Mali : Washington soutient une action militaire africaine, sous conditions Posté le 02/10/2012 - Par WASHINGTON (AFP) - 12.10.2012 16:49 - Par Nicolas REVISE

Mali : Washington soutient une action militaire africaine, sous conditions
WASHINGTON (AFP) - 12.10.2012 16:49 - Par Nicolas REVISE
Les Etats-Unis soutiennent une éventuelle intervention militaire ouest-africaine dans le nord du Mali pour déloger les groupes islamistes armés, mais sous conditions et d'abord en rétablissant un régime démocratique à Bamako, préviennent des experts.
Le secrétaire d'Etat américain adjoint pour l'Afrique, Johnnie Carson, à Washington, le 10 juillet 2012AFP - Jim Watson
Les Etats-Unis soutiennent une éventuelle intervention militaire ouest-africaine dans le nord du Mali pour déloger les groupes islamistes armés, mais sous conditions et d'abord en rétablissant un régime démocratique à Bamako, préviennent des experts.
"Nous voulons le retour de l'intégrité territoriale totale du Mali, le retour de la démocratie, de la stabilité et du développement", résume dans un entretien à l'AFP le secrétaire d'Etat adjoint pour l'Afrique, Johnnie Carson.
Alors qu'une résolution proposée par la France devait être adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU, M. Carson avertit que la crise malienne devra être réglée via une "approche globale" mêlant "la question de la démocratie et de la gouvernance à Bamako, celle du sort des Touareg, le dossier du terrorisme et celui de la crise humanitaire".
Le volet "sécuritaire et terroriste dans le nord se réglera par des moyens militaires", reconnaît le premier diplomate chargé de l'Afrique au département d'Etat.
Le projet de résolution soumis au Conseil de sécurité demande à la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et à l'Union africaine (UA) de préciser dans les 30 jours les modalités d'une intervention militaire pour reconquérir le nord du Mali et invite le gouvernement malien et les rebelles touareg à ouvrir dès que possible une négociation.
Bamako a demandé à l'ONU un mandat pour une "force militaire internationale" avec un déploiement de troupes ouest-africaines pour l'aider à reconquérir le nord du pays contrôlé par des extrémistes islamistes, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
"Il y a un large soutien au sein du Conseil de sécurité avec un consensus pour une mission conduite par des Africains, par la Cédéao", explique M. Carson, rappelant que cette opération militaire devra être "bien préparée, bien organisée et bien financée".
Le Conseil de sécurité réclame en vain depuis six mois des détails sur les modalités de cette intervention (objectifs, troupes, commandement, besoins logistiques, etc.)
"Une crise à multiples facettes"
M. Carson s'est refusé à dévoiler "la nature de la contribution" éventuelle de son pays, mais des spécialistes interrogés par l'AFP doutent d'une "intervention militaire américaine directe".
Pour Richard Downie, du Center for Strategic International Studies (CSIS) de Washington, les Etats-Unis fourniront "un soutien logistique, du renseignement, peut-être des drones".
Son collègue Gilles Yabi, de l'International Crisis Group (ICG), met aussi en garde: "Ce ne sera pas une simple opération de maintien de la paix, mais une véritable intervention militaire sur un terrain très difficile et contre des groupes très mobiles".
Et de toutes façons, "avant même de penser à une opération sécuritaire dans le nord, il faut d'abord régler les problèmes politiques à Bamako", souligne M. Downie, donnant écho à la position officielle de Washington sur la crise politique malienne.
Le basculement du nord du Mali dans l'escarcelle islamiste résulte en partie d'un coup d'Etat à Bamako le 22 mars qui a renversé le président Amadou Toumani Touré. Son auteur, le capitaine Amadou Haya Sanogo, s'est retiré du pouvoir en avril mais reste influent.
"La crise malienne est à multiples facettes (...) et requiert une stratégie à la fois politique, diplomatique et militaire", analyse M. Yabi. A ses yeux, "la crise au Mali ne se résume pas à du terrorisme, mais il s'agit aussi de l'effondrement des institutions de l'Etat, comme l'armée, et de la coexistence de diverses communautés dans le nord", en allusion à la minorité touareg.
La rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) avait lancé l'offensive dans le nord en janvier. D'abord allié aux islamistes, le MNLA avait ensuite été évincé.
© 2012 AFP
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