Tunisie : retard de l'annonce du nouveau gouvernement Posté le 25/01/2014 - Par TUNIS - (©AFP / 25 janvier 2014 21h37) Maghreb

Tunisie : retard de l'annonce du nouveau gouvernement
TUNIS - L'annonce de la composition du gouvernement apolitique de Mehdi Jomaâ était retardée samedi soir à Tunis, selon un journaliste de l'AFP présent à la présidence, les médias tunisiens faisant état d'un blocage sur le nom du futur ministre de l'Intérieur.
Le futur chef du gouvernement Mehdi Jomaâ était attendu pour 16H30 GMT au palais présidentiel, mais près de quatre heures plus tard, il n'avait pas encore été reçu par le président Moncef Marzouki.
La télévision d'Etat a indiqué que la cause du blocage concernait l'identité du futur ministre de l'Intérieur. Depuis vendredi les consultations entre les différents partis se sont poursuivies pour trouver un accord sur ce point.
Certaines forces, dont les islamistes d'Ennahda, majoritaires à l'Assemblée, et M. Jomaâ, militent pour le maintien de Lotfi Ben Jeddou, en poste depuis mars 2013. D'autres estiment qu'il doit quitter ses fonctions car il a servi dans l'équipe sortante, dirigée par Ennahda.
Mehdi Jomaâ, ministre sortant de l'Industrie, a été désigné le 10 janvier pour former un cabinet d'indépendants afin de conduire la Tunisie vers des élections, Ennahda ayant accepté de quitter le pouvoir jusqu'aux élections législatives et présidentielle, prévues en 2014.
Si M. Jomaâ échoue à présenter un nouveau gouvernement samedi, un nouveau candidat devra être désigné pour succéder à l'islamiste Ali Larayedh.
Par ailleurs, l'Assemblée nationale constituante était réunie samedi soir pour voter une réforme de la motion de censure. Là aussi, les procédures sont bloquées en raison de désaccords entre les partis.
L'objectif est de rendre plus difficile pour la Constituante de limoger le gouvernement de M. Jomaâ qui, s'il est formé, devrait entrer en fonction la semaine prochaine, après un vote de confiance.
Enfin, dimanche cette assemblée doit procéder au vote d'adoption de la future Constitution, en cours d'élaboration depuis plus de deux ans.
La transition post-révolutionnaire de la Tunisie a été considérablement ralentie par un climat de méfiance entre les islamistes d'Ennahda et leurs détracteurs, l'essor de groupes jihadistes ainsi que de profonds problèmes économiques et sociaux, déjà à l'origine de la révolution de janvier 2011.
La crise politique actuelle, que l'entrée en fonction de M. Jomaâ doit résoudre, a été déclenchée par l'assassinat du député d'opposition Mohamed Brahmi en juillet dernier.
(©AFP / 25 janvier 2014 21h37)
Les réactions
Nouvelles O.D.H Le 27/01/2014 à 06:47:44
La Tunisie a un nouveau gouvernement et une nouvelle Constitution
La nouvelle Constitution tunisienne a été adoptée tard dimanche. Il s'agit d'un moment historique pour le berceau du printemps arabe, auquel s'ajoute la formation d'un gouvernement appelé à sortir le pays d'une profonde crise politique et à organiser des élections dans l'année.
L'Assemblée nationale constituante a approuvé cette loi fondamentale à une majorité écrasante de 200 voix pour, 12 contre et 4 abstentions, dépassant largement la majorité nécessaire de 145 votes.
"L'Histoire retiendra avec beaucoup de fierté cette journée", avait proclamé juste avant le vote le président de l'Assemblée, Mustapha Ben Jaafar. Les élus ont célébré l'événement en chantant l'hymne national, brandissant des drapeaux tunisiens et les doigts en signe de victoire.
Ils ont ensuite scandé "fidèles, fidèles au sang des martyrs de la révolution" de janvier 2011 qui chassa Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir. "Nous sacrifions notre âme et notre sang pour toi Tunisie", ont-ils aussi crié dans un moment d'unité dans l'hémicycle.
"Dans cette Constitution, tous les Tunisiens et Tunisiennes se retrouvent, cette Constitution préserve nos acquis et jette les fondements d'un Etat démocratique", a déclaré Mustapha Ben Jaafar. Ce texte consacre un exécutif bicéphale et accorde une place réduite à l'islam. Elle introduit aussi pour la première fois dans le monde arabe un objectif de parité homme-femme dans les assemblées élues.
Divergences surmontées
Ce compromis vise à éviter une dérive autoritaire dans un pays qui a connu plus d'un demi-siècle de dictature, sous Habib Bourguiba, puis sous Ben Ali, mais aussi à rassurer ceux qui craignaient que les islamistes n'imposent leurs positions dans un pays à forte tradition séculière.
L'Assemblée a été élue en octobre 2011 et devait à l'origine achever la loi fondamentale en un an, mais ses travaux ont pris un retard considérable en raison de crises à répétition.
Lundi, deux cérémonies sont prévues, l'une le matin à l'Assemblée où elle sera paraphée par les dirigeants tunisiens, et une seconde, dans l'après-midi, à la présidence.
L'adoption du texte intervient quelques heures après l'annonce de la composition d'un gouvernement d'indépendants devant conduire la Tunisie vers des élections législatives et présidentielle en 2014.
(ats / 27.01.2014 03h20)
Nouvelles O.D.H Le 27/01/2014 à 06:51:13
Jomaâ a constitué son gouvernement
Mehdi Jomaâ a annoncé dimanche soir avoir présenté son gouvernement au président Moncef Marzouki. Comme promis, la liste est constituée de personnalités réputées indépendantes et non politiques pour conduire la Tunisie vers des élections en 2014.
"J'ai remis au président la liste des membres du gouvernement candidat pour recevoir la confiance de l'Assemblée nationale constituante", a dit M. Jomaâ souhaitant qu'il "l'obtiendra le plus vite possible".
Ce cabinet d'indépendants est "une équipe extraordinaire qui a conscience des défis", a-t-il dit. "La mission n'est pas facile", a-t-il ajouté.
Autre ministre reconduit
M. Jomaâ, ministre sortant de l'Industrie, a reconduit toutefois un de ses collègues, le ministre de l'Intérieur Lotfi Ben Jeddou, bien que ses détracteurs aient lutté jusqu'au bout pour qu'il quitte ses fonctions.
Mehdi Jomaâ n'avait pas réussi samedi à constituer son cabinet dans le délai légal de quinze jours en raison des blocages restant mais levés depuis.
L'entrée en fonction d'un cabinet non politique est la pierre angulaire d'un accord entre les islamistes du parti Ennahda, majoritaires à l'Assemblée, et leurs détracteurs pour sortir le pays de la profonde crise politique déclenchée il y a six mois par l'assassinat d'un député d'opposition, Mohamed Brahmi.
Elections prévues
Ennahda a accepté en octobre de quitter le pouvoir pour laisser des indépendants organiser les législatives et la présidentielle, mais les controverses et désaccords politiques ont sans cesse retardé ce processus.
Par ailleurs, l'Assemblée nationale tunisienne a adopté dimanche dans la soirée la nouvelle Constitution du pays, censée achever une turbulente transition vers la démocratie. Les députés avaient achevé de voter jeudi tous les articles de la Loi fondamentale, trois ans après la révolution ayant déclenché le printemps arabe.
Les élus ont approuvé cette loi fondamentale à une majorité écrasante de 200 voix pour, 12 contre et 4 abstentions, lors d'une séance retransmise à la télévision. Peu après, ils ont entonné l'hymne national, brandissant des drapeaux tunisiens et faisant le signe de la victoire avec leurs doigts.
(ats / 27.01.2014 01h33)





