France : tensions près de Paris après des soupçons de viol à la matraque Posté le 07/02/2017 - Par Aulnay-sous-Bois - (©AFP / 07 février 2017 19h41) France politique

France : tensions près de Paris après des soupçons de viol à la matraque

Aulnay-sous-Bois - Le chef de l'État français s'est rendu mardi en banlieue parisienne au chevet d'un jeune homme victime de graves violences policières, une affaire qui a suscité une vive émotion et entraîné trois nuits de protestations marquées par des incidents dans sa ville.

François Hollande a passé une demi-heure avec Théo, 22 ans, et sa famille à l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois (nord de Paris) où est soigné le jeune homme grièvement blessé par une matraque au niveau de la zone rectale lors de son interpellation jeudi dernier.
Il a loué la réaction "digne et responsable" de ce jeune homme noir "connu pour son comportement exemplaire".
Théo a, lui, exhorté les jeunes à ne "pas faire la guerre" et à "rester unis", disant avoir "confiance en la justice".
Aulnay-sous-Bois a connu trois nuits consécutives de violences. Vingt-six personnes y ont été interpellées lundi soir, selon des sources policières. Entre cinq et dix véhicules ont été incendiés, des véhicules de police et de secours endommagés.
Les policiers déployés "se sont trouvés acculés et ont dû faire usage de leur arme mais en tirant en l'air", a-ton indiqué de source policière.
Théo accuse un des policiers de l'avoir sodomisé avec sa matraque. Le policier incriminé a été inculpé pour viol et trois de ses collègues pour violences volontaires en réunion. Les quatre fonctionnaires ont été suspendus de leur fonctions.
Ces "émeutes" ont été dénoncées mardi par la candidate à la présidentielle du parti d'extrême droite Front National, Marine Le Pen. Un terme récusé par le maire de droite d'Aulnay-sous-Bois Bruno Beschizza. "Pour le moment, il s'agit de troubles à l'ordre public", a dit cet ancien policier, en demandant au gouvernement d'envoyer un "signal fort" aux habitants pour leur dire que "l'État est derrière eux, et non contre eux".
"La justice (...) est garante des libertés et les citoyens doivent comprendre que c'est le juge qui les protège", a réagi le président Hollande, en insistant sur ce rôle protecteur pour les citoyens "y compris" lorsqu'un "agent des forces de l'ordre" est impliqué.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a plaidé de son côté pour "la plus grande fermeté" contre les forces de l'ordre qui se rendraient coupables de "manquements graves. (...) Je sais à quel point les policiers et les gendarmes sont exposés dans la lutte antiterroriste et aux violences, mais ils doivent être à chaque instant absolument exemplaires", a-t-il dit.
Plusieurs centaines de personnes ont participé lundi à une marche de soutien au jeune homme à Aulnay-sous-Bois.
(©AFP / 07 février 2017 19h41)





