Kadiata Malick DIALLO, candidate UFP aux législatives à MOZAIKRIM

 

 

 

 

 

 

 

Kadiata Malick DIALLO, candidate UFP aux législatives à MOZAIKRIM   

 

 

 

Les quelques rares fois quand j'ai suivi un débat à l'assemblée nationale mauritanienne, datent de la période de députation de Kadiata Malick Diallo. Synthèse, intelligence et mesure étaient au rendez-vous lors de chacune de ses questions à un ministre. Pour celles et ceux qui avaient suivi le scandale des contrats léonins que l'état avait signé avec la société chinoise de pêche Poly Hong Dong, le visage de la résistance portait les traits de la députée UFP d'alors. Six ans plus tard, et après un intermède dû au boycott des dernières législatives (dont on se pose encore la question de l'utilité), Madame Diallo se représente pour participer à la protection des intérêts du peuple mauritanien, avec la volonté, l'assiduité et l'intégrité dont elle a toujours fait preuve dans le passé. Discussion à bâtons sur son parcours, et l'actualité électorale.

 

 

 

Kadiata Malick Diallo. Crédit : Mozaikrim / MLK

 

 

 

Candidate sur la liste nationale des femmes de son parti, Kadiata Malick Diallo repart à l'assaut d'un siège à l'assemblée nationale. Pour le plus grand bien du peuple. « Vous en connaissez beaucoup de députés qui font suer les ministres sur chaque question; littéralement ? Elle y arrivait par ses interventions à l'assemblée. Et du coup, j'ai compris les enjeux de plusieurs questions de gouvernance grâce à ses interventions, celles-ci étant synthétiques claires et précises »explique un jeune nouveau militant de l'UFP.

 

Engagée tôt dans l'activisme politique, Kadiata Malick Diallo fait partie des manifestants contre la circulaire 02 en 1979, qui marquait le début de l'idéologie d'arabisation progressive du pays. Elle est inscrite alors dans une mouvance proche du MND. Elle est alors élève de Terminale D. les conditions tragiques dans lesquelles les manifestations se déroulent, forgent son engagement mais par le prisme de l'unité, pour son pays.

 

Le bac obtenu, sans personne pour l'aider à obtenir une bourse, son désir d'apprendre la pharmacie est limitée. « A l'époque déjà, comme aujourd'hui, il fallait un bras long pour appuyer une candidature » souffle-t-elle. Elle est finalement orientée à l'école nationale supérieure (ENS), dont elle sort en 1983 major de sa promotion. Durant sa période de formation, elle apprend à être formatrice de formateur, pour l'alphabétisation en pulaar, pour le compte de la puissante Association pour le Renouveau du Pulaar (ARP), qui tenait des activités jusqu'à Akjoujt et Atar.

 

Le CAPES en poche, et au vu de sa position de première, une bourse automatique aurait dû lui être accordée pour un 3ème cycle. « Mais je crois que ma nature de révoltée visible permanente, et de révolutionnaire m'a fait être blacklistée dans certains ministères » suppose-t-elle. Elle est alors affectée au 1er cycle du lycée d'El Mina, avant d'être mutée au lycée des jeunes filles pour tout le restant de sa carrière d'enseignante.

 

 

La fournaise des « évènements »

 

 

Les massacres et les terribles injustices de 89 l'y trouvent. A cette période, son avancement stagne, tandis que six autres sortis de sa promotion dont elle était la major, soit ont obtenu des bourses pour un 3ème cycle, soit ont gravi plusieurs échelons dans l'administration. « J'ai compris à ce moment que mon engagement politique sincère allait me coûter cher ; on m'a sciemment bloquée. J'ai postulé plusieurs fois pour l'inspection générale mais je n'ai jamais été choisie malgré mon expérience et mes compétences démontrées et reconnues qui parlaient pour moi » dit-elle.

A ce moment dans le MND, la structure politique mesure ses limites dans un contexte de confrontation potentielle ethnique. « Nous avons malgré tout tenté de créer une organisation où les noirs devaient considérer avec d'autres, comment organiser leur auto-défense. Nos camarades maures constituaient les groupes de sécurité. Le président Mohamed Ould Maouloud, et notre fédéral à Nouakchott, Mohamed Ould Sidi Ahmed, étant ceux parmi nous qui étaient les seuls véhiculés; ils ont participé à la constitution des groupes de défense, et de veille. Tellement de familles ont été épargnées grâce entre autres à ces 2 hommes. J'ai vu ces deux hommes se battre contre des groupes qui attaquaient des familles noires mauritaniennes, face aux milices de Taya et Cimper » témoigne émue la dame.

 

Les grandes répressions qui suivent, entre 90 et 91, amènent un groupe de femmes victimes et/ou veuves, à s'organiser. La peur de pleurer et de parler dominait encore. C'est ainsi que ce collectif des veuves a été créé pour réclamer des comptes aux Autorités. A sa suite, le comité féminin de solidarité est créé également. « Ce comité est exclusivement féminin car dans le contexte d'alors, les hommes étaient facilement emprisonnés ou tués » rappelle la sortante de l'ENS.

 

La « démocratisation » de la vie politique mauritanienne et les rivalités aux seins de l'UFD, scindent ce dernier en deux entités en 1998 : l'UFP et l'UFDA de Mokhtar Daddah (qui deviendra un peu plus tard le RFD – ndlr).Kadiata Diallo est dans la direction du parti UFP depuis, et sera député entre 2006 et 2013. « Le parti était divisé sur le boycott ou non des élections en 2013. Je faisais partie de la tendance contre le boycott, mais comme d'autres, je me suis soumise à la décision votée du parti » affirme-t-elle.

 

 

 

 

Kadiata Malick Diallo. Crédit : Mozaikrim / MLK

 

 

 

La perspective sur l'actualité mauritanienne

 

 

 

Les indices économiques ? « Les rapports chiffrés des uns et des autres sortis d'on ne sait où, mais bien mieux encore sont les observations multiples, concordantes et convergentes, sur le terrain » estime Kadiata Malick Diallo. « La lutte contre la pauvreté, un des objectifs majeurs du millénaire pour le développement, est un échec total ; de ce point de vue, le chiffre le plus crédible sur cette réalité est celui de 89% de la population mauritanienne en situation de pauvreté » dit-elle. Fréquentant régulièrement les populations urbaines comme rurales, la marge matérielle entre celles-ci et les fonctionnaires, s'estompe. « La classe moyenne mauritanienne, composée notamment des fonctionnaires, souffre beaucoup aujourd'hui. Auncun d'entre eux ne peut vivre et faire vivre dignement sa famille dignement de son revenu. Donc ce chiffre de 89% de l'université d'Oxford est crédible » continue la cadre de l'UFP.

 

La classe politique mauritanienne ? « Celle-ci est extrêmement fragile, car elle repose essentiellement sur des individus. La plupart des acteurs politiques ne s'identifient pas à une idéologie, des programmes, mais se prévalent quasi-exclusivement de titres d'individus politiques ! Forcément on ne peut pas aller bien loin avec un tel opportunisme » remarque l'ancienne députée. D'ailleurs, l'éclatement des partis pour ces élections de septembre qui s'annoncent en sont la preuve à ses yeux : « le déficit de démocratie dans les partis eux-mêmes est l'une des raisons de cet éclatement, car en réalité la politique ne représente à leurs yeux qu'un moyen « d'arriver ». Imaginez : 102 partis ont déposé leurs candidatures pour un fichier électoral de moins de un million cinq cents milles personnes. Mais naturellement une sélection et un tri éventuellement qualitatif se fera. Le paysage politique sera plus cohérent après ce chaos contextuel » expose longuement l'ancienne institutrice.

 

Le racisme d'état ? « Le racisme d'état est aujourd'hui à visage découvert ; il n'y a même pas de débat à avoir dessus, notamment dans les corps sécuritaires. Depuis les purges ethniques de 1989-91, nous sommes encore sur cette tendance. L'état a mis les noirs dans ce pays, dans une situation, où ils ne peuvent même plus concourir, même dans l'administration encore plus népotique aujourd'hui, qu'hier » explique d'une voix basse, celle qui reconnaît avoir des « craintes sincères » sur la stabilité sociale dans les prochaines années, si l'état ne fait rien pour changer son fusil d'épaule. A travers ce prisme, la priorité pour cela à ses yeux ? « Rendre crédibles les institutions d'état ; c'est fondamental ! ». Une chose dont même les autorités actuelles se rendraient compte de la vitalité : « La dernière législative (2013-2018) a été d'une faiblesse sans nom dans les débats et la qualité des représentants du peuple que même des connaissances de l'appreil d'état s'en sont plaints ! Car il n'y a eu aucun engouement, aucun intérêt suscité au niveau des citoyens, ou des médias » assure Kadiata Diallo. « La plupart des députés que j'ai vu dans cette période, étaient des majorettes au garde-à-vous ; les sénateurs révolutionnaires ont été éliminés, mais ils ont tenu leur rôle d'élus du peuple. Aziz ne l'a évidemment pas avalé, mais il a montré à cette occasion que c'était un simple dictateur » affirme-t-elle avec force.

 

Une constatation qui saute à son sens, comme une des raisons de son engagement pour cette législative. « Il faut donner aux gens l'espoir d'une assemblée nationale crédible, et surtout, vraiment surtout, proche des gens et de la protection de leurs intérêts suprêmes. C'est le seul objectif pour un député de siéger à l'assemblée : protéger les intérêts, améliorer le bien-être du peuple » lance-t-elle les flammes dans les yeux. En ce sens, dit-elle en conclusion, exhortation est faite aux citoyens de « porter leurs voix sur hommes et les femmes les plus à même de défendre leurs suprêmes intérêts »

 

 

 

 

 


  • Ä MOZAIKRIM Mamoudou Lamine KANE
  • 0 Réaction
  • 13/08/2018
  • Interviews

Réagir


  • CAPTCHA

Espace Membre

Calendrier

« Octobre 2018 »
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031

Newsletter

  • En inscrivant votre e-mail, vous recevrez gratuitement les bulletins d'information de O.D.H Mauritanie



Twitter

L?hôpital ophtalmologique Bouamatou va-t-il fermer ? https://t.co/XyMq0S2nas https://t.co/YsI71SfF9g
le 24/09/2018
Foot/Trophées Fifa 2018 : Didier Deschamps sacré entraîneur de l'année https://t.co/DESNOCuge8 https://t.co/3guO75Me9B
le 24/09/2018
LÔ GOURMO ABDOUL : « SI AZIZ VOULAIT CHANGER LA CONSTITUTION, CE SERAIT UN COUP D?ÉTAT » https://t.co/sVWnatxKAi https://t.co/EWLlGbxy7c
le 23/09/2018
RT @xavierbeauvois1: Ces deux là ne s?appellent pas Eric, mais ils ont sauvé des Zemmour. https://t.co/LykyfXaVCJ
le 23/09/2018
RT @aliounetine16: Bruno , professionnel jusqu'au bout des ongles, un sens élevé de l'Etat, une discrétion diplomatique et élégante. Il sem?
le 23/09/2018

Livre d'or

  • Dernier message :

  • nice [img]http://www.odh-mauritanie.com/uploaded/logo/banniere-ocvidh-mauritanie-879.jpg[/img] cool

    par Akila
  • Aller sur le livre d'or →

Rechercher sur le site

Galerie photos (5940)

Visiteurs en ligne

    • Nombre d'invités : 58

    Météo

    Mardi

    min. 4 °

    max. 18 °

    Ciel dégagé

    Mercredi

    min. 9 °

    max. 21 °

    Ciel dégagé

    Jeudi

    min. 12 °

    max. 26 °

    Ciel dégagé