Le chef des musulmans du Nigeria accuse l'armée de lâcheté face à Boko Haram Posté le 24/11/2014 - Par Kano (Nigeria) - (©AFP / 24 novembre 2014 22h32) Nigériia vs Boko Haram

Nigeria : Boko Haram s'empare d'une nouvelle localité dans le nord-est
Maiduguri (Nigeria) - Le groupe islamiste armé Boko Haram s'est emparé lundi de Damasak, une ville du nord-est du Nigeria, frontalière du Niger, provoquant la fuite de centaines d'habitants, a-t-on appris mardi de sources concordantes.
Les combattants islamistes ont infiltré cette ville située à une centaine de kilomètres de la rive ouest du lac Tchad en se déguisant en marchands et en dissimulant leurs armes dans des cartons de marchandises, ont indiqué un sénateur de la région et une source sécuritaire.
Le bilan de l'attaque n'est pas connu, mais elle a fait de nombreux morts, selon des responsables municipaux.
Les soldats nigérians se sont enfuis avec une partie de la population pour trouver refuge au Niger, a affirmé Maina Ma'aji Lawan, qui représente au Sénat du Nigeria l'Etat de Borno, épicentre de l'insurrection de Boko Haram.

Armée nigériane en manoeuvre © AFP
Il n'y a plus un seul homme à Damasak. Boko Haram contrôle la ville, parce tous les hommes et les soldats ont fui, a déclaré le sénateur à l'AFP, interrogé par téléphone depuis Abuja.
D'après les informations que nous avons, les terroristes de Boko Haram ont établi leur pouvoir à Damasak. Ils ont capturé la ville, a confirmé une source sécuritaire à Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno.
Le groupe islamiste s'est emparé depuis le printemps 2014 d'une vingtaine de villes dans les trois Etats de Borno, d'Adamawa et de Yobe, et affirme avoir instauré un califat islamique dans les zones sous son contrôle.
Selon un responsable municipal de Damasak, Usman Kalil, les islamistes ont détruit le marché, l'hôpital et les bureaux de la municipalité et hissé leur drapeau sur la ville.
Ils ont tué beaucoup de gens, mais je ne sais pas combien. Les femmes et les enfants (qui sont restés dans la ville) sont sous leur contrôle, a-t-il ajouté.
Lundi, le Sultan de Sokoto, chef des musulmans du Nigeria, a accusé l'armée de fuir lâchement face aux attaques des combattants de Boko Haram dans tout le nord-est du pays.
Plus de 13.000 personnes ont été tuées depuis le début de l'insurrection de Boko Haram en 2009, et près de 1,5 million d'habitants ont été déplacés par les violences.
(©AFP / 25 novembre 2014 11h17)
Le chef des musulmans du Nigeria accuse l'armée de lâcheté face à Boko Haram
Kano (Nigeria) - Le Sultan de Sokoto, chef des musulmans du Nigeria, a accusé lundi l'armée de fuir lâchement face aux attaques du groupe islamiste Boko Haram et de terroriser la population civile dans le nord-est du pays.
Les soldats prennent leurs jambes à leur cou et abandonnent leur base, leurs armes, leurs munitions et tout leur équipement militaire à l'approche des insurgés, accuse dans un communiqué l'organisation des musulmans du Nigeria (JNI), qui s'exprime au nom du Sultan de Sokoto, Muhammad Sa'ad Abubakar.

Sultan de Sokoto, Muhammad Sa'ad Abubakar
Les forces de l'armée nigériane ne refont surface qu'après la fin des attaques meurtrières, et terrorisent davantage des populations déjà terrorisées, en installant des barrages routiers et en fouillant les maisons, ajoute le texte.
Il s'agit de la plus dure critique jamais prononcée par un dignitaire religieux de son rang à ce sujet.
La semaine dernière, l'Emir de Kano, Sanusi Lamido Sanusi, deuxième autorité musulmane du Nigeria, avait lui aussi mis en doute la compétence de l'armée et affiché son soutien aux miliciens locaux dans la lutte contre Boko Haram.

Sanusi Lamido Sanusi
Ces nouvelles critiques d'un haut dignitaire religieux devraient irriter le président Goodluck Jonathan, déjà en campagne pour sa réélection en février prochain, pour qui ces personnalités ne sont pas censées s'impliquer dans les questions politiques et militaires.
Dans un discours prononcé ce weekend lors d'un déplacement à Atlanta, aux Etats-Unis, le porte-parole de l'armée nigériane, Chris Olukolade, a accusé les médias étrangers et d'autres militants de dénigrer les efforts menés par l'armée nigériane dans le Nord-Est, d'affecter le moral des troupes et de ternir l'image du pays à l'étranger.
Le Sultan de Sokoto a rencontré lundi le chef des Chrétiens du Nigeria (CAN), Ayo Oritsejafor, lors d'une table ronde à Abuja.
A l'issue de cette rencontre, M. Oritsejafor s'est dit inquiet pour les Chrétiens du Nord, pris pour cible par Boko Haram.
Il serait faux d'affirmer que (les islamistes) ne tuent pas de musulmans (...) mais si vous allez dans une ville comme Mubi, capitale économique de l'Etat d'Adamawa, dans le Nord-Est, récemment capturée par Boko Haram avant d'être reprise, toutes les églises y ont été détruites. Cela est très douloureux, a-t-il déclaré.
M. Sa'ad Abubakar a pour sa part rappelé avoir déjà rédigé une série de recommendations, avec son homologue chrétien, sur la façon de mettre fin à l'insurrection islamiste dans le Nord-Est, qui ont été remises au président Jonathan il y a deux ans, sans qu'elles ne soient suivies d'effets.
Nous ne pouvons que donner des conseils, nous n'avons pas les pouvoirs constitutionnels pour mettre en place ces mesures sur le terrain a-t-il déclaré.
En voyage au Tchad , M. Jonathan n'a pas réagi à ces propos. Il a seulement rappelé, dans un communiqué, que le Nigeria avait besoin de l'aide de ses voisins pour parvenir à juguler l'insurrection islamiste.
Plus de 13.000 personnes ont été tuées depuis le début en 2009 de l'insurrection de Boko Haram, qui se dit désormais à la tête d'un califat islamique dans les zones sous son contrôle. Près de 1,5 million d'habitants ont été déplacés par les violences.
L'état d'urgence dans trois Etats du nord-est du Nigeria, en vigueur depuis mai 2013, a expiré jeudi. Les violences n'ont cessé d'empirer depuis 18 mois dans les Etats concernés (Borno, Yobe et Adamawa), où au moins une vingtaine de villes sont contrôlées par les islamistes.
(©AFP / 24 novembre 2014 22h32)





