
BAMAKO - Le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra est arrivé vendredi à Paris pour annoncer au président de transition Dioncounda Traoré sa décision de proposer une large ouverture à toutes les forces vives du pays pour reconquérir le nord du Mali occupé par les islamistes, indique un communiqué transmis à l'AFP.
M. Diarra va annoncer à M. Traoré sa décision de proposer une large ouverture à toutes les forces vives du pays unies de coeur et d'esprit pour la reconquête du nord du Mali, indique un communiqué du ministère de l'Information. Dans cet esprit, le Premier ministre va s'accorder avec le Président par intérim sur une architecture gouvernementale appropriée, ajoute le texte.
De même, le chef du gouvernement va proposer un canevas pour obtenir l'assistance de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) en vue du renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité du Mali dans l'accomplissement de leurs tâches régaliennes de défense du territoire, indique le communiqué.
La formation d'un gouvernement de large union est une exigence de la Cédéao qui la considère comme un préalable indispensable à la reconquête du nord du Mali occupé depuis fin mars par deux groupes islamistes armés, Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Ils en ont chassé les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), leur ex-allié indépendantiste et laïc.
Le président Dioncounda Traoré se trouve en convalescence à Paris depuis le 23 mai à la suite d'une violente agression commise deux jours auparavant dans son bureau à Bamako par une foule hostile à son maintien au pouvoir.
Le communiqué précise que M. Diarra va également rendre compte au président Traoré de ses récentes visites au Maroc, au Niger et au Sénégal.
Il se félicite de la parfaite identité de vues entre le Mali et les pays visités et de leur engagement à aider le Mali à rétablir son intégrité territoriale et à se débarrasser des terroristes ainsi que des narcotrafiquants qui mènent des activités intolérables sur son sol, selon le texte.
La Cédéao prépare l'envoi éventuel d'une force militaire de quelque 3.000 hommes pour aider l'armée malienne à reconquérir le Nord, mais poursuit cependant des discussions avec des groupes armés sous l'égide de la médiation burkinabè dans la crise malienne.
L'envoi de troupes est soumis à une demande formelle des autorités de transition à Bamako. La Cédéao souhaite en outre un mandat de l'ONU pour intervenir, ce qu'elle n'a pas encore obtenu.
Un coup d'Etat militaire perpétré le 22 mars a accéléré la partition du Mali dont les autorités de transition, en place depuis le retrait des putschistes du pouvoir en avril, sont incapables de mettre fin à l'occupation du Nord où l'armée, démoralisée et sous-équipée, a été mise en déroute en quelques semaines.
Les autorités de transition n'arrivent pas non plus à stopper les nombreuses exactions commises à Bamako, en particulier contre des journalistes, par des hommes armés présumés proches de l'ex-junte au pouvoir du capitaine Amadou Haya Sanogo.
(©AFP / 13 juillet 2012 20h55)
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AFP
Le 13/07/2012 à 22:23:09
Nord du Mali : manifestation anti-islamiste dans la ville de Goundam
BAMAKO - Des habitants de Goundam, près de Tombouctou (nord-ouest du Mali), ont manifesté vendredi contre la présence dans leur ville des islamistes armés qui contrôlent toute la région où ils veulent appliquer la loi islamique, ont affirmé plusieurs témoins à l'AFP.
Ca a commencé depuis hier (jeudi) quand un homme accusé d'adultère a été fouetté par les islamistes. Il a nié les faits. Des dizaines de personnes ont manifesté. Aujourd'hui, c'est une femme non voilée qui a été brutalisée, son bébé est tombé et la population est sortie massivement pour dire non aux islamistes, a indiqué un habitant joint au téléphone depuis Bamako.
Le bébé qui est tombé est entre la vie et la mort, avait affirmé un infirmier du centre de santé de la ville située à 90 km au sud-ouest de Tombouctou, une des trois principales villes du nord du Mali avec Gao et Kidal.
Plusieurs témoins ont ensuite déclaré que le bébé allait mieux et pourrait être sauvé.
Un autre employé de la mairie de Goundam a de son côté déclaré que, vendredi à la mi-journée, la population était rassemblée autour de la mosquée pour empêcher les islamistes de venir faire la prière du vendredi, ce que les manifestants ont réussi à faire en dépit de plusieurs coups de feu tirés en l'air par des islamistes.
A Tombouctou en revanche, un habitant a affirmé que la population est sous la coupe des islamistes et elle ne peut rien faire. Depuis la destruction des mausolées de la grande mosquée (mardi), ils patrouillent régulièrement pour briser toute velléité de mouvement de la population locale.
Les islamistes y ont en outre rassemblé les marabouts pour leur dire qu'à partir du début du ramadan (prévu pour le 19 ou le 20 juillet), tout imam qui ne sait pas bien prêcher sera remplacé par un des leurs, a indiqué un autre habitant de la ville.
Les groupes islamistes Ansar Dine (Défenseurs de l'Islam) et Mouvement pour l'unicité du jihad en Afrique de l'ouest (Mujao), alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) occupent et contrôlent depuis plus de trois mois le nord du Mali et entendent y appliquer la charia (loi islamique).
Ils en ont chassé les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), leur ex-allié indépendantiste et laïc.
Un putsch perpétré le 22 mars a accéléré la partition du Mali dont les autorités de transition, mises en place après le retrait des putschistes du pouvoir, sont totalement incapables de mettre fin à l'occupation du Nord.
(©AFP / 13 juillet 2012 21h30)
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