale, la président américain a salué la trajectoire hors-norme du jeune Cassius Clay et son parcours spirituel qui allait le mener à l'islam.

Il n'était pas parfait, bien sûr, a ajouté M. Obama, évoquant une certaine maladresse avec les mots et ses nombreuses contradictions sur la foi. Mais son état esprit extraordinaire (...) lui a finalement valu plus d'admirateurs que d'ennemis, peut-être parce que, au fond, à travers lui, nous espérions nous retrouver nous-mêmes.

Mohamed Ali a secoué le monde. Et cela fut une bonne chose pour le monde. Et pour nous tous, a conclu le président américain, en présentant ses condoléances à la famille de ce boxeur de légende.


(©AFP / 04 juin 2016 15h49)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mohamed Ali, légende de la boxe, est mort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters |  • Mis à jour le  | Par 


 

 

« Le plus grand », comme Mohamed Ali aimait se décrire lui-même est mort, vendredi 3 juin à Phoenix (Arizona), d’une insuffisance respiratoire, à l’âge de 74 ans. 

 

 

Après trente-deux années, la maladie de Parkinson a fini par terrasser l’une des dernières icônes planétaires du sport. Il restera, pour l’éternité, une belle et grande gueule qui n’hésitait pas à martyriser – avec sa verve ou ses poings – ses adversaires qui lui avaient manqué de respect. 

 

Mohamed Ali est né Cassius Clay à Louisville, dans le Kentucky, le 17 janvier 1942 dans un milieu pauvre, jure-t-il, même si propre famille a toujours préféré le terme modeste. Son père, Cassius Marcellus Clay senior, peint des affiches publicitaires et Jésus, qu’il aimait dessiner « blancs aux yeux bleus ». Sa mère Odessa, femme de ménage chez les riches blancs, élève ses deux garçons.

 

 

Le « boxeur poète »

 

 

Après une carrière amateure vertigineuse – médaille d’or olympique des mi-lourds (75-81 kg) aux Jeux de Rome en 1960, 108 combats, 100 victoires –, Cassius Clay rencontre, pour son premier championnat du monde, prévu à Miami, le 25 février 1964, le « vilain ours » Sonny Liston. A 32 ans, celui-ci est donné favori à huit contre un. Cassius Clay est déjà surnommé le « boxeur poète », lui se dit déjà « le plus beau, le plus grand ». Et à la surprise générale, c’est le jeune apollon de 22 ans qui pousse son aîné, blessé à l’épaule gauche, à l’abandon avant la reprise du 7e round. Durant le combat, Sonny Liston avait tenté d’aveugler le rejeton pour éviter de finir humilié dans les cordes. Il touchera 1,150 million de dollars et Cassius Clay 650 000 dollars pour son premier sacre.

Mais pour la presse, ce combat est une « combine ». Cette année-là, Cassius Clay n’existe plus. Il exige qu’on l’appelle Cassius X, renonçant ainsi à son nom d’esclave légué par d’anciens propriétaires blancs. Il fréquente un certain Malcom X, et la secte politico-religieuse Nation of Islam, dirigée par Elijah Muhammad. Cassius X devient Mohamed Ali et exige qu’on l’interpelle uniquement par son nom musulman.

 

 

 

Le refus d’aller au Vietnam

 

 

 

La revanche Liston-Ali se profile. Et le 25 mai 1965, à Lewiston, dès le premier round, Sonny Liston tombe. « Debout et bas-toi, enfoiré », lance Mohamed Ali. C’est la victoire la plus rapide de l’histoire des championnats du monde des poids lourds. Le coup de poing fatal – surnommé « le coup de poing fantôme » – est si furtif que personne ne semble l’avoir vu dans le public. Encore une fois, ce combat est controversé…

Mohamed Ali défendra, avec succès, neuf fois son titre. Mais la guerre du Vietnam le rattrape en 1966. Il refuse d’aller au front car sa religion le lui interdit. Pour lui, « les Vietcongs sont des Asiatiques noirs », et il n’a pas à« combattre des Noirs ». Il est condamné le 21 juin 1967 à cinq ans de prison et 10 000 dollars d’amende. On lui retire son titre et sa licence de boxe.

Mais il ne baisse pas la garde. En 1970, on lui réattribue sa licence, un tribunal ayant reconnu qu’une condamnation pour insoumission ne justifiait pas qu’on lui retire son moyen d’existence. Le ring retrouve son maître et Mohamed Ali enchaîne de nouveau les combats et les victoires. Une seule chose l’obsède : la reconquête du titre. Le 8 mars 1971, au Madison Square Garden de New York, deux boxeurs invaincus vont s’affronter dans le « combat du siècle ». Mohamed Ali contre le champion du monde en titre Joe Frazier.

« The Champ » va perdre ce duel aux points. Il faut repartir de zéro. Un long chemin pour devenir le challenger numéro un. L’ancien champion a vieilli et est moins agile. En 1973, face à Ken Norton, il perd une deuxième fois et quitte le ring avec une mâchoire fracturée.

 


 

A Kinshasa, « le grondement de la jungle » 

 

 

 

 

L’homme n’est pas abattu, et remonte sur le ring : il prend sa revanche sur Ken Norton, puis sur Joe Frazier et défie le champion du monde George Foreman, 25 ans. C’est probablement le combat le plus emblématique de sa carrière et le plus mythique de la boxe : c’est au Zaïre, à Kinshasa, grâce aux 10 millions de dollars du président Mobutu promis aux deux protagonistes, et grâce à l’entregent du promoteur Don King, que les deux hommes vont s’affronter. L’Afrique, un retour aux sources. Dans les rues poussiéreuses de Kinshasa, Mohamed Ali redécouvre brutalement sa notoriété et réalise qu’il a participé, d’une certaine manière, à… changer le monde en refusant d’aller se battre au Vietnam. « Ali boumayé » (« Ali, tue-le »), hurle-t-on lorsque l’on croise sa grande silhouette.

Mohamed Ali va adopter une étonnante stratégie pour vaincre en encaissant pendant sept rounds les coups rageurs de son adversaire jusqu’à ce que la « momie » s’épuise. Et au huitième, il se lâche et envoie, le 30 octobre 1974, devant 100 000 personnes, George Foreman au tapis. Dix ans après son premier titre, à 32 ans, Mohamed Ali redevient « le plus grand » après un combat surnommé « The Rumble in the Jungle » (« Le grondement de la jungle »).

Mohamed Ali défend dix fois de suite avec succès son titre avant de le concéder aux points le 15 février 1978, à Las Vegas, à Leon Spinks, 24 ans. Sept mois plus tard, il reprendra son titre, pour la troisième fois ! Ali a 36 ans. Il combattra laborieusement encore en 1981 avant de dire adieu aux cordes après vingt-et-un ans de professionnalisme. Son palmarès chez les pros : 61 combats, 56 victoires – dont 37 par KO – et 5 défaites.

En 1984, on lui diagnostique la maladie de Parkinson. L’homme consacre désormais son existence à délivrer un message de paix, celui qu’il dit avoir trouvé dans l’islam. Il a même une étoile sur Hollywood boulevard, à Los Angeles. Mais elle est accrochée sur un mur à l’entrée du Kodak Theater, et non placée sur le trottoir comme pour les autres stars car il ne souhaite pas qu’on piétine le nom du prophète.

 
 
 



Les réactions

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Nouvelles O.D.H Le 10/06/2016 à 20:13:24

Si l’inhumation se fera en petit comité, un cortège de plusieurs milliers de personnes, anonymes comme personnalités, a suivi la procession sur trente kilomètres, à partir de 9 heures, heure locale. « The Greatest » reposera au cimetière de Cave Hill, aux côtés de la chanteuse Patty Hill, mondialement connue pour avoir composé Happy Birthday to You.
Erdogan fait parler de lui
Parmi les personnalités présentes, Bill Clinton, l’ex-président, fera partie des orateurs qui prononceront son éloge funèbre, aux côtés de l’humoriste Billy Cristal. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, présent depuis le jeudi 9 juin pour assister à la grande prière musulmane organisée, est rentré furieux en Turquie. Les organisateurs lui ont refusé le droit de déposer un morceau de l’étoffe noire qui recouvre la Kaaba, la relique qui trône au centre du sanctuaire de La Mecque, sur le cercueil d’Ali. Il n’a pas non plus obtenu l’autorisation de prendre la parole lors de l’inhumation. Autant de raisons suffisantes, selon lui, pour le faire rentrer à Istanbul, où son départ avait aussi créé la polémique, après les attentats qui ont frappé le pays.
 

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lors de la veillée funèbre en l’honneur de Mohamed Ali.


Will Smith, qui a incarné Mohamed Ali dans le film du même nom de Michael Mann, portera, en compagnie de Lennox Lewis, un ancien champion du monde de boxe, le cercueil jusqu’à sa tombe, en compagnie de quatre autres personnes. Mike Tyson, une autre grande gloire du ring, est aussi présent à Louisville. « Son chagrin était immense, il ne savait pas s’il pourrait tenir sur le plan émotionnel. Mais apparemment hier il a décidé qu’il se devait d’être ici », a expliqué Bob Gunnell, le porte-parole de la famille.
Homme aux mille visages
Une foule conséquente, venue du monde entier. Des Etats-Unis, forcément, mais aussi d’Afrique et d’Europe, pour saluer la mémoire d’un sportif et d’un homme insaisissable. A la fois frappeur lourd sur le ring, vif « comme le papillon », et personnage public courageux, prêt à piquer « comme l’abeille ». Engagé contre la guerre au Vietnam, le racisme et militant pour l’égalité, la liberté religieuse et l’humanisme, Mohamed Ali était un personnage pluriel et clivant.
image: http://s2.lemde.fr/image/2016/06/10/534x0/4947986_6_5b0c_des-petales-de-roses-jalonneront-le-parcours_75530a3b8d5a84df64f0ae0e71fdf450.jpg
Des pétales de roses jalonneront le parcours de la cérémonie / AFP / Brendan Smialowski
Mais l’unanimité autour de Cassius Clay devenu Mohamed Ali est aujourd’hui palpable à Louisville, ville de 600 000 habitants, devenue, le temps d’une journée le centre du monde de la boxe. Un mécène anonyme a décidé de recouvrir de pétales de roses rouges le chemin menant à la tombe. Voilà qui n’aurait pas déplu à l’abeille.


© Le Monde
 

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