Cuba : Miguel Diaz-Canel adoubé pour succéder à Raul Castro

 

 

 

 

 

Cuba : Miguel Diaz-Canel adoubé pour succéder à Raul Castro

 

 

/ © AFP/Archives / JORGE BELTRAN

 

 

Le numéro deux de l'exécutif cubain Miguel Diaz-Canel a été désigné mercredi unique candidat pour succéder au président Raul Castro, dont le départ mettra fin jeudi à six décennies de pouvoir exclusif des frères Castro.

"Au nom de la Commission nationale de candidatures, j'ai la responsabilité et l'honneur de vous proposer comme président du Conseil d'Etat et des ministres de la République de Cuba le camarade Miguel Mario Diaz-Canel Bermudez", a déclaré devant l'Assemblée Gisela Duarte, la présidente de cette Commission.


Sa nomination officielle aux plus hautes fonctions et celle des 31 membres du Conseil d'Etat doivent être confirmées à 9H00 (13H00 GMT) jeudi, jour du 57e anniversaire de la victoire de la baie des Cochons face à des troupes anticastristes soutenues par Washington en 1961.

Ces nominations ont été soumises mercredi au vote des députés. Mais l'issue du scrutin ne fait aucun doute puisque ces derniers n'ont pas pour tradition de contester les propositions de la Commission de candidatures. 

Mercredi, le président et son successeur sont apparus tout sourire à l'ouverture de la session inaugurale de l'Assemblée issue des législatives de mars. Raul Castro a donné une franche accolade à son dauphin au moment de l'annonce de sa candidature, sous l'ovation des députés.

Depuis la révolution de 1959, Cuba n'a connu qu'une seule véritable transition à sa tête, en 2006, quand Fidel Castro, en proie à la maladie, a passé le témoin à son frère cadet après plus de 40 ans d'un pouvoir sans partage.

Une fois au pouvoir, Raul Castro a engagé une série de réformes autrefois impensables comme l'ouverture de l'économie au petit entrepreneuriat privé et a surtout orchestré un rapprochement spectaculaire avec les Etats-Unis, l'ennemi de la Guerre froide. 

En 2015, les deux pays ont renoué leurs relations diplomatiques et l'année suivante le président américain Barack Obama a effectué une visite historique sur l'île. Mais depuis l'arrivée à la Maison blanche du républicain Donald Trump, la normalisation a subi un sérieux coup de frein.

Fidel s'est éteint fin 2016 et c'est au tour de Raul, 86 ans, de céder sa place, cette fois à un représentant de la nouvelle génération.

Numéro deux du régime depuis 2013, Miguel Diaz-Canel est un homme du système qui a été préparé à assumer les plus hautes fonctions. Il représente régulièrement son gouvernement à l'étranger et ses apparitions dans les médias sont de plus en plus fréquentes.

Avocat du développement d'internet sur l'île, il a su se donner une image de modernité tout en demeurant économe en déclarations. Mais il sait aussi se montrer intransigeant vis-à-vis de la dissidence ou de diplomates trop enclins à critiquer le régime.

Une fois sa nomination confirmée, cet ingénieur en électronique né après la révolution devra asseoir son autorité et poursuivre l'indispensable "actualisation" du modèle économique cubain esquissée par le cadet des Castro. 

De lourdes charges pour un homme au profil plutôt discret qui a gravi dans l'ombre les échelons du pouvoir.

- Continuité et renouvellement -

Pour la première fois depuis des décennies, le président n'aura pas vécu la révolution de 1959, ne portera pas l'uniforme vert olive et ne dirigera pas le Parti communiste cubain (PCC).

Mais il pourra combler ce manque de légitimité grâce à Raul Castro, qui demeurera à la tête du puissant parti unique jusqu'en 2021. A ce poste, il devra mobiliser la vieille garde des "historiques", perçus pour la plupart comme rétifs aux réformes les plus ambitieuses.

M. Diaz Canel pourra aussi compter sur le soutien de son futur numéro deux, Salvador Valdes Mesa. Ce syndicaliste et cadre de haut rang du parti âgé de 72 ans a été proposé pour assumer le poste de premier vice-président, qu'occupe actuellement l'héritier de Raul Castro. Il sera ainsi le premier afro-cubain à occuper de telles fonctions depuis la révolution.

"Cette transition n'est pas improvisée, elle est très bien étudiée et se fonde sur l'expérience jugée réussie (de la passation) entre Fidel et Raul", souligne l'expert cubain Arturo Lopez-Levy, professeur à l'Université du Texas Rio Grande Valley. 

Raul sera dans ce processus "un stabilisateur, un atténuateur de frictions potentielles entre les figures dirigeantes", poursuit-il.

Signe que cette transition a été placée sous le signe de la continuité, le président de l'Assemblée Esteban Lazo, 72 ans, a été confirmé dans ses fonctions.

En revanche, deux militaires "historiques", Ramon Machado Ventura (87 ans) et Alvaro Lopez Miera (76 ans), vont quitter le Conseil d'Etat. D'autres anciens comme Ramiro Valdes (85 ans), Guillermo Garcia (90 ans) et Leopoldo Cinta Frias (76 ans) seront en revanche maintenus au sein de l'organe exécutif suprême, qui comptera au total 13 nouveaux membres sur 31.

M. Diaz-Canel n'a jamais présenté de programme, mais il devra tenir compte des "lignes directrices" votées par le parti unique et le Parlement, qui dessinent les orientations politiques et économiques à suivre d'ici à 2030.

De l'avis des observateurs, le futur président sera surtout attendu sur le terrain économique et sur son aptitude à procéder aux réformes nécessaires pour redresser une économie stagnante (hausse du PIB de 1,6% en 2017) et fortement dépendante des importations et de l'aide de son allié vénézuélien aujourd'hui affaibli.



(©AFP / 18 avril 2018 23h20) 

Cuba : Miguel Diaz-Canel, l'homme du système qui succèdera aux Castro

 

 

Miguel Diaz-Canel, le nouvel homme fort de Cuba, le 11 mars 2018 à Santa Clara / © POOL/AFP / Alejandro Ernesto

 

 

Apparatchik modèle de 57 ans, Miguel Diaz-Canel Bermudez a gravi discrètement les échelons du pouvoir cubain jusqu'à devenir mercredi le seul candidat pour succéder au président sortant Raul Castro.


Sa nomination officielle comme président du Conseil d'Etat et de l'île doit être confirmée jeudi matin après le vote des députés.


Né après la révolution, ce civil aux che veux poivre et sel et au regard perçant aura la lourde tâche de fédérer autour de sa personne, de consolider les acquis de la révolution et de poursuivre la transformation économique esquissée par Raul Castro.

Depuis qu'il a été désigné numéro deux de l'exécutif en 2013, l'homme qu'on dit abordable, quoique peu souriant et au talent d'orateur relatif, a pris de plus en plus d'espace dans les médias d'Etat et représente fréquemment Raul Castro lors de missions à Cuba et à l'étranger. 

"Ce n'est ni un parvenu ni un intrus", dit de lui le président sortant, vantant ses trois décennies de loyaux services et sa "solide fermeté idéologique".

Dans les arcanes du pouvoir cubain, sa qualité de "civil" et son goût pour les jeans et les tablettes numériques détonnent. Il a su se donner une image moderne en se faisant l'avocat d'une ouverture accrue de l'île à internet et d'une presse plus critique.

Derrière cette représentation, il s'est appliqué cependant à éviter toute polémique, n'accordant pas d'interviews et ne s'exprimant que lors d'activités publiques ou dans l'anonymat de réunions à huis clos.

Ses partisans assurent qu'il "sait écouter" et insistent sur sa simplicité.

Il sait toutefois aussi se montrer inflexible, comme l'a illustré l'année dernière une vidéo fuitée par la dissidence. Dans ce document, il prône devant des cadres du parti l'intransigeance contre les portails internet d'information indépendants, une poignée d'ambassades et bien sûr l'opposition, illégale à Cuba.

- Parcours exemplaire -

Professeur d'université au début de sa carrière, cet ingénieur en électronique est rapidement devenu un cadre du tout puissant Parti communiste cubain (PCC).

En 1994, il est nommé premier secrétaire du PCC dans sa province, alors frappée comme le reste du pays par la crise causée par la coupure des subsides vitaux de Moscou.

En 2003, alors en poste dans la province stratégique de Holguin (est), riche en matières premières, il fait son entrée parmi les quinze membres du bureau politique du parti, une fonction indispensable à tout aspirant au pouvoir.

D'autres dirigeants de sa génération, tels que l'ex-vice-président Carlos Lage ou les anciens ministres Roberto Robaina et Felipe Perez Roque, ont eu des carrières plus fulgurantes jusqu'à faire figure de dauphins potentiels avant lui, mais l'imprudence les a conduits à la disgrâce.

En mai 2009, Raul Castro, qui a hérité trois ans plus tôt du pouvoir de son frère Fidel malade, le convoque à La Havane pour lui confier le ministère de l'Education supérieure, puis en mars 2012 il accède à l'une des huit vice-présidences du Conseil des ministres.

Ne manquait alors que sa présence au sein du Conseil d'Etat, où il entre spectaculairement en 2013, accédant directement au poste de premier vice-président, soit numéro deux de facto du régime, reléguant au rang de simple vice-président son prédécesseur, le vieux compagnon de route des Castro José Ramon Machado Ventura, 87 ans.

- Une aura à forger -

"C'est le plus jeune parmi les hauts dirigeants, il a de longues années d'expérience, il a été le dirigeant du parti dans deux provinces (...) et il a été intégré de manière cohérente dans la vie publique", vante le politologue cubain Esteban Morales.

Mais à la présidence du Conseil, M. Diaz-Canel deviendra de fait chef des armées, et devra composer avec la vieille garde des commandants "historiques", dont plusieurs pourraient encore occuper de hautes fonctions au sein du PCC et du gouvernement. 

Une tâche qui s'annonce ardue pour un homme dont l'expérience militaire se résume à un service de trois ans dans une unité de missiles anti-aériens entre 1982 et 1985.

"Il existe à Cuba une tradition d'hommes forts à la tête de l'Etat", souligne l'expert cubain Arturo Lopez-Levy, professeur à l'Université du Texas Rio Grande Valley.

Or "le profil de Miguel Diaz-Canel apparaît comme plus faible. (...) Il n'a pas de pouvoir au-delà de celui qui lui a été donné", ajoute l'universitaire, soulignant aussi son silence sur les thèmes "décisifs pour le pays" tels que l'économie ou la diplomatie.

Raul Castro pourra l'accompagner en gardant les fonctions de secrétaire général du parti unique, qu'il ne devrait abandonner qu'en 2021.

"Raul a l'expérience, le leadership, et la reconnaissance pour conseiller le gouvernement et donner une cohérence au travail politique du parti en fonction des changements à mener", note M. Morales.

Père de deux fils issus d'un premier mariage, M. Diaz-Canel est remarié à Lis Cuesta, universitaire spécialiste de la culture cubaine.




(©AFP / 18 avril 2018 18h46)

 
 

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