Le Baobab s’est couché ! Bocar Daha KANE

 

 

 

 

 

 

 

Le Baobab s’est couché !

 

 

 

Maintenant que tu reposes en paix, je te dédie ces quelques mots qui naturellement restent insuffisants pour parler de toi, immense Samba Kane !
Ta mère dans son absolue douleur, assise dans sa demeure, a reçu la visite de l’imam du quartier. Ce dernier lui signifiant avoir appris par hasard ton rappel à Dieu, lui propose de venir prier pour toi à la maison. Alors des disciples débarquèrent et se mirent au travail. En contrepartie, tout ce qu’ils demandent à maman c’est de ne rien leur offrir, ni argent, ni nourriture. Ils le font juste « bisabi lilalhi » comme on dit chez nous. Peut être cela est anodin, en y adjoignant le vécu similaire de ta sœur à Bruxelles, on peut dire que la grâce divine n’est pas loin.
En parcourant la toile, on comprend que Samba Kane n’appartenait pas seulement à sa famille. Surpris ont été beaucoup de constater la dimension d’Elimane, mais rien d’étonnant pour les compagnons d’un jour ou de toujours de Moustapha. En effet, Batch, vivait pleinement et sans aucune entrave son rapport avec l’autre. Il est d’une franchise qui peut déconcerter car l’aiglon s’accommode peu, voire pas du tout avec « le maslaha ».

Individuellement on ne peut parler de Samba qu’à son échelle et avec le pan permis. Tel un livre, il avait confiait à chacun des chapitres d’aventures, d’histoires, les unes plus rocambolesque que les autres. 
Peu se targueront de « conter » -Batch ne se raconte pas- l’aventure sans ambiguïté de Samba kane (seydi Diallo). C’est toute une réflexion de comprendre à la fois Batch, Samba, Elimane, Kane, le parisien, le stéphanois, le nouakchottois, le jeune à Fimbo, le futanke, le fils de Daha Kane, le tanoume Samba Diom, le torodo, le mélomane, l’ami….j’en omet certainement car j’ai la certitude que des chapitres se trouvent ailleurs, puisqu’il avait toujours ses ailleurs, ses soupapes… 
Le clin d’œil à l’œuvre littéraire n’est pas innocent, en dehors d’avoir aimé l’auteur et d’avoir le même prénom et on dira le même nom que le héros, tout comme l’auteur par ailleurs, il a été durant toute sa vie en quête d’un sens, d’une harmonie dans ce monde incertain assez conflictuel. Je me souviens encore de notre dernier débat quand nos enfants jouaient innocemment aux abords de la fenêtre, tu m’interrogeais « Bouks, le penseur, que deviendront-ils, ces petits ? Ainsi on a brossé la politique, la sociologie, et que sais-je encore. Il habillait son argumentaire avec des formules dont lui seul en avait le secret et seuls les initiés pouvaient décoder. Dans la formulation d’une idée, samba pouvait lui donner un corps et un fond en y insérant à la fois Souleymane Faye, Amadou Hampaté, école, district, baobab… « lampefallemnt » parlant ! Ce soir là on a parlé du fou, de Samba Diallo, et de « la Grande Royale » (celle-là que tu appelais le baobab). Et avant d’aller se coucher, il me dit n’oublies pas « tu es là pour apprendre l’art de vaincre sans avoir raison »……..
Elimane, tel son arbre fétiche était immense de par son être et de par son vécu. C’était le baobab aux mille et une feuilles.
Je m’interroge encore : qui peut nous parler de cet homme multiple ????

Mes condoléances à la personne qui lui était très chère parmi ses compagnons de route, son premier ami, son premier frère, son premier complice. J’imagine encore la peine de ce plus que compagnon. Eh OUI !!!! Celui qui est apte à vous raconter SAMBA, c’est bien Amadou Kane. L’aventure humaine mais surtout fraternelle entre eux a commencé à Matam et s’est achevée en un vendredi saint de Ramadan, et comme par hasard « le jour » de la nuit du destin. Pour son frère, Samba Kane avait d’abord un grand respect, à cela s’ajout une profonde admiration, en plus d’un profond amour que la pudeur foutanké ne pouvait dévoiler, mais Moustapha se trahissait souvent en parlant aux autres du « grand » comme il l’appelait. Il va de soi qu’au-delà des liens de sang, une route en commun de Matam en passant par les « galères » de Paris jusqu’aux Yvelines ne peut qu’engendrer ces sentiments. Amadou et Samba c’est une histoire de frères, une histoire de complices, une histoire d’un grand et son jeune frère. Qui d’autres pour accompagner Samba jusqu’à sa dernière demeure ? Fort de sa réserve qui lui sied bien, triste à l’infini, le grand accompagna le dernier vol de l’aiglon. Sans doute dans l’avion, il se remémora de leur enfance aux blocs, de leur jeunesse à l’Ilot L….De ce jour où ils ont pris la voiture de papa sans permission, avec le fameux subterfuge de Samba quand tout a été découvert « cela ne peut pas être moi, puisque je ne sais pas conduire ». Où peut-être il s’est souvenu du jour où on décollait le papier peint aux Essarts, une journée de travail mais bien de rigolade, samba nous faisant voir avec beaucoup d’humour la vie de nos amis chiens et chats dans nos contrées. 
En soi, c’était aussi un rappel à chacun d’entre nous loin des terres, de ses moments d’insouciances au bled.
Tout comme un symbole, koda gallé était là aussi, au pays d’Elimane Moustapha Kane et de Samba Soulé Samba Diom. Aly Daha accompagna aussi ce dernier sommeil du guerrier « thiédo » comme il aimait se définir. C’est entouré de l’aîné et du benjamin qu’Elimane dort chez lui, terres de Mamoudou Soulé, d’Abdoul Soulé.

Puis-je vous parler de Elimane et sa sœur « Bébé », ces aventures de va-et-vient entre Paris et Bruxelles ? Sans doute l’une des pointures de Samba en physique et en caractère. Je vois encore le sourire d’Elimane suite à une réplique de bébé à laquelle il ne s’attendait pas. Relation particulière entre les deux, Batch et sa cadette. Imaginez un seul instant samba initié bébé au Jazz et cette dernière cherchant à faire adorer Wally Seck à son aîné. « wallahi ka sérre tane » finissait chaque phrase de l’un ou l’autre. Fin de discussion, les deux compères battaient le pavé à Paris ou à Bruxelles à la recherche d’un bon gigot ou d’un thiof. Comme les gaulois d'Asterix, entre les deux, cela se terminait toujours autour d’un banquet.
Comme un signe, ma dernière nuit avec toi, nous avons parlé des sœurs. Une par une tu me racontais leur courage, leur foi en la famille. Tu soulignais le courage et l’exemplarité de Seynabou malgré les embûches, tu louais la force tranquille de Marième, ainsi tu disais « mariam ko best rasta » elle est « casque bleu » comme toi, tu rappelais la générosité de N Deye et son « district » de papis, tu disais de Youmaisse mbodo tognama mais vu comment elle est auprès de maman ko Allah tane yobatama. La famille, la famille, tu y tenais.

Voulez-vous que je vous parle de samba et Souley , Samba et Cheikh, Samba et Diadié, Samba et son grand ami Vieux Bâ (pourtant le plus jeune des cousins ) ? Impossible ce sont des livres. Leur présence ininterrompue auprès de la famille affectée en dit long sur la relation particulière que chacun avait nouée avec Samba.

S’il a fait de sa famille des amis, il en a fait aussi de ses amis une famille. Quand il évoque ses amis, alors Samba est animé d’un sérieux , d’un grand sérieux de cathédral ! Jamais tu ne pouvais égaler « les racines du noyau » de ce baobab (entendez par là, l’amitié, mon grand était champion de la néosemie). Tu te crois plus débatteur qu’Athié ? Ecoutes, bouks, j’ai philosophé avec vieux ha l’aube a fami ? Doro a tapé ici les blancs comme c’est pas possible ? Bouks c’est vrai ka baobab, mais tu vois Alassane est 15 fois plus force tranquille que toi, my boy …J’en ai encore plein des phrases du genre.
Mes pensées à Doro Ball. Mon Dieu ! Doro et Samba ! Une route faite bien avant mes premiers pas. Samba ne s’arrêtait pas seulement à l’ami, il épousait aussi la famille. Quand il parlait de « Papy » et de « yaye » il parlait de ses grands-parents. Il était chez lui dans cette demeure à l’îlot L ainsi qu’au 6ème. Il a vu les petits enfants grandir 
Zou DiengYoussouf SallOumou Sy en sont témoins et des témoins.
Idem pour « Vieux », j’imagine qu’il s’est fait sa place chez ce dernier, tout comme il a donné une place à vieux à la socogim ps 223. Vieux mon frère, Ô ! Que je me souviens bien de cette fraternité, vous aviez le même look, et la même dégaine verbale. Tels deux vieux acteurs de western, ils débarquaient tard à l’heure ou tout un chacun est dans son sommeil profond, eux , commençaient de profondes discussions qui faisaient de nous somnambules des véritables profanes en culture G. Pas un jour je ne vois samba sans qu’il ne parle de son « vieux ».
Pourrais-je énumérer ces relations : Samba et gaz rare, Samba et Usmane Touré, Samba et Boud, Samba et l’aff, Samba et Oumar traoré, Samba et Oumar Athié, Samba et Alassane, Samba et monstre, samba et mamoudou sada, Samba et Sghair…..Samba chez les Guisset au Ksar, Samba à Bruxelles, Samba et le PSG, Samba et Mansour kane, Samba et Thiérno Bâ? Samba et Moustapha?…..
Mamoudou 
Diery Sy toubakam disait-il…même ses chaussettes ont un chiffon. Ensemble on a passé des bons moments à Massy Palaiseau, mais Mamoudou et samba en France c’est d’abord à Dijon, traversant toute la France avec « le tchillal ». Qui d’autre peut décoder hormis les compères? Mais avant la France, c’est à nouakchott entre îlot L et îlot B, où dois-je prendre comme repère les liens entres les mamans ???

Mon cher Samba, sais-tu que le hasard a fait qu’en venant à Paris, à Montparnasse j’ai pris le train de Rambouillet qui ne fait pas toutes les gares (celui-là que tu aimais bien) ? Sais-tu que j’ai accompagné Baba Sambel à la gare de l’Est (cette gare où tu m’as fait prendre le train pour aller à Nancy, ma première fois en France) ? Sais-tu qu’au retour de Bordeaux, mon train de départ était à Massy Palaiseau (là où on habitait ma première fois en France) ? Sais-tu que pour y aller j’ai dû prendre le RER C passant par Jouy en Josas, vaubeyon…(mon premier transport avec toi pour aller voir Amadou) ? Sais-tu qu’arrivé à Bordeaux, j’ai vu un ami sénégalais qui était présent la première fois que tu m’as rendu visite ?…Comme si je devait faire boucle.

Vois-tu Samba, j’ai tellement de choses à raconter que je n’ai pas parlé de Samba et Bocar. Je parle de toi aux autres et je te parle en même temps…..En même temps, vois-tu j’utilise le passée tout en parlant de toi au présent. 
 Ô mon Dieu, si je savais, j’aurai tout temps surveiller mon téléphone pour ne rater aucun de tes appels, ainsi tu ne l’aurais pas surnommé le sous marin. Mon grand, tu appréciais nos joutes, tu m’appelais « bosko » car je répondais à tout , en cela, tu faisais référence à la fameuse phrase connue des auditeurs de la radio Mauritanie de l’époque : A chaque question une réponse !

 

Lire la suite  >>>

 

Bocar Daha KANE 


  • Bocar Daha KANE Facabook Dimanche 9 juillet 2017
  • 2 Réactions
  • 09/07/2017
  • Nécrologie-Hommages

Les réactions

  • Avatar
    Mahamadou SY

    Le 10/07/2017 à 01:32:12

    Paix à son âme. Que le seigneur l'accueille parmi ses élus

  • Avatar
    Nouvelles O.D.H

    Le 12/07/2017 à 00:58:18

    Allahouma aamiin
     

Réagir


  • CAPTCHA

Espace Membre

Calendrier

« Août 2017 »
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031

Newsletter

  • En inscrivant votre e-mail, vous recevrez gratuitement les bulletins d'information de O.D.H Mauritanie



Twitter

RT @jeune_afrique: Des manifestations de l?opposition réprimées au #Togo, deux morts https://t.co/HNAlejM5zX
le 20/08/2017
RT @RFI: Etats-Unis: disparition du comédien noir et militant des droits civiques Dick Gregory à l'âge de 84 ans https://t.co/re1CRtRHYu ht?
le 20/08/2017
RT @RFI: Attaque au Burkina: une marche silencieuse pour dire «non à la barbarie» https://t.co/dkjhqBg3Le https://t.co/s6c4gi137U
le 20/08/2017
RT @anne_sinclair: À Boston, des militants d'extrême droite submergés par des milliers de manifestants anti-racistes https://t.co/HWgWJ3AyJt
le 20/08/2017
Grande manifestation anti-racisme à Boston, une semaine après Charlottesville https://t.co/AETdBagDeU https://t.co/rp1BMSyXK0
le 20/08/2017

Livre d'or

  • Dernier message :

  • Mes chers amis et amies dans l adversite et la desolation chers camarade de combats contre l injustice et la privation contre la maladie et l ignorence pensez vous que nous n avons pas assez criais et...

    par dajakSsee
  • Aller sur le livre d'or →

Rechercher sur le site

Visiteur en ligne

    • Nombre d'invité : 1

    Météo

    Lundi

    min. 14 °

    max. 24 °

    Couvert

    Mardi

    min. 17 °

    max. 29 °

    Partiellement nuageux

    Mercredi

    min. 14 °

    max. 28 °

    Ciel dégagé