Afrique du Sud : Ramaphosa succède à Zuma à la tête de l'ANC

 

 

 

 

 

Afrique du Sud : Ramaphosa succède à Zuma à la tête de l'ANC

 

 

Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa, prononce un discours à Johannesburg, le 13 novembre 2017 / © AFP/Archives / MUJAHID SAFODIEN

 

 

Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa a succédé lundi à la tête du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, au très contesté président Jacob Zuma, avec l'immense tâche de redorer le blason du parti d'ici aux élections de 2019.

Epilogue de plusieurs mois d'une campagne très âpre, M. Ramaphosa a été élu d'un souffle devant son unique rivale, l'ancienne patronne de l'Union africaine (UA) et ex-épouse de M. Zuma, Nkosazana Dlamini Zuma.


Selon les résultats proclamés par le parti, il a obtenu le soutien de 2.440 délégués du parti, contre 2.261 à son adversaire.

Ce succès fait de Cyril Ramaphosa, 65 ans, un ancien syndicaliste devenu richissime homme d'affaires, le favori pour succéder dans deux ans à M. Zuma à la tête de l'Afrique du Sud.

Annoncé dans un centre de conférences de Johannesburg surchauffé et sous haute tension, le verdict des urnes a été accueilli par de longues minutes d'acclamations des partisans de M. Ramaphosa, euphoriques.

"Sa victoire est bonne pour le pays", s'est réjoui Mzwandile Mkhwanazi, de la province du KwaZulu Natal. "Nous avons besoin d'un pays stable, d'un président capable de combattre la corruption, je crois qu'il est à la hauteur de la tâche".

"Le combat pour le renouvellement, l'unité et la reconstruction de notre ANC débute aujourd'hui", s'est réjoui sur Twitter le chef de la majorité parlementaire du parti, Jackson Thembu.

Très déçus, les soutiens de Mme Dlamini Zuma se sont réconfortés en constatant que la nouvelle direction du parti - le président et cinq autres membres - issue du scrutin de lundi était également partagée entre les deux camps.

- 'Equilibre' -

Allié de l'ex-épouse de M. Zuma, le Premier ministre de la province du Mpumalanga (nord), David Mabuza, a été élu vice-président du parti, un poste d'où il pourra surveiller de près l'action du nouveau président.

"La composition du top 6 est équilibrée", s'est félicité le ministre Jeff Radebe, "l'unité du parti est préservée".

La guerre de succession qui s'achève a révélé d'importantes fractures au sein de l'ANC. 

Soutenu par l'aile modérée du parti, très apprécié des marchés, le vice-président a fait campagne en dénonçant la corruption du clan Zuma. Il a aussi promis de relancer l'économie du pays, qui peine à sortir de la crise, et de créer des emplois pour faire reculer un taux de chômage au plus haut à plus de 27%.

Face à lui, Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, avait repris le discours de son ex-époux sur la nécessaire "transformation radicale de l'économie" au profit de la majorité noire. Un quart de siècle après la chute de l'apartheid, des millions de Sud-Africains continuent à vivre dans la pauvreté.

Ses adversaires la soupçonnaient d'être la "marionnette" de Jacob Zuma et de lui avoir promis l'immunité dans les nombreux scandales politico-financiers où il est accusé.

Dans ce climat de rivalité extrême, le nouveau président de l'ANC va d'abord devoir s'atteler à redresser le parti.

"Les résultats du vote ont été très serrés", a relevé pour l'AFP la professeure de sciences politiques Amanda Gouws, de l'université de Stellenbosch. "Les nouveaux dirigeants ont doivent reforger son unité et reconstruire son image".

- 'Majorité ténue' -

L'étoile de l'ANC a sérieusement pâli depuis sa victoire aux premières élections libres de l'histoire de l'Afrique du Sud en 1994 et l'arrivée au pouvoir de son icône Nelson Mandela.

Affaibli par la crise économique et les accusations de corruption qui visent Jacob Zuma, l'ANC a déjà subi un sérieux revers aux élections locales de 2016 en cédant à l'opposition le contrôle de villes de premier plan comme Johannesburg et Pretoria.

"Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement", a lui-même concédé samedi M. Zuma lors de son dernier discours de chef du parti, évoquant "la corruption, la criminalité et l'emploi".

Nombre d'analystes ont anticipé un éclatement du parti et lui prédisent déjà une défaite historique en 2019. 

Mais les résultats très serrés du scrutin de lundi laissent peu de marge de manoeuvre à Cyril Ramaphosa, a noté l'analyste Susan Booysen, de l'université du Witwatersrand à Johannesburg.

"Je ne vois pas comment il va pouvoir faire reculer la corruption au sein de l'Etat et agir contre des collègues qui ont fauté avec une majorité aussi ténue que ça", a-t-elle insisté, "ce n'est pas un scénario très favorable pour l'ANC en 2019".

Son élection "c'est trop peu et trop tard", a pronostiqué, gourmand, Mmusi Maimane, le chef du principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA).

La victoire de Cyril Ramaphosa a été accueillie favorablement par les marchés financiers, qui s'inquiètent depuis des mois des "incertitudes politiques" qui pèsent sur l'économie de la première puissance industrielle du continent africain.

Lundi soir, la devise sud-africaine, le rand, a progressé face au dollar pour atteindre son plus haut niveau depuis mars.



(©AFP / 18 décembre 2017 20h42) 

Afrique du Sud : Zuma quitte la tête de l'ANC en déplorant son déclin

 

 

 

Le président sud-africain Jacob Zuma a conclu samedi son règne très controversé de dix ans à la tête du Congrès national africain (ANC) en déplorant le déclin et les divisions du parti au pouvoir depuis 1994, qui s'apprête à choisir son successeur. / © AFP / WIKUS DE WET

 

 

Le président sud-africain Jacob Zuma a conclu samedi son règne très controversé de dix ans à la tête du Congrès national africain (ANC) en déplorant le déclin et les divisions du parti au pouvoir depuis 1994, qui s'apprête à choisir son successeur.

Devant des milliers de délégués réunis à Johannesburg, M. Zuma a admis, lors de son dernier discours de chef du parti, que la population n'était pas "satisfaite" de l'ANC, notamment "en termes de corruption, de criminalité et d'emploi".


"Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement", a-t-il ajouté, "notre peuple est frustré quand nous perdons du temps à nous quereller entre nous plutôt que de résoudre les défis quotidiens auxquels il est confronté".

Le chef de l'Etat a ouvert samedi par ce discours la conférence de son parti qui doit désigner son successeur.

Au terme de plusieurs mois d'une campagne très serrée qui a déchiré le parti, cette course se résume à un duel au couteau entre l'actuel vice-président Cyril Ramaphosa et l'ex-épouse du chef de l'Etat, Nkosazana Dlamini Zuma.

Le vainqueur - qui devrait être désigné dimanche - se retrouvera en bonne position pour devenir le prochain chef de l'Etat en 2019.

L'ANC domine la vie politique sud-africaine depuis la chute de l'apartheid et l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela à l'issue des premières élections libres de l'histoire du pays en 1994.

Mais il est aujourd'hui en sérieuse perte de vitesse, affaibli par une crise économique persistante caractérisée par un taux de chômage record de plus de 27% et les multiples accusations de corruption qui visent Jacob Zuma.

- 'Désastreux' -

La frustration de millions de Sud-Africains noirs - laissés pour compte de la nation "arc-en-ciel" - est telle que l'ANC pourrait perdre en 2019 sa majorité absolue.

Le parti a subi l'an dernier un revers électoral retentissant en perdant le contrôle de villes telles que Johannesburg et Pretoria.

A leur arrivée samedi au centre de conférences où se tient, jusqu'à mercredi, la réunion de l'ANC, les partisans de M. Ramaphosa ont exprimé sans retenue leur rancoeur contre le "clan" Zuma.

"Son héritage est désastreux", a déclaré à l'AFP Tefu Velaphi, 38 ans, un militant de la province du Gauteng (Johannesburg et Pretoria). "Il ne s'intéresse qu'à lui et à ses amis", a-t-il ajouté. "Lorsque Cyril sera élu, le pays va se remettre au travail".

A 65 ans, Cyril Ramaphosa, ancien syndicaliste reconverti en richissime homme d'affaires, est soutenu par l'aile modérée du parti et très apprécié des marchés. Pendant sa campagne, il a dénoncé la corruption d'un gouvernement dont il fait pourtant partie, lui ont rappelé ses critiques, depuis 2014.

Face à M. Ramaphosa, l'ancienne ministre et patronne de l'Union africaine (UA) Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, insiste sur la "transformation radicale de l'économie" au profit de la majorité noire, un thème très cher à Jacob Zuma.

"Elle peut unir notre organisation", a plaidé auprès de l'AFP Nojiyeza Mthokozisi, "elle peut relancer notre mouvement qui s'est fait spolier par le monopole des Blancs".

Les adversaires de Mme Dlamini Zuma l'accusent d'être une "marionnette" de son ex-époux et la soupçonnent de lui avoir promis l'immunité judiciaire.

- Fraudes -

Lors de son intervention rarement applaudie, M. Zuma, accusé dans de nombreux scandales, s'en est pris aux juges qui, a-t-il regretté, "érodent petit à petit l'autorité de l'ANC".

Les quelque 5.200 délégués réunis à Johannesburg devaient entamer samedi soir les opérations de vote par la proclamation des candidats, pour des résultats espérés dimanche.

A l'approche du vote, les rumeurs de corruption vont bon train. "C'est un secret de polichinelle que les votes peuvent être achetés", a expliqué à l'AFP Amanda Gows, professeur de sciences politiques à l'université de Stellenbosch.

Malgré les appels à l'unité lancés par les deux camps, leurs positions très éloignées laissent planer, selon de nombreux experts, un risque réel d'éclatement du parti.

Cette conférence de l'ANC marque la fin des deux quinquennats de Jacob Zuma à la tête du parti. Son issue risque aussi de peser sur la suite de son mandat de chef de l'Etat, qui s'achève en 2019.

Si Cyril Ramaphosa devient le nouveau dirigeant du parti et ses proches décrochent des postes-clés, "cela lui donnerait les voix nécessaires pour remplacer Zuma" avant la fin de son mandat présidentiel, avance Ben Payton, analyste chez Risk Consultants.



(©AFP / 16 décembre 2017 17h28) 

 

 


  • Prétoria - (©AFP / 18 décembre 2017 20h42)
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  • 18/12/2017
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