La coordination de l'opposition démocratique vient de signer la feuille de route pour un dialogue avec le pouvoir. Quelques points vous apparaissent comme les plus importants dans ce dialogue avec le pouvoir?
L'opposition n'a pas encore arrêté ce sur quoi devait porter le dialogue. Elle s'est bornée à dire quelles sont les conditions à créer pour s'engager dans un dialogue. Rappelez-vous après le coup d'état d'aout 2008, il y a eu l'accord de Dakar en présence de la communauté internationale. Tout récemment le président a voulu se dérober aux points de l'accord concernant l'après-élection présidentielle. Nous pensons que si il faut dialoguer il faut le faire sur la base des références de l'accord de Dakar, en présence de témoins! Si on renie cet accord, rien ne nous garantit que le prochain accord sera respecté.
Les médias publics par exemple sont toujours le monopole du pouvoir; l'opposition y est exclue. On parlait de recensement tout à l'heure: Nous considérons que l'état-civil a été détruit, sans remplacement. Le pouvoir a prétendu que l'ancien état-civil était faux. Sur cette base, pourquoi et comment décider unilatéralement d'élections en octobre prochain? Ce n'est pas crédible et rassurant.
La liberté de manifestations et d'expressions aussi doit être assurée, sans répressions récurrentes.
L'opposition n'a pas encore arrêté ce sur quoi devait porter le dialogue. Elle s'est bornée à dire quelles sont les conditions à créer pour s'engager dans un dialogue. Rappelez-vous après le coup d'état d'aout 2008, il y a eu l'accord de Dakar en présence de la communauté internationale. Tout récemment le président a voulu se dérober aux points de l'accord concernant l'après-élection présidentielle. Nous pensons que si il faut dialoguer il faut le faire sur la base des références de l'accord de Dakar, en présence de témoins! Si on renie cet accord, rien ne nous garantit que le prochain accord sera respecté.
Les médias publics par exemple sont toujours le monopole du pouvoir; l'opposition y est exclue. On parlait de recensement tout à l'heure: Nous considérons que l'état-civil a été détruit, sans remplacement. Le pouvoir a prétendu que l'ancien état-civil était faux. Sur cette base, pourquoi et comment décider unilatéralement d'élections en octobre prochain? Ce n'est pas crédible et rassurant.
La liberté de manifestations et d'expressions aussi doit être assurée, sans répressions récurrentes.
Quel bilan feriez-vous de ces deux années de Mohamed Ould Abdel Aziz ?
Pour moi ce n'est ni plus ni moins qu'un putschiste, qui a pris le pouvoir par les armes et qui a renversé un président démocratiquement élu. On ne peut pas ne pas respecter les institutions. Sa volonté première était d'arriver au pouvoir. Ensuite, on le voit tous: à chaque fois que Mohamed Ould Abdel Aziz fait semblant de prendre à bras le corps tel ou tel problème, il a parlé de tous les problèmes et revendications dont les populations en espérance lui ont fait part, il s'est agité autour, mais au finish il n'y a pas de résultat. Voilà trois ans maintenant qu'ils en sont au stade de nous expliquer les intentions de Ould Abdel Aziz. «On va faire, il y aura ceci etc...». j'aurais aimé vous parler d'un bilan de sa part, mais je ne vois que des promesses, pas de résultats à mi-parcours de son «mandat».
Pour évoquer le Sénégal. Comment analysez-vous ces violentes manifestations, assez uniques dans le pays de la Teranga, pour dénoncer et s'insurger contre une tentative de «coup d'état constitutionnel» ?
Le peuple sénégalais a toujours montré sa hauteur d'esprit, son engagement et sa détermination. Le pouvoir de Wade avait proposé un changement de la règle de la majorité, au niveau de la constitution, or ce genre de changement se décide par voix référendaire. Il défendait la pertinence de ce choix; mais ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Les sénégalais ont donné une belle leçon aux autre peuples africains sur la façon de barrer la route à ce genre de tentative de se maintenir au pouvoir.
Propos recueillis par Mamoudou Lamine KANE


«Le poil à gratter de l'assemblée nationale». C'est ainsi que cette femme, engagée politique jusqu'au-boutiste, est affectueusement surnommée par quelques collègues de l'hémicycle, où elle est l'une des plus assidues. Pour Noorinfo, elle répond sans langue de bois aux questions relatives à l'actualité économique, politique et sociale de la Mauritanie.
Ici le problème est national. Le président de la République a décidé, depuis le temps de Sidioca d'ailleurs, de nommer quelqu'un qui lui est acquis à la tête de l'état-civil, nous disant que tout ce qui existait avant est faux et qu'il fallait le détruire, sans attendre de mettre quelque chose à la place avant de le faire! Bien sûr, les négro-mauritaniens, et à juste titre, vont se sentir visés car il y a eu des antécédents. D'autant que si vous êtes nés à l'extérieur vous ne serez pas recensés! Mais ça ne touche pas que les négro-mauritaniens: combien de maures sont nés à l'extérieur, ne serait-ce que les fils des diplomates, ou ceux qui vont à l'extérieur pour donner naissance à leurs enfants, pour cause de meilleures conditions sanitaires. Mais on a en mémoire cette triste période où, être né au Sénégal était un prétexte pour vous déporter. Les peurs sont compréhensibles, mais là, ce recensement en cours doit être repris convenablement à la base.




