Mauritanie : des militants anti-esclavagistes arrêtés après des heurts à Nouakchott Posté le 02/07/2016 - Par Nouakchott - (©AFP / 02 juillet 2016 17h21) Crimes contre l'humanité

 

 

 

 

 

Mauritanie : des militants anti-esclavagistes arrêtés après des heurts à Nouakchott

 

 


Nouakchott - Des militants anti-esclavagistes ont été arrêtés cette semaine en Mauritanie après des heurts dans un bidonville de Nouakchott entre manifestants en colère et policiers, a appris l'AFP de sources officielles et auprès de défenseurs des droits de l'Homme.

D'après divers témoignages rapportés par la télévision publique mauritanienne, les heurts se sont produits mercredi lors d'une opération, encadrée par la police, visant à déplacer les habitants d'un bidonville du quartier de Ksar (ouest de la capitale) qui, selon les autorités, étaient installés illégalement sur des terrains privés. 
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Des manifestants en colère ont affronté à coups d'armes blanches, de gourdins et de pierres les forces de l'ordre, qui ont enregistré dans leurs rangs sept à huit blessés, a affirmé la chaîne, qui a diffusé vendredi soir des images de véhicules de police cassés ou incendiés, des traces de pneus brûlés sur la chaussée et des policiers blessés.

 

 

 



Les meneurs de ces actes de violences ont été arrêtés sur les lieux des affrontements, a déclaré le gouverneur de Nouakchott-Ouest, Mahi Ould Hamed.

Parmi les personnes interpellées figurent cinq dirigeants et militants de l'IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste, une ONG anti-esclavagiste), a-t-il précisé.

L'IRA a protesté par voie de communiqué contre l'arrestation de ses militants, dont un de ses vice-présidents, Amadou Tidjane Diop et le responsable d'une des sections à Nouakchott, Abdellahi Matalla Saleck.

 

 

 

 



Dans un communiqué distinct, l'organisation internationale de défense des droits de l'Homme Amnesty International évoque l'arrestation de cinq militants de l'IRA entre jeudi et vendredi et réclame leur libération.

La Mauritanie doit immédiatement et sans condition libérer les militants anti-esclavagistes et arrêter de les soumettre constamment à des harcèlements et intimidations, déclare Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International, cité dans le texte.

 

 

 



L'IRA dénonce quant à elle un acte d'intimidation visant les communautés noires en Mauritanie, dont les Haratines, descendants d'esclaves maures. 

Les Haratines sont la composante noire des Maures, majoritaires en Mauritanie. L'esclavage a officiellement été aboli en 1981 dans le pays mais certaines de ces pratiques y perdurent, une situation dénoncée avec véhémence par l'IRA.

Selon cette ONG, les familles concernées par le déplacement du bidonville de Ksar sont toutes de la communauté haratine. Au terme d'un accord avec les propriétaires des terrains, elles devaient être réinstallées sur des parcelles offertes par l'Etat, d'après la télévision publique.


(©AFP / 02 juillet 2016 17h21) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ajouté le : 30.06.2016 16:18

Le prix américain contre l’esclavage décerné à deux Mauritaniens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ALAKHBAR (Nouakchott) -  Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhane, président et vice-président de l’organisation antiesclavagiste IRA – Mauritanie, ont reçu ce jeudi 30 jui, le Prix des héros contre l’esclavage et la traite des personnes, décerné par le Gouvernement américain.

 

Biram Dah Abeid qui a joint Alakhbar au téléphone, a expliqué que le prix lui sera décerné à l’occasion de la publication du rapport américain annuel sur la situation des Droits de l’homme dans le monde.

 

Selon un communiqué d’IRA-Mauritanie reçu à Alakhbar : « La distinction des leaders d’IRA – Mauritanie traduit le soutien des autorités américaines à la lutte de notre organisation pour une Mauritanie débarrassée du racisme d’Etat, de l’exclusion et de l’esclavage ».

 

Les appelant à encore plus de rigueur face aux autorités mauritaniennes qui se rechignent à inscrire la Mauritanie à la marche du monde libre portée par le droit international et les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de justice.   

 

Biram Dah Abeid et Brahim Ould Bilal reçoivent ce prix après avoir passé 17 mois de prison suite à l’organisation d’une caravane contre «l’esclavage foncier». Leur arrestation le 11 novembre 2014 dernier à Rosso (Sud) parmi d’autres militants de défense des droits de l’homme.

 

©   Alakhbar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DIOP Amadou Tidiane 

 

 

 

 

Images source SY Abdoulaye Baba sur Facebook

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les autorités mauritaniennes exproprient les terres des citoyens noirs et font arrêter des leaders d’IRA

 

 

 

 

30 June, 2016 - 20:22
 
 

Communiqué de presse-

 

 

 

Sur ordre des autorités administratives et politiques, la force publique a réprimé les populations de la Gazra aux environs de la fondation Bouamatou. Il s’agit d’un bidonville sur des dunes de sable que ces populations pauvres occupent depuis une vingtaine d’année. Ces populations devraient être déguerpies au profit de lobbies affairistes. Ces lobbies aidés par l’Etat, et à la veille du sommet de la Ligue arabe,  ont mis en exécution un plan consistant à déguerpir ces pauvres populations hratine, pour qu’elles ne soient pas visibles pour les hôtes arabes.

Devant le refus des populations de quitter les lieux sans aucune garantie d’être replacées ailleurs, les forces de police ont fait usage d’une violence sans précédent faisant des dizaines de blessés dont certains sont graves et plusieurs arrestations.  Les autorités ont mobilisé de grandes unités de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale pour mener à bien ce crime odieux. Le seul péché que ces populations ont commis est d’avoir refusé d’être transféré vers des destinations inconnues.

En effet, tôt ce matin 30 juin 2016, des éléments de la police ont procédé à l’arrestation de deux militants d’IRA Mauritanie, en la personne du vice président Amadou Tidjane Diop et Abdellahi Matalla Saleck responsable de la section IRA de Sebkha (quartier périphérique de Nouakchott).
Cet acte d’intimidation rentre dans la logique de répression systématique entreprise à l’encontre des communautés noires par le régime raciste et esclavagiste qui monopolise le pouvoir en Mauritanie ; l’objectif étant de priver ces derniers de l’accès aux terres. Il traduit également les politiques d'exclusion et de marginalisation systématiques contre les communautés vulnérables qui ont habité ces terres pour échapper au  vagabondage et à la recherche d'un abri pour leur  stabilité.

Dans ce contexte marqué par un racisme patent, IRA – Mauritanie

 

  • Exige la libération immédiate et sans condition de son vice président ainsi que tous les militants, qui ont été arrêtés et séquestrés arbitrairement ;
  • Dénonce et condamne fermement les actes de répression, de harcèlement, de torture et d'humiliation subies par les populations Noires (Hratin, peul, soninke, wolof et bambara) ;
  • Condamne l’expropriation des terres des pauvres citoyens ;
  • Appelle les autorités mauritaniennes à mettre fin à ces pratiques immorales et injustes ;
  • Et en fin, lance un appel à tous les militantes, militants et sympathisants d’IRA - Mauritanie ainsi qu’à tous les citoyens épris justice de se mobiliser pour soutenir les victimes jusqu'à ce qu'elles obtiennent leurs droits.

 

 

Nouakchott, le 30 JUIN 2016      

 

     Commission de communication                                                          

 

 

© Le Calame 

 

 




Les réactions

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BA Djibril Le 03/07/2016 à 12:35:43

Deyloule m'avait dit :
"Deyloule est contre toute forme d’appel à la violence qui mènerait à la dislocation de la Mauritanie."
Je lui avais répondu ceci :

L'appel à l'action n'est pas forcément un appel à la violence.

Biram jusques à présent s'est inscrit dans l'action non violente. Qu'a t'il eu en réponse ? La violence.

Les manifestants de « Touche Pas A Ma Nationalité » se sont inscrits dans l'action non violente. Qu’ont t-ils récolté ? La violence.

Gandhi était un non violent. Qu'est ce qui l'a emporté ? La violence.

Martin Luther King était un non violent. Qu'est ce qui l'a emporté ? La violence.

Le manifeste des 19 avait elle été une action violente ? NON

Le manifeste du négro mauritanien opprimé avait elle été une action violente ? NON

Le fumeux « coup d’état de 86/87 » avait il connu un début d’exécution avec violence ? NON

Qu’ont-ils engendré comme violences ? Qui les a subis cette violence ?
Qui les a exercés ?

Actions non violentes ne signifie point absence de violence.

La preuve en Mauritanie c'est que ceux qui on subi massivement la violence physique ne l'ont jamais exercée.

C'est une preuve de courage que d'exercer l'action dans la non violence en acceptant de subir la violence en contre partie.

Le seul coupable de violences en Mauritanie est ce système qui depuis 30 ans n'a su répondre à la sagesse et la non violence des mauritaniens que par LA VIOLENCE. C'est un fait.
Cette culture équivoque de faire tout de suite appel à la sainte religion complètement oubliée quand on commet les forfaits est justement le piège dans lequel les tenants du système nous ont plongé.

1989 c'était en plein Ramadhan. Une année et quelque après les pendaisons suivirent. Le comble dans un pays musulman. Ni les chapelets, ni les rkghats n’ont évité ces drames même pas la sagesse religieuse.
Men Ma ya Chehad, Man ma ya salli, mbeîna al hratines wal abeïd : Eywa yaa al agh mougib houma abiid ?
Qui est le coupable de cette situation ? L'aïeul mécréant vaincu lors d’une « jihad », ou est ce l'aïeul du maître, du descendant du maître, du maître sous la bienveillance desquels ont grandi la descendance de l'aïeul mécréant ?

Le descendant du « mécréant » prie aujourd’hui, invoque Alah, jure avec conviction de son unicité, trime, construit le patrimoine d’autrui et reste dans la précarité et l’ignorance absolu sous la bienveillance de maîtres instruits, nantis et musulmans. ALAHOU YAGHLAM.
Je fais allusion à la « jihad » pour être cohérent quand on parle de religion. Le gros des esclaves ou descendant et Dieu nous est témoin ne sont pas du fait de la « jihad ».
Il faut être au comble de l'hypocrisie pour le faire croire.
STOP A CETTE HYPOCRISIE. On n’appelle pas à la violence. On appelle à sortir de l'inertie et d'agir. Sit-in, Manifestation de masse, Interpellation d'un injuste, Désobéissance civile etc... Ce sont des actions.

Le premier acte non violent de Ghandi ne fut t'il pas de brûler son passe ?

Le premier acte non violent de Rosa Park ne fut t'il pas de refuser de céder sa place quand la loi la lui indiquait ?
Agir c'est sortir de cette MASLAHA qui tue en invoquant Dieu, qui se tait quand on tue, qui se constitue en bloc derrière une idéologie qui tue, qui refuse de signer une pétition qui dénonce l'impunité face à des crimes avérés.
Agir c’est se lever en masse et dénoncer, réclamer justice et vérité, refuser le fait établi de la fin de non recevoir.

Deyloule, seules ces actions feront que la violence réciproque et qui mènerait à l’éclatement soit évitée.

Deyloule, l'action n'est pas forcément violente. Biram l'a démontré, la réponse a été la violence.

Deyloule, l'action n'est pas forcément violente. Touche Pas A Ma Nationalité l'a démontré, la réponse a été la violence.
D’autres avant eux en ce pays ont agit non violemment et la seule réponse a été la VIOLENCE.


NOTRE SYSTÈME EST PIRE QUE L'APARTHEID, PIRE QUE LA SÉGRÉGATION RACIALE AUX ÉTATS-UNIS, LESQUELS ÉTAIENT INSTITUTIONALISES. ILS AVAIENT LE "MÉRITE" D’ÊTRE CLAIR ET SANS ÉQUIVOQUE ET DONC PLUS FACILE A CONDAMNER ET A COMBATTRE.

LE NOTRE NE l’EST PAS MAIS S’EXERCE DE FACTO. IL EST HYPOCRITE. ET C’EST DE CETTE HYPOCRISIE DONT IL FAUT SORTIR. NOUS N’EN SORTIRONS QUE PAR L’ACTION.

Djibril BA

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