Sénégal : la rébellion de Casamance condamne le massacre

 

 

 

 

 

Sénégal : la rébellion de Casamance condamne le massacre

 

 

Enterrement d'une des victimes de l'attaque de Casamance à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, le 7 janvier 2018 / © AFP / SEYLLOU

 

 

La rébellion indépendantiste de Casamance a condamné le massacre de 13 personnes dans cette région forestière du sud du Sénégal, où le trafic de bois précieux pourrait être à l'origine de cet accès de violence, qui a entraîné un deuil de deux jours à partir de lundi.

Dans les environs de Ziguinchor, plus grande ville de cette province agricole et touristique, située entre la Gambie au nord et la Guinée-Bissau, l'armée recherchait toujours lundi soir les auteurs du massacre.


Dans la ville, où les drapeaux étaient en berne, les enterrements se succédaient. Devant une mosquée, des hommes priaient, alignés le long d'un cercueil où gisait le corps d'une des victimes, recouvert d'un drap blanc, avant de le porter en terre.

"Du bois de chauffe. C'est ça qu'il vendait", explique à l'AFP, dans la cour d'une maison, Mamadou Diallo, le fils d'une autre victime, montrant un tas de bois, vendu "à 200 francs (CFA, soit 0,30 euro)" l'unité.

Faute de travail en ville, son père était "obligé d'aller en brousse", même si "c'est dangereux", selon Mamadou Diallo. Mais, jusqu'ici, les "bandes armées" se contentaient de "prendre les vélos et les téléphones portables".

L'attaque s'est produite samedi dans la forêt de Borofaye, proche de Ziguinchor, lorsque des hommes venus chercher du bois ont été surpris par une bande armée. "Ils nous ont fait coucher à plat ventre et ont commencé à tirer", a raconté à l'AFP un rescapé, Ayib Ly.

Elle a causé la mort de treize hommes, "dont dix par balle, deux par arme blanche et un brûlé" et une demi-douzaine de blessés, selon les autorités. Trois des tués sont des ressortissants de la Guinée-Bissau voisine, a rapporté l'Agence de presse sénégalaise APS (officielle).

Dans un communiqué, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui lutte depuis 1982 pour l'indépendance, a condamné "fermement cet acte" et incité les autorités à "orienter leurs enquêtes" vers des responsables administratifs et militaires locaux "à la tête d'un vaste réseau de coupe clandestine et de vente illicite de bois de teck".

La rébellion lie plus précisément le massacre à un conflit entre des scieries locales, dont la "forte concurrence a fini par instaurer une atmosphère d'animosité entre les employés".

Saisies impressionnantes

"Cette tuerie est liée a l'exploitation du bois" et "n'a rien à voir avec le processus de paix", relancé en octobre, a assuré à l'AFP un spécialiste de la crise casamançaise ayant requis l'anonymat.

Après le départ en janvier 2017 du président gambien Yahya Jammeh, dont le pays était une plaque tournante du trafic de bois précieux, et le renforcement des contrôles, les exploitants clandestins se sont repliés plus au sud, près de la frontière avec la Guinée-Bissau, où la "pression est moins forte", selon cet observateur.

"Des fractions du MFDC se sont impliquées dans cette lutte contre l'exploitation forestière, de même que les populations. Ces fractions ont interdit la coupe de bois. Il y a une convergence entre l'Etat et le MFDC sur cette question", a-t-il dit.

Conflit entre exploitants clandestins rivaux, ou entre trafiquants et villageois protégeant les forêts ou participant au pillage des ressources? Dérapage d'éléments de la rébellion? Le porte-parole de l'armée, le colonel Abdou Ndiaye, interrogé par l'AFP, refuse de se prononcer tant que les auteurs "n'ont pas été appréhendés".

Mais il souligne que "l'économie du bois" concerne aussi bien des "villageois qui utilisent des charrettes" que des trafics "nécessitant des moyens importants", évoquant des "saisies impressionnantes".

Le teck, arbre tropical qui produit un bois précieux très recherché notamment pour la fabrication de ponts de bateaux et de meubles de jardin, pousse en Casamance, une des régions les plus boisées du Sénégal.

Sur le plan politique, le MFDC a réaffirmé son engagement au dialogue, assurant qu'il ne se laisserait "pas distraire ni désorienter par les fossoyeurs de la paix" .

"Nous allons descendre dans le maquis pour situer les responsabilités", a déclaré à une radio privée un responsable local de la rébellion, Oumar Ampaye Bodian, sans se prononcer sur l'éventuelle implication de membres de celle-ci.



(©AFP / 08 janvier 2018 21h02) 

 

 

"Ils nous ont dit de nous coucher et ont tiré" : des rescapés de Casamance racontent

 

 

 

Une personne hospitalisée, le 7 janvier 2018 à Ziguinchor, après une attaque qui a fait 13 morts dans une forêt de Casamance, région du sud du Sénégal en proie à une rébellion depuis 35 ans / © AFP / SEYLLOU

 

 

Couché sur un brancard, Ayib Ly se remet de ses blessures au pied et au dos dans un hôpital de Ziguinchor, chef-lieu de la Casamance, dans le sud du Sénégal. Il fait partie des rescapés de la tuerie qui a fait 13 morts et une demi-douzaine de blessés samedi dans une forêt des environs.

"Ils nous ont fait coucher à plat ventre et ont commencé à tirer", a raconté dimanche à l'AFP cet homme de 45 ans, marié à deux femmes et père de deux enfants.

"Trois tirs m'ont atteint au pied et au dos", dit-il à voix basse, torse nu et bandage à la tête.

"Nous étions partis chercher du bois de chauffe. Ils étaient une vingtaine, nous ont fait descendre de nos vélos, nous ont fait asseoir par terre puis enlever nos chaussures. Ca a duré de 07H00 (GMT et locales) à 13H00", ajoute t-il.

Amadou Diallo, un autre rescapé, affirme "avoir été arrêté vers 08H00" dans la même zone, où les hommes armés "détenaient déjà quatre personnes. J'en suis la cinquième. Vingt-et-une personnes ont été arrêtées et conduites plus loin dans la forêt". 

Il est blessé à la tête et à la hanche. 

"Ils m'ont d'abord pris mon téléphone portable et nous ont demandé de les suivre dans la forêt. Lors de la fusillade, quelqu'un qui était près de moi n'a pas été atteint par les balles. Nous nous sommes enfuis ensemble pour rejoindre la route", ajoute cet homme de 37 ans, commerçant, marié et père de quatre enfants.

- Blessés 'achevés

"Des personnes blessées cherchant à s'enfuir ont été achevées" par les assaillants, poursuit-il. "D'autres ont été sauvées par les sapeurs pompiers, alertés et venus pour les secours, poursuit-il.

"Je connais cinq personnes parmi les (13 morts). Je suis souvent allé dans la brousse. La recherche de bois de chauffe est mon gagne-pain. Je le fais à vélo et chaque chargement me rapporte entre 4.500 francs CFA et 5.000 francs CFA (entre 7 et 8 euros)", poursuit ce jeune homme, qui habite un quartier de Ziguinchor.

De son côté, Ibrahima Dafé, autre rescapé, affirme avoir reçu "deux balles dans le dos". "J'étais le premier à avoir été capturé, vers 06H00", dit-il.

Les assaillants étaient "en uniforme militaire, étaient (munis) de (chaussures militaires de type) rangers ou en plastique" et parlaient en langue locale, a-t-il remarqué.

Gémissements

Sur un autre brancard à l'entrée d'une salle de l'hôpital de Ziguinchor, un autre homme également nommé Amadou Diallo, bandages au cou et à la main gauche et au cou, est couché. Il gémit et se retourne sans cesse.

En visite aux blessés, le député-maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, a déclaré à l'AFP que les six blessés, sur sept lors de la fusillade, seraient acheminés dans un hôpital de Dakar pour y recevoir de meilleurs soins.

Selon le gouvernement sénégalais, l'attaque a "occasionné la mort de treize jeunes hommes, dont dix par balle, deux par arme blanche et un brûlé".

Le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a promis une traque "rude et sans répit" pour arrêter les responsables du massacre, survenu dans une région en proie à une rébellion depuis 35 ans mais qui avait connu une accalmie depuis plusieurs années.



(©AFP / 07 janvier 2018 18h39) 

 

Sénégal : Regain de violence en Casamance 13 jeunes tués dans une forêt

 

 

 

Des soldats Sénégalais, le 22 janvier 2017 à Barra / © AFP/Archives / Carl DE SOUZA

 

 

Après des années d'accalmie, la Casamance, région du sud du Sénégal où est active un rébellion depuis 35 ans, a connu samedi un regain de violence inattendu lorsque 13 jeunes qui coupaient du bois ont été tués sans sommation par une bande armée.

"L'attaque a également fait sept blessés et un jeune a réussi à s'échapper", a indiqué à l'AFP le colonel Abdou Ndiaye, porte-parole de l'armée sénégalaise.

Elle s'est produite dans l'après-midi dans une forêt proche de la frontière avec la Guinée-Bissau, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, Ziguinchor, région agricole et touristique séparée du reste du Sénégal par la Gambie. 

"Ils étaient sortis chercher du bois quand ils sont tombés sur une bande armée d'une quinzaine d'individus, qui ont directement fait feu", a précisé le colonel Abdou Ndiaye. L'armée sénégalaise a déployé une compagnie de quelque 150 parachutistes munis de véhicules pour évacuer les victimes et "traquer" les auteurs de l'attaque.

Les corps sans vie ont été transportés à la morgue de l'hôpital régional de Ziguinchor, où ont également été acheminés les blessés et ou de nombreuses familles se sont réunies, selon l'Agence de presse sénégalaise APS (officielle).

"Ils auraient dépassé la zone tampon séparant les positions de l'armée sénégalaise de celles des combattants du MFDC(Mouvement des forces démocratiques de Casamance), la rébellion indépendantiste armée", a expliqué l'APS, sans citer de source.

Pas de signes avant-coureurs

"Il est trop tôt pour dire si les assaillants font partie du MFDC, l'enquête le dira", a expliqué le colonel Ndiaye, alors que la rébellion est divisée en plusieurs factions.

Cette attaque survient au lendemain de la libération de deux combattants du MFDC, libérés par l'armée à la suite d’une médiation lancée par la communauté de Sant'Egidio de Rome entre l'Etat du Sénégal et les combattants du MFDC.

La rébellion pour l'indépendance de la Casamance, qui dure depuis décembre 1982, a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l'économie de la région et poussé de nombreux habitants à fuir. 

Une accalmie perdure sur le terrain depuis plusieurs années alors que les tractations de paix se sont multipliées depuis l'arrivée au pouvoir du président Macky Sall, en 2012.

"Il n'y avait pas de tensions ces derniers temps, pas de signes avant-coureurs", a assuré samedi le porte-parole de l'armée.

Consolider la paix

Dans ses voeux de fin d'année dimanche, le chef de l'Etat sénégalais avait lancé un appel aux rebelles pour la poursuite des pourparlers en vue d'"une paix définitive".

"Consolidons la paix, car nos progrès sont déjà substantiels, par le dialogue confiant que nous avons poursuivi toutes ces années avec le soutien constant des facilitateurs, que je salue et apprécie", avait-il ajouté.

"Consolidons la paix pour que les mesures d'accompagnement déjà initiées par le gouvernement soit confortées et produisent leurs pleins effets. Faisons le pas décisif vers la paix définitive, une paix sans vainqueur ni vaincu", a poursuivi le dirigeant sénégalais.

Le gouvernement sénégalais a mis en oeuvre un programme de reconstruction de la Casamance avec plusieurs projets dans l'agriculture, les infrastructures, le tourisme et l'éducation.

Les pourparlers pour la paix en Casamance entre le gouvernement sénégalais et le MFDC se poursuivent. Des discussions entre les deux parties se sont tenues en octobre à Rome sous l'égide de Sant'Egidio, médiatrice dans le conflit.

Toujours discrète, la communauté catholique a joué un rôle clé pour négocier un accord de paix au Mozambique. Elle est aussi impliquée dans des médiations en Centrafrique, au Soudan du Sud et en Libye.




(©AFP / 06 janvier 2018 22h37)

 
 
 

  • Casamance - (©AFP / 07 janvier 2018 18h39)
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  • 08/01/2018
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