Les heures sont données en temps universel
ALERTE - Burkina: un responsable de l'opposition assure que l'armée s'est soudée avec le peuple contre Compaoré Posté le 30/10/2014 - Par Paris - (©AFP / 30 octobre 2014 14h47) CEDEAO

Burkina : un responsable de l'opposition assure que l'armée s'est soudée avec le peuple contre Compaoré
Ouagadougou - L'armée burkinabè s'est soudée avec le peuple contre le président Blaise Compaoré, a affirmé jeudi à l'AFP Bénéwendé Sankara, un ténor de l'opposition, qui a demandé la démission du chef de l'Etat après de violentes manifestations.
Des responsables de l'opposition doivent rencontrer dans l'après-midi le général en retraite Kouamé Lougué, qui a été chef d'état-major des armées et ministre de la Défense, a indiqué Me Sankara.
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, à proximité d'une caserne centrale de la capitale, scandaient Lougué au pouvoir vers 13H30 locales et GMT, a constaté un journaliste de l'AFP.
L'armée est soudée avec le peuple, a affirmé Bénéwendé Sankara, ajoutant que l'opposition demande la démission pure et simple du président Blaise Compaoré pour permettre de retrouver du calme, de la cohésion sociale et de la paix.
Kouamé Lougué, très apprécié des troupes et de la population, a participé au coup d'Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir en 1987.

M. Lougué a rencontré un peu plus tôt dans la journée le Mogho Naba, le roi des Mossi, une autorité morale et coutumière très respectée dans le pays. Blaise Compaoré fait partie de l'ethnie mossi, la principale dans le pays.
L'armée comme la police ont brillé par leur passivité jeudi dans les violences ayant secoué Ouagadougou.
Un cordon sécuritaire de plusieurs centaines d'hommes, dressé autour de l'Assemblée nationale, a volé en éclat vers 9H00 locales et GMT sous la pression d'à peine un millier de manifestants.
Ceux-ci ont ensuite incendié l'Assemblée, puis, rejoints par des milliers d'autres personnes, ils ont pris la télévision nationale sans qu'aucun soldat ou policier ne réagisse.
Les violences se sont ensuite propagées dans la ville et le pays, sans plus de réaction des forces de l'ordre.
Seule la garde présidentielle, un corps d'élite de l'armée, protège encore la présidence de quelques centaines de protestataires.
L'armée, à qui Blaise Compaoré devait rendre visite vendredi à Bobo Dioulasso, la capitale économique du pays, s'était mutinée en 2011 dans cette même ville, faisant vaciller le régime.
(©AFP / 30 octobre 2014 16h04)

En direct: violents combats devant le palais présidentiel burkinabè
18h30 : Le président Blaise Compaoré annonce la dissolution du gouvernement et décrète l'état de siège dans le pays. Le chef de l'Etat souhaite par ailleurs ouvrir des négociations avec l'opposition. Consulter le communiqué sur le site de l'UA (anglais).
17h05 : Mohamed Ibn Chambas, l'émissaire de l'ONU, est attendu au Burkina Faso vendredi, au sein d'une mission de paix conjointe avec l'Union africaine et à la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
16h27 : Les Nations unies annoncent l’envoi d’un émissaire à Ouagadougou dès ce jeudi. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon « suit avec une grande inquiétude la détérioration de la situation au Burkina Faso », précise son porte-parole Stéphane Dujarric.
15h05 : L’autre envoyé spécial de RFI, Frédéric Garat est au siège de l’opposition burkinabè. Il précise que tous les leaders du mouvement sont présents, signe du début des grandes manœuvres. Des diplomates, et notamment l’ambassadeur de France, se sont aussi rendus au siège de l’opposition pour échanger avec les responsables politiques.
15h02 : Sur l’antenne de RFI, l’envoyée spéciale de RFI Maureen Grisot revient sur le général Kouamé Lougué qui explique qu’il pourrait tout à fait prendre la tête de la manifestation. Il semble soutenu par les milliers de manifestants présents devant le palais présidentiel.
14h50 : Le général Kouamé Lougué se dirige vers le palais présidentiel pour s’entretenir avec le président Blaise Compaoré. A quelques centaines de mètres, son avancée a été de nouveau stoppée et il a été rejoint par un haut responsable de la garde présidentielle.
14h40 : Selon Maureen Grisot, envoyée spéciale de RFI à Ouagadougou, la garde présidentielle est allée au-devant du général Kouamé Lougué pour lui demander d’arrêter sa marche vers le palais de Kossyam et de laisser un dialogue s’instaurer.
14h32 : L’opposant Bénéwendé Sankara affirme à l’AFP que l’armée burkinabè s’est « soudée avec le peuple » contre le président Blaise Compaoré. Il annonce par ailleurs que des responsables de l’opposition doivent rencontrer prochainement le général en retraite Kouamé Lougué, qui a été chef d'état-major des armées et ministre de la Défense.
14h27 : Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels sont lancés aux médecins et autres personnels soignants pour qu’ils viennent dans les cliniques et hôpitaux prendre en charge les blessés.
14h20 : Le chef d’état-major Honoré Traoré s'entretient avec la presse.
13h57 : Selon des responsables de l’opposition contactés par RFI, le président Blaise Compaoré se trouverait toujours au palais présidentiel.
13h55 : Après les militaires, une délégation de la classe politique de l’opposition est allée s’entretenir avec le Mogho Naba (l’empereur des Mossi, ethnie principale du pays) pour faire passer un message à Blaise Compaoré, lui demandant de quitter le pouvoir.
13h50 : Parmi d’autres émetteurs, celui de RFI a été coupé à Ouagadougou lors du saccage de la radio nationale.
13h48 : L'hebdomadaire Jeune Afrique annonce, sur son site internet, la fermeture de l’aéroport de Ouagadougou. Tous les vols au départ ou à l’arrivée de capitale bukinabè sont annulés.
13h15 : La France appelle au calme et à la retenue au Burkina Faso alors que les Etats-Unis font part de leur inquiétude.
12h55 : Tweet de Zéphirin Diabré, l’un des chefs de file de l’opposition : « Nous ne cautionnons pas la prise du pouvoir par la force. Nous voulons juste le respect de la démocratie ».
12h43 : Selon l’envoyé spécial de RFI à Ouagadougou, Frédéric Garat, le frère du président, François Compaoré a été arrêté à l’aéroport.
12h40 : Sur RFI, Bruno Kafondo, député UPC, parti d’opposition, raconte le moment où les manifestants sont rentrés dans l’Assemblée : « On attendait tranquillement en échangeant les uns avec les autres. Puis, les députés qui étaient de la majorité ont commencé à filer de l’Assemblée. Ils venaient d’avoir l’information que des gens étaient en train de défoncer les portes de l’Assemblée nationale. Ils sont arrivés en masse. Ils ont défoncé la balustrade centrale. Et compte tenu du fait que nous sommes des députés de l’opposition et que moi-même je suis d’un certain âge, ils ont dit " Tonton, il n’y a pas de problèmes, venez ", et ils m’ont conduit plus loin ».
12h35 : Une question est sur toutes les lèvres : où est le président Compaoré ? Des informations contradictoires circulent alors que la foule tente toujours d’entrer à la présidence.
12h30 : En direct sur l’antenne de RFI, le correspondant à Ouagadougou fait le point sur la situation : « Les manifestants sont déterminés. Ils tentent depuis près de deux heures d’entrer dans le palais présidentiel. Il y a encore des tirs ».
12h30 : Une réunion serait en cours entre les responsables militaires et l’empereur des Mossi, l’ethnie majoritaire du pays.
12h25 : Selon un journaliste burkinabè contacté par RFI, il y a des tirs près du quartier des 1 200 logements où il y a eu un mort. Plusieurs chars ont tiré en l’air dans le quartier Ouaga 2 000 près du palais présidentiel.
12h23 : La France regroupe ses ressortissants à son ambassade de Ouagadougou.
12h20 : Zéphirin Diabré, l’un des chefs de file de l’opposition, appelle à la démission du président Blaise Compaoré.
12h00 : Autour du palais présidentiel, le face-à-face entre les forces de l’ordre et les manifestants dure depuis une heure, selon notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani.
11h50 : Un habitant de Bobo Dioulaso, contacté par RFI, confirme la situation tendue dans la ville. Des manifestations ont commencé ce matin de manière dispersée avant que des incendies n’éclatent au siège du parti au pouvoir, à la mairie et à plusieurs domiciles de responsables politiques.
11h45 : Le site d’information Burkina24 témoigne d’une situation confuse à Bobo Dioulasso, la deuxième plus grande ville du pays.
11h36 : Selon plusieurs témoignages circulant sur les réseaux sociaux, des manifestants auraient tenté d’envahir le domicile du frère du président Compaoré. Les forces de l’ordre auraient alors tiré dans la foule. Aucun bilan n’est encore disponible.
11h30 : Pour l’un des leaders de l’opposition, Bénéwendé Sankara, le président Compaoré doit « tirer les conséquences » de l'assaut contre l'Assemblée à Ouagadougou.
11h17 : Selon un journaliste de l’AFP, il y aurait un mort parmi les manifestants. Depuis quelques minutes, une information similaire circulait sur les réseaux sociaux évoquant un décès par balle dans le quartier des 1 200 logements.
11h10 : Selon des témoins sur place, des flammes s’échappent du bâtiment de l’Assemblée nationale, saccagé plus tôt dans la matinée par les manifestants.
11h00 : Frédéric Garat, envoyé spécial de RFI à Ouagadougou, évoque le saccage de l’hôtel Azalaï Indépendance par les manifestants. Désormais, les protestataires se regroupent vers le centre-ville.
10h50 : Dans un communiqué officiel, le gouvernement du Burkina Faso appelle au calme et à la retenue.
10h45 : Interrogé par RFI, le porte-parole du gouvernement, Alain-Edouard Traoré confirme l’annulation du vote du projet de loi. Un vote qui devait avoir lieu ce jeudi. Mais il ne donne aucune information sur une possible annulation du projet de loi portant sur la modification de la Constitution.
10h35 : Pour Ablassé Ouédraogo, député de l’opposition, la situation est grave : « Nous n’étions pas encore dans l’hémicycle quand l’Assemblée a été prise d’assaut. Le Burkina Faso est en train de sombrer dans le chaos. Ce n’est pas organisé et tout peut arriver. Si on nous avait écoutés, on aurait pu éviter tout cela ».
10h25: Selon le site d'information Burkina24, les locaux de la RTB-télé ont été saccagés par les manifestants et celle-ci a cessé d’émettre.
10h: La situation est extrêmement tendue devant l’Assemble nationale qui est toute enfumée. Depuis ce matin, les manifestants avaient tenté par tous les moyens d’y accéder et finalement vers 09h30 TU, ils ont réussi à pénétrer à l’intérieur de l’hémicycle. Les députés sont parvenus à s’échapper par une porte de secours se situant derrière le bâtiment du Parlement.
Sur place, les manifestants ont tout saccagé et incendié des véhicules avant de se diriger vers la télévision nationale du Burkina Faso où ils entendent faire une déclaration. Aux alentours du Parlement, il y a toujours des détonations et certains protestataires affrontent toujours les forces de l’ordre.
Les forces de sécurité du Faso, la force d’élite, ont d’abord tiré en l’air pour essayer de disperser les manifestants, mais face à leur détermination, le service de sécurité présidentielle a libéré le passage. Maintenant, ces forces de l’ordre sont du côté de la télévision nationale pour protéger le bâtiment.
Actuellement, les manifestants se sont dispersés dans la ville en scandant « Libérez Kossyam », du nom du palais présidentiel. Smokey, l’un des chefs de file du Balai citoyen, estime qu’en empêchant le vote, l’objectif du jour est atteint et n’encourage pas les manifestants à se diriger vers le palais présidentiel.
Le vote de ce projet de loi controversé n’a donc pas eu lieu ce matin.
© RFI

ALERTE - Burkina : un responsable de l'opposition assure que l'armée s'est soudée avec le peuple contre Compaoré

© RFI

© RFI

© RFI

© RFI
(©AFP / 30 octobre 2014 15h25)
Burkina : la France appelle au calme et à la retenue
Paris - La France a appelé à un retour au calme au Burkina Faso en demandant à toutes les parties de faire preuve de retenue après les violences qui ont fait au moins un mort jeudi matin dans la capitale Ouagadougou.

La France, qui compte un peu plus de 3.500 ressortissants officiellement recensés dans le pays, suit avec beaucoup d'attention le déroulement des manifestations, a souligné le ministère des Affaires étrangères lors d'un point de presse électronique.
Nous déplorons les violences qui ont eu lieu dans et aux alentours de l'Assemblée nationale. Nous appelons au retour au calme et demandons à toutes les parties de faire preuve de retenue, a déclaré le porte-parole du ministère.
Notre ambassade est en contact permanent avec la communauté française qu'elle informe de l'évolution de la situation, a-t-il précisé.
Le Burkina Faso a plongé jeudi dans le chaos, lors de manifestations contre le vote prévu dans la journée d'une révision constitutionnelle qui permettrait le maintien au pouvoir du président Blaise Compaoré, l'un des hommes forts d'Afrique de l'Ouest.
Sous la pression, le gouvernement a annulé le vote.
Les violences ont fait au moins un mort dans la capitale Ouagadougou, où l'Assemblée nationale a été incendiée et la télévision publique prise d'assaut.
Pour le régime en place depuis le putsch de 1987 dans ce pays sahélien très pauvre, il s'agit de la plus grave crise depuis l'immense vague de mutineries de 2011.
La France avait critiqué le 23 octobre le processus de révision constitutionnelle engagé pour permettre à M. Compaoré de se représenter lors de la prochaine élection présidentielle prévue l'an prochain, en faisant passer de deux à trois le nombre maximal de quinquennats présidentiels.
Le chef de l'Etat burkinabé avait vertement répondu deux jours plus tard à Paris, ainsi qu'à Washington qui avait émis les mêmes réserves, de ne pas se mêler des affaires de son pays.
La Maison Blanche a elle aussi fait part jeudi de sa vive inquiétude quant à l'évolution de la situation au Burkina. Nous estimons que les institutions démocratiques sortent renforcées lorsque les règles établies sont respectées, a expliqué la présidence américaine.
(©AFP / 30 octobre 2014 14h47)

Burkina Faso : les forces de sécurité tirent sur des manifestants
Les forces de sécurité chargées de protéger le secteur près du palais présidentiel burkinabé ont tiré des coups de feu et des gaz lacrymogènes à l'approche de manifestants. Trois corps sont restés au sol. Des incidents ont également eu lieu dans la deuxième ville du pays.
A Ouagadougou, la foule a marché sur le palais présidentiel situé dans le secteur Ouaga 20 après avoir auparavant pris d'assaut le bâtiment de l'Assemblée nationale et la télévision d'Etat. Certains manifestants ont mis le feu à des parties du Parlement.
Les forces du sécurité qui gardaient la maison du frère du président Blaise Compaoré ont ouvert le feu alors que les manifestants tentaient de s'emparer de la propriété, laissant trois corps gisant sans mouvement sur le sol, a rapporté un témoin.
Des incidents ont également eu lieu à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du pays. Des manifestants ont incendié la mairie et le domicile du maire (pro-Compaoré), le siège du parti présidentiel ainsi que la maison du porte-parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré, originaire de la région, ont indiqué des témoins.
Réforme retirée
Au milieu de ces violences, M. Traoré a annoncé que le gouvernement avait "annulé le vote" prévu d'une révision constitutionnelle très controversée devant permettre le maintien au pouvoir du président Compaoré. Les autorités ont également "appelé les populations au calme et à la retenue", après le saccage de l'Assemblée par des manifestants.
Depuis trois jours, les manifestants protestent contre une réforme de la constitution ouvrant la voie au maintien au pouvoir de Blaise Compaoré. Le mandat du président, au pouvoir depuis le coup d'Etat de 1987, expire l'année prochaine. En l'état actuel, après deux septennats et deux quinquennats, la Constitution ne lui permet pas de briguer un nouveau mandat.
(ats / 30.10.2014 14h17)





