Devant ce qu’ils appellent les dérives du pouvoir : Ely Ould Mohamed Vall et Ould Haidalla tirent la sonnette d’alarme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant ce qu’ils appellent les dérives du pouvoir : Ely Ould Mohamed Vall et Ould Haidalla tirent la sonnette d’alarme

 

 

 

23 February, 2017 - 01:41

Les anciens chefs d’Etat Mohamed Khouna Ould Haidalla (1980-1984) et Ely Ould Mohamed Vall (2005-2007) viennent de publier coup sur coup  deux communiqués dans lesquels ils attirent l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur les dérives du pouvoir actuel, tout en le mettant en garde contre les dangers qu’il fait courir au pays par son entêtement. Les deux présidents, pour qui les amendements constitutionnels que le régime s’apprête à faire passer ne sont pas une priorité, en appellent aux parlementaires pour ne pas cautionner une mascarade. Voici leurs communiqués.

Mohamed Khouna Ould Haidalla :

Au moment où le Parlement s’apprête à débattre des réformes de la constitution prônées par le dernier dialogue, je tiens à m’adresser à vous, mes chers compatriotes, car je trouve que les propositions d’amendements ne sont pas prioritaires par rapport à la situation préoccupante que vit notre pays.

Déjà  au moment où l’actuel Président s’apprêtait à commencer son deuxième mandat, je lui ai adressé une lettre personnelle comme contribution à la réflexion visant à aller de l’avant pour régler certaines questions d’intérêt national.

Dans cette lettre, je lui disais qu’il avait certes fait beaucoup de réalisations positives dans les domaines des infrastructures routières, de l’eau, de l’électricité, de l’agriculture et de l’équipement de l’Armée nationale. Cependant, je lui ai signalé l’existence de trois points noirs dans son bilan sur lesquels il devrait concentrer ses efforts dans le futur.

  1. Comme son premier mandant a été marqué par des tensions politiques et sociales persistantes, il est nécessaire de tout faire pour les apaiser devant son second mandat.
  2. Dans un pays comme la Mauritanie où la majorité des familles n’ont pas de revenu suffisant pour subvenir à leurs besoins essentiels et où les prix ne cessent d’augmenter, il est indispensable, à mon avis, de subventionner certains produits de première nécessité : les boutiques Emel ne représentent pas à cet égard une alternative crédible.
  3. Depuis 2009, chacun a remarqué que tous les problèmes des citoyens sont posés au quotidien devant le siège de la Présidence de la République. Cela prouve que l’Administration aussi bien territoriale que centrale a démissionné. Il est donc claire que l’on doit secouer et responsabiliser cette administration pour lui permettre de jouer son rôle.

Trois ans après cette lettre, je constate malheureusement que les tensions politiques et sociales sont plus vives, le quotidien de la majorité de citoyens devient de plus en plus difficile et que l’administration ne joue pratiquement plus son rôle.

Je suis donc dans l’obligation de croire que la sincérité de ma lettre a été très mal interprétée par le Président.

Compte tenu de ce constat, je tiens à m’adresser aux élus de notre Nation pour partager avec eux ma lecture de la situation actuelle du pays que je trouve plus préoccupante que les points autour desquels ils vont se réunir pour réviser la Constitution.

Je trouve, en effet, que depuis 8 ans, la pauvreté n’a cessé d’augmenter, la corruption a atteint tous les rouages de l’Etat, les injustices de multiplient au quotidien, l’insécurité intérieure a pris des proportions inquiétantes et les relations avec les pays voisins n’ont cessé de se détériorer.

Je pense donc que si cette situation persiste, elle risque de saper les fondements voire l’existence même de l’Etat.

A tous ceux qui font la même lecture que moi, je lance un appel pour leur demander d’écrire, à travers tous les médias disponibles, au Président de la République, pour attirer son attention sur la réalité inquiétante que vit le pays.

 

 Ely Ould Mohamed Vall :

‘Le régime au pouvoir vit dans une situation d'incertitude et de confusion, suite au rejet  cinglant infligé par le peuple mauritanien aux  amendements constitutionnels annoncés dans le discours de Nema. Au lieu de chercher un terrain d'entente  juridique et consensuelle qui mette fin à la crise politique envenimée et créée, au départ, par sa décision individuelle, de renverser le Président civil et démocratiquement élu, le régime a essayé, en vain, de  faire adopter ses amendements constitutionnels lors de son dialogue  unilatéral et boiteux. C'est ignorer que toute révision constitutionnelle ne saurait aboutir et être acceptée que lorsqu'elle se mène dans des circonstances normales et avec un consensus et une entente nationale, loin de toute tension et d'atmosphère conflictuelle dans lesquelles toute révision sera le reflet de la soumission aux caprices de la partie qui prend le pouvoir en otage.
Le régime essaye de jeter la poudre aux yeux dans sa fuite en avant, par ces amendements rejetés dans la forme et le contenu, et qui ne feront qu'empirer la situation. Il est inacceptable de changer de façon brutale et improvisée les plus importants symboles de la Nation, à l'image de notre drapeau qui a flotté des décennies durant au dessus des têtes des Mauritaniens et creusé, au fil du temps, sa propre place dans leurs esprits symbolisant ainsi leur sacrifice et leur gloire depuis  la création de l'Etat. Sous ce drapeau et pour sa défense, beaucoup de martyrs mauritaniens  ont payé de leur vie.

  Le drapeau n'est pas la bannière d'une période politique déterminée ou d'un régime particulier. C'est l'une des constantes  intouchables  sauf en cas de nécessité absolue  et avec un consensus total exprimé par référendum justifié  par des arguments rationnels et  organisé dans une transparence totale.
La seconde décision, non moins dangereuse, est  la tentative du régime de supprimer la haute chambre du parlement (le Sénat) sans aucune raison sauf l'incapacité du régime d'organiser des élections permettant le nouvellement pur et simple de cette chambre et sa mise en forme juridique et légale. Il est de notoriété que le Sénat s'est révolté contre les tentatives du régime visant à le domestiquer et à apprivoiser ses membres.
  En conclusion, je ne peux que demander aux membres du parlement d'assumer leur responsabilité dans cette conjoncture délicate de l'histoire de notre pays, et de se tenir  au côté de la Mauritanie, par le rejet des amendements  constitutionnels déjà proscrits par le peuple mauritanien  qui se réserve le droit inaliénable à les réexaminer et à les  révoquer s'ils sont adoptés dans cette circonstance extraordinaire.
J'exhorte nos honorables parlementaires d'être prudents face aux chantages du régime et ses tentatives de les influencer par tous les moyens dont il dispose, pour les pousser à manipuler la Constitution qui est le socle des valeurs et principes qui nous protègent et nous lient.

 

S'aligner sur  un régime  incohérent dans ses intentions  et nuisible a la quiétude, à la loi et au pluralisme sera une honte aussi bien dans l'histoire du pays que dans celle de l'Institution parlementaire.  Et toute personne ayant  participé à cette œuvre aura sa part de responsabilité historique quant aux répercussions  de cet acte sur l'avenir  du pays.

Par contre, si les honorables parlementaires s'opposent à ces amendements injustes, ils feront la fierté du pays et entreront dans l'histoire par sa grande porte.

 

© Le Calame 

 

 

 

 

 

 

Mauritanie : la suppression du Sénat discutée au Parlement

 

 

 

Nouakchott - Le Parlement mauritanien a entamé mercredi soir à Nouakchott une session extraordinaire consacrée essentiellement à une révision de la Constitution en vigueur depuis 1991, qui prévoit notamment la suppression du Sénat.

Outre la suppression du Sénat, deuxième chambre du Parlement actuel, et son remplacement par des Conseils régionaux, les amendements à la Loi fondamentale concernent le drapeau et l'hymne national, la suppression de la Haute Cour de Justice, du médiateur de la République et du Haut Conseil islamique.

Ces modifications avaient été arrêtées lors d'un dialogue en septembre et octobre 2016, entre d'un côté la majorité réunie autour du président Mohamed Ould Abdel Aziz, et de l'autre côté l'opposition dite modérée.

Le projet de révision de la Constitution devra être adopté séparément par l'Assemblée nationale et le Sénat à la majorité des deux tiers, avant d'être soumis à un référendum populaire ou à un congrès parlementaire, ont indiqué à l'AFP des constitutionnalistes.

En ouvrant la session, qui durera en principe un mois et examinera d'autres projets de loi, le président du Sénat Mohsen Ould Elhaj a souligné que l'ordre du jour comportait l'examen de textes "importants, se rapportant à tous les aspects de la vie nationale", sans évoquer de manière spécifique les amendements constitutionnels.

Le président de l'Assemblée nationale Mohamed Ould Boilil (bien Boilil) a de son côté invité les députés à voter le projet de modification de la Constitution, assurant que sa mise en oeuvre "aura des répercussions positives sur l'avenir de la démocratie dans le pays".

Dans un premier temps, les sénateurs avaient mal accueilli la proposition de supprimer leur chambre avant de se raviser après une série de rencontres avec le président Ould Abdel Aziz.

Des analystes politiques estiment cependant que l'unanimité "n'est pas garantie" au Parlement sur les amendements proposés.

Le projet de révision de la Constitution est dénoncé depuis plusieurs mois par une coalition d'une quinzaine de partis de l'opposition radicale réunis au sein du Forum national pour l'unité et la démocratie (FNDU), qui a appelé à des manifestations, dont une a rassemblé le 29 octobre des milliers de personnes à Nouakchott.

Lors d'une conférence de presse mercredi à Nouakchott, le président du FNDU Moussa Fall a réitéré "son rejet ferme et catégorique des amendements constitutionnels que le pouvoir s'entête à faire passer contre la volonté de l'écrasante majorité du peuple et de la classe politique".

M. Fall a mis en doute les assurances données par le chef de l'Etat, qui avait affirmé en octobre que la limitation des mandats présidentiels à deux resterait inchangée dans la future révision constitutionnelle.

"La limitation des mandats ne sera pas changée", avait déclaré Mohamed Ould Abdel Aziz à la clôture du dialogue, ajoutant qu'une "Constitution ne peut être changée pour des intérêts personnels".

En outre, "la limite d'âge du candidat à la présidentielle fixée à 75 ans sera maintenue pour contribuer notamment au renouvellement de la classe politique", avait dit le président, qui achèvera son second mandat de cinq ans en 2019.



(©AFP / 22 février 2017 22h51)
 
 

  • Nouakchott - (©AFP / 22 février 2017 22h51)
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  • 23/02/2017
  • Mauritanie Politique

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