Tortures à Ould Yengé : Le FONADH dénonce l’impunité érigée en règle Posté le 01/08/2012 - Par © Le Calame 02/08/2012 à 19h21

 

 

Tortures à Ould Yengé : Le FONADH dénonce l’impunité érigée en règle image manquante

 

Le forum des organisations nationales des droits de l’homme (FONADH)a tenu ce jeudi 2 août, à midi, un pointde presse dans ses locaux pour dénoncer avec force l’impunité érigée en règlepar l’Etat mauritanien. Ce point de presse intervient quelques jours après lesrévélations faites sur les tortures atroces perpétrées sur des jeunes de lalocalité de Goumbane, commune de Bouly,département d’Ould Yengé. Devant lapresse et les représentants de la société civile, le père de Abderrahamene Demba Diawo, l’un des 5 jeunes arrêtés et torturés par les éléments de labrigade de gendarmerie d’Ould Yengé a relaté les péripéties de l’arrestation deleurs enfants jusqu’à l’évacuation deson fils ayant perdu la mémoire à Nouakchott où il suit des traitements. Un récit émouvant qui révèle, d’une part, le désarroi d’un père de famille confronté à l’appareil répressif de l’Etat qui use et abuse dans cette partie du territoire national mais aussi un grave laxisme dans la justice, d’autre part. Où  a-t-on jamais vu un procureur qui refuse de livrer uneréquisition et demande aux victimes de porter plainte contre les agissements des forces d’ (in)sécurité ?  Cettesituation inédite qu’a choisi de dénoncer Sarr Mamadou, président du FONADH, dans son introduction à cette rencontre avec la presse. Pour M Sarr, il estinadmissible aujourd’hui qu’on continue à pratiquer ces actes dégradants surles personnes alors même que la Mauritanie vient de signer une loi qui bannit cette pratique. C’est l’occasion, dira le président du Forum des organisationsde défenses des droits de l’homme, d’élever la voix pour que l’Etat assume ses responsabilités, punisse les auteurs de ces pratiques d’un autre genre. « Quand bien même ils avaient commis le vol, rien n’autorise ces gendarmesde les torturer à plus forte raison s’ils sont tout simplement présumésvoleurs, sans aucune preuve », s’indigne M Sarr. Le président du FONADH a ensuite réitéré l’engagement de son organisation à accompagner les victimes,les mettant en garde contre desarrangements douteux. D’autres intervenants comme le président de  TPNM,  Wane Abdoul Birane ont tous dénoncé ces tortures et demandé aux victimes de se battre jusqu’à faire triompher le droit. Tous ont invité l’ensemble des acteurs politiques, de la société civile pour dénoncer ensemble cespratiques qui « ne sont hélas perpétrées que sur les populations négro-mauritaniennes de ce pays», souligne M Wane.
Pour rappel, c’est suite à un vol perpétré dans la nuit du24 juillet à Goumbane que 5 jeunes peuls ont été cueillis par la gendarmerie d’Ould Yengé dont le chef de brigade est accusé par les populations de la zone de faire régner la terreur dans sa circonscription.  Dans les locaux de la brigade, ces jeunes ontsubi des tortures dont ils portentencore les traces. Transférés à Sélibaby, deux seront libérés dont l’un présentant des troubles de mémoire. Les trois autres sont détenus à Sélibaby. Selon les informations, l’un d’eux continuerait à vomir du sang.
A Goumbane, lespopulations soupçonnent toutes un ressortissant de la localité désormais baséau Mali d’avoir commis le forfait.

 

©   Le Calame   02/08/2012 à 19h21



Réagir