Mali : à Tombouctou, des mausolées attaqués à coups de pioches, houes, burins


 

 

Mali : à Tombouctou, des mausolées attaqués à coups de pioches, houes, burins


BAMAKO - Les islamistes du groupe armé Ansar Dine qui ont détruit samedi au moins trois mausolées de saints musulmans à Tombouctou (nord-ouest du Mali) se sont servis de pioches, houes et burins, en scandant: Dieu est grand!, ont affirmé à l'AFP des témoins.

Tôt samedi matin, une équipe d'une trentaine de combattants d'Ansar Dine se sont dirigés vers le mausolée de Sidi Mahmoud, dans le nord de la ville, qu'ils ont encerclé, a expliqué un de ces témoins, travaillant pour un média local, qui a assisté à l'opération.

Certains avaient des armes. Ils n'ont pas tiré. Alors, ils ont commencé par crier: +Allah akbar!, Allah akbar+ (Dieu est grand! Dieu est grand!) et avec des pioches et des houes, ils ont commencé par casser le mausolée. Quand un grand bloc du mausolée est tombé sur la tombe, ils ont commencé par crier encore +Allah Akbar!+ et après, ils sont allés vers un autre mausolée, a ajouté cet homme sous couvert d'anonymat.

Un autre témoin a affirmé avoir vu des islamistes se servant de divers objets dont un burin. Selon lui, les islamistes étaient déterminés, ils cassaient sans peur les mausolées.

D'après plusieurs témoignages, les islamistes d'Ansar Dine ont détruit samedi en quelques heures trois mausolées de Tombouctou: celui de Sidi Mahmoud (nord de la ville), Sidi Moctar (nord-est) et Alpha Moya. Ils ont promis de faire subir le même sort à tous les sites similaires.

Des habitants ont affirmé avoir observé samedi en milieu d'après-midi une pause dans l'opération de destruction. Une des sources a indiqué que les islamistes avaient sollicité l'aide de maçon, en promettant une rémunération, ce qu'ont rejeté les ouvriers.

Ils ont appelé des maçons pour leur demander d'aider à casser les mausolées, qu'ils seront payés, mais les maçons ont refusé, a dit un des témoins.

Ansar Dine va détruire aujourd'hui tous les mausolées de la ville. Tous les mausolées sans exception, avait déclaré samedi matin à l'AFP via un interprète Sanda Ould Boumama, porte-parole d'Ansar Dine à Tombouctou.

Ansar Dine, Aqmi et divers groupes armés ont pris ensemble le contrôle du vaste nord malien il y a trois mois, quelques semaines après un coup d'Etat militaire qui, le 22 mars, avait installé la confusion à Bamako.

Au fil du temps, les islamistes ont étendu leur emprise sur le terrain, particulièrement au détriment de rebelles touareg, séparatistes et laïcs.


(©AFP / 30 juin 2012 18h13)

 

 

 


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    AFP

    Le 30/06/2012 à 21:53:47

    Mali : au moins 35 morts dans les affrontements islamistes/Touareg à Gao

    BAMAKO - Au moins 35 personnes, dont des civils, ont été tuées dans les violents combats ayant opposé cette semaine des islamistes et des rebelles touareg à Gao, dans le nord malien sous contrôle de groupes armés, selon un nouveau bilan communiqué samedi à l'AFP par une source hospitalière.

    Il y a eu au moins 35 morts lors des combats, parce qu'on n'avait pas compté ceux qui sont tombés dans le fleuve Niger et les blessés qui sont morts par la suite, a affirmé à l'AFP un médecin de retour de cette ville située sur le fleuve Niger. Il a été joint par téléphone à Bamako.

    Il y a eu au moins 35 morts, ça c'est sûr. Dans des poches de trois combattants tués, on a retrouvé des cartes d'identité nigérienne, a-t-il ajouté, sans préciser leur camp.

    Le précédent bilan établi de sources concordantes était d'au moins 20 morts. Le Comité international de Croix-Rouge (CICR) a évoqué 41 blessés par balle admis à l'hôpital de Gao après des manifestations de rues et combats entre groupes armés les 26 et 27 juin.

    La rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) a affirmé vendredi dans un communiqué avoir dénombré quatre morts et dix blessés dans ses rangs, et fait plusieurs dizaines de morts dans le camp de ses adversaires islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

    D'après plusieurs témoins et d'après des vidéos que s'est procurées l'AFP, les combats ont été violents entre ces anciens alliés, qui avaient pris le contrôle de Kidal (extrême nord-est), Gao (nord-est) et Tombouctou (nord-ouest). A l'issue des affrontements, des habitants ont exprimé leur soutien aux jihadistes.

    Sur une des vidéos, on voit des combattants en turban, armés de fusils d'assaut et de lance-roquettes, un technical (pick-up armé) avec le drapeau noir des jihadistes rouler à tombeau ouvert dans la ville.

    Des jihadistes lançaient Allah akbar ! (Dieu est grand, en arabe) pendant les échanges de coup de feu et après la bataille. Des habitants leur ont exprimé leur soutien, certains courant le long de leur véhicule. On voit également des personnes emporter des meubles d'anciens bâtiments officiels qui étaient occupés par le MNLA.

    Sur la seconde vidéo de Gao, on entend des jeunes crier Vive le Mali! et chanter l'hymne national sur une place publique après les combats.

    Le Mujao, issu d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) très présente dans le nord malien, a affirmé avoir infligé une lourde défaite au MNLA, qu'il a chassé de la ville, ce qu'ont confirmé de nombreux témoins.

    Des chefs du MNLA ont été blessés, tués ou contraints à la fuite. Parmi les blessés, figure son secrétaire général Bilal Ag Achérif, évacué au Burkina Faso, pays médiateur pour une sortie de crise au Mali.

    Selon plusieurs autres témoins, ce mouvement a également été contraint de se retirer jeudi de ses dernières positions dans la ville de Tombouctou et ses alentours sur injonction d'Ansar Dine, un groupe islamiste dirigé par un chef touareg malien et allié d'Aqmi.

    Ansar Dine a détruit samedi trois des mausolées de saints musulmans de Tombouctou, ville mythique classée patrimoine mondial en péril, ce que l'Unesco a qualifié de nouvelle tragique alors que Bamako a dénoncé une furie destructrice et des actes assimilables à des crimes de guerre.


    (©AFP / 30 juin 2012 21h48)

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    AFP

    Le 01/07/2012 à 16:31:19

    Algérie : arrivée du ministre malien des affaires étrangères à Alger

    ALGER - Le ministre malien des Affaires étrangères, Sadio Lamine Sow, est arrivé dimanche à Alger pour une visite de deux ou trois jours, en Algérie pour discuter avec les hautes autorités algériennes, notamment de la situation au Mali, a-t-on appris de source diplomatique.

    M. Lamine Sow a précisé qu'il s'entretiendra avec les hautes autorités (algériennes) de toutes les questions, notamment la situation que connaît le Mali depuis le mois de janvier dernier.

    Cette visite s'inscrit (...) dans le contexte particulier que notre pays vit en ce moment, a-t-il ajouté à son arrivée à l'aéroport international d'Alger où il a été accueilli par le ministre algérien délégué aux Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.

    Les concertations entre les deux pays frère et voisin n'ont jamais cessé. L'Algérie est un pays qui compte dans notre région et a toujours aidé le Mali à surmonter ses difficultés, a ajouté M. Lamine Sow cité par l'agence APS.

    Cette tradition de concertation est plus que jamais nécessaire dans la situation que vit le Mali. Il est évident que l'Algérie accompagne le Mali dans ses efforts de développement et de sécurisation du pays et nos positions se rejoignent, a déclaré M. Messahel. La souveraineté et l'intégrité territoriale du Mali ne sont pas négociables, a-t-il ajouté.

    Alger, qui connaît bien la situation chez son voisin malien pour avoir déjà été le médiateur entre les Touareg et Bamako, est très sollicité pour apporter son concours à une solution au conflit du nord malien où ces derniers jours les rebelles touareg ont été mis en déroute par les islamistes.

    La visite du ministre malien intervient quelques jours après celle mercredi de Jibril Bassolé, son homologue du Burkina Faso, pays chargé par les pays d'Afrique de l'Ouest d'une médiation au Mali.

    M. Bassolé s'était prononcé, tout comme Alger le fait avec insistance, pour un dialogue politique au Mali, mais il n'avait pas exclu l'option militaire.

    La concertation permanente avec l'Algérie, frontalière avec ce pays en conflit interne depuis mars, est absolument nécessaire pour régler la crise malienne, avait souligné M. Bassolé.

    L'Algérie a reçu des derniers mois nombre de responsables touareg et maliens, dont le Premier ministre de transition Cheikh Modibo Diarra le 13 juin dernier.

    Lundi, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a reçu l'envoyé spécial de l'Ivoirien Alassane Ouattara, chef en exercice de la Cédéao.

    L'Algérie avait parrainé en juillet 2006 un accord de paix dans la région de Kidal (nord-est du Mali) conclu entre l'aile politique de la rébellion touareg de l'époque et le gouvernement malien.

    Le nord malien est contrôlé depuis bientôt trois mois par des groupes armés aux objectifs divergents, islamistes et touaregs indépendantistes, dont le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) qui a revendiqué l'attentat meurtrier ayant visé vendredi une gendarmerie dans le sud de l'Algérie.


    (©AFP / 01 juillet 2012 14h36)

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    AFP

    Le 02/07/2012 à 03:32:19

    Algérie : arrivée du ministre malien des affaires étrangères à Alger

    ALGER - Le ministre malien des Affaires étrangères, Sadio Lamine Sow, est arrivé dimanche à Alger pour une visite de deux ou trois jours, en Algérie pour discuter avec les hautes autorités algériennes, notamment de la situation au Mali, a-t-on appris de source diplomatique.

    M. Lamine Sow a précisé qu'il s'entretiendra avec les hautes autorités (algériennes) de toutes les questions, notamment la situation que connaît le Mali depuis le mois de janvier dernier.

    Cette visite s'inscrit (...) dans le contexte particulier que notre pays vit en ce moment, a-t-il ajouté à son arrivée à l'aéroport international d'Alger où il a été accueilli par le ministre algérien délégué aux Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.

    Les concertations entre les deux pays frère et voisin n'ont jamais cessé. L'Algérie est un pays qui compte dans notre région et a toujours aidé le Mali à surmonter ses difficultés, a ajouté M. Lamine Sow cité par l'agence APS.

    Cette tradition de concertation est plus que jamais nécessaire dans la situation que vit le Mali. Il est évident que l'Algérie accompagne le Mali dans ses efforts de développement et de sécurisation du pays et nos positions se rejoignent, a déclaré M. Messahel. La souveraineté et l'intégrité territoriale du Mali ne sont pas négociables, a-t-il ajouté.

    Alger, qui connaît bien la situation chez son voisin malien pour avoir déjà été le médiateur entre les Touareg et Bamako, est très sollicité pour apporter son concours à une solution au conflit du nord malien où ces derniers jours les rebelles touareg ont été mis en déroute par les islamistes.

    La visite du ministre malien intervient quelques jours après celle mercredi de Jibril Bassolé, son homologue du Burkina Faso, pays chargé par les pays d'Afrique de l'Ouest d'une médiation au Mali.

    M. Bassolé s'était prononcé, tout comme Alger le fait avec insistance, pour un dialogue politique au Mali, mais il n'avait pas exclu l'option militaire.

    La concertation permanente avec l'Algérie, frontalière avec ce pays en conflit interne depuis mars, est absolument nécessaire pour régler la crise malienne, avait souligné M. Bassolé.

    L'Algérie a reçu des derniers mois nombre de responsables touareg et maliens, dont le Premier ministre de transition Cheikh Modibo Diarra le 13 juin dernier.

    Lundi, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a reçu l'envoyé spécial de l'Ivoirien Alassane Ouattara, chef en exercice de la Cédéao.

    L'Algérie avait parrainé en juillet 2006 un accord de paix dans la région de Kidal (nord-est du Mali) conclu entre l'aile politique de la rébellion touareg de l'époque et le gouvernement malien.

    Le nord malien est contrôlé depuis bientôt trois mois par des groupes armés aux objectifs divergents, islamistes et touaregs indépendantistes, dont le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) qui a revendiqué l'attentat meurtrier ayant visé vendredi une gendarmerie dans le sud de l'Algérie.


    (©AFP / 01 juillet 2012 14h36)

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