Victime d’erreur judiciaire en Mauritanie : Notre compatriote Yaya Cissé menacé d’exécution Posté le 09/04/2015 - Par Aboubacar DICKO Publié le 8 avr 2015 23h45 Justice

 

 

 

 

 

Victime d’erreur judiciaire en Mauritanie : Notre compatriote Yaya Cissé menacé d’exécution

 

 

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 Victime d'erreur judiciaire en Mauritanie : Notre compatriote Yaya Cissé menacé d’exécution

Yaya Cissé

Natif de la région de Mopti, Yaya Cissé est détenu depuis bientôt trois ans dans une prison en Mauritanie où il a été condamné à la peine capitale pour meurtre et complicité de meurtre commis sur un guide maure. Selon son avocat et plusieurs témoignages, il a été victime d’erreurs judiciaires et qu’à ce titre, il est illégalement détenu dans ce pays frère et voisin du Mali.

Dans son entourage et à l’intérieur du pays, de manière générale, les gens sont dépassés par le calvaire que vit Yaya cissé, ressortissant malien depuis trois ans en Mauritanie où il attend, inoffensif, l’exécution de la sentence. Il a été condamné par toutes les instances judiciaires mauritaniennes (de la cour d’Appel à la Chambre pénale de la Cour Suprême) à la peine de mort pour meurtre et complicité de meurtre commis sur la personne d’Ahmedou Ould Ama, guide de son Etat.

Et cela, sur la base du seul témoignage d’une détenue ressortissante du Mali, Maï Diarra connue pour ses pratiques de maraboutage et considérée comme le principal auteur du meurtre. Pire encore, pendant toutes les procédures, de l’enquête préliminaire à l’instruction en passant par le parquet, cette dernière n’avait jamais mentionné le nom de Yaya Cissé dans ses déclarations. Ce n’est qu’à la barre qu’elle a affirmé avoir » vu Ahmedou Ould Ama (la victime) pour la dernière fois avec Yaya Cissé « .

Selon des témoignages, dont des personnes avec qui il a effectué le trajet, Yaya Cissé a quitté la capitale mauritanienne le 25 juillet 2010 à bord du vol NKTT de Mauritanie Airways pour arriver à Bamako le lendemain 26 juillet à 00 heures 40 minutes par l’axe Nouakchott-Dakar-Bamako. Soit la nuit de l’assassinat du sieur Ahmedou Ould Ama à 1heure du matin. «  C’est moi-même qui suis partie l’accueillir ce soir à l’aéroport international de Bamako Sénou  » affirme sa femme, angoissée. Selon un de ses compagnons de longue date, «  Yaya ne saurait faire du mal à une mouche « . «  Sa présence au Mali à cette date ne fait l’objet d’aucun doute parce qu’il a été chez moi personnellement deux jours après son arrivée  » a précisé pour sa part Moussa Maïga, ami d’enfance de Yaya.

Hélas ! Malgré cet aspect, affirmé et démontré par ses documents de voyages comme le passeport avec cachets de sortie de Nouakchott et d’entrée au Mali, le pauvre a été condamné à la peine de mort. Cela, après son retour en Mauritanie, deux ans après le meurtre, pour intercéder en faveur de certains de ses compatriotes en détention préventive auprès des commissariats, en sa qualité de président de l’Association des Ressortissants Maliens en Mauritanie.

Les Maliens se mobilisent pendant que les autorités se taisent

Au sein de l’opinion publique malienne, les voix commencent à se lever contre cette incarcération que d’aucuns jugent d’arbitraire. Déjà, un comité de soutien a été mis en place par plusieurs jeunes à Bamako pour lutter pour sa libération en plus des associations de droit de l’homme qui s’intéressent à l’affaire. Dans les jours à venir, il est fort probable qu’il soit mis en place un réseau de journalistes maliens pour aider ses avocats maliens et mauritaniens à faire toute la lumière sur cette affaire.

Pendant ce temps, les autorités restent muettes et n’ont pas encore bougé le petit doigt pour intercéder en faveur de ce ressortissant malien. Au contraire, des sources concordantes indiquent qu’elles semblent même être gênées quand on aborde le sujet avec certaines d’entre elles.  Pourtant il entretient de bonnes relations avec plusieurs ambassadeurs, députés et ministres dont l’actuel chef du département des Maliens de l’Extérieur.

  Aboubacar DICKO

 

 

 

 

 

Son avocat a qualifié cette accusation de cas d’erreur judiciaire. Un point de presse s’est tenu à cet effet le samedi dernier à la Mutec  sise à Badalabougou en commune V du district de Bamako

 

 

S’il y’a un sujet qui préoccupe les défenseurs des droits humains, c’est bien le cas de Yaya Cissé, ce malien résidant en République Islamique de Mauritanie. Me Hamadi Karembé, son avocat a dénoncé ce qu’il appelle un cas d’erreur judiciaire.

Le rappel des faits : Yaya Cissé, le mis en cause  affirme avoir quitté Nouakchott le 25 juillet 2010 par le vol NKTT de Mauritanie Airways pour arriver à Bamako le 26 juillet 2010 à 00h 40 mn par le trajet Nouakchott-Dakar-Bamako.  Alors que le crime de meurtre auquel il est accusé être l’auteur aurait été commis dans la même nuit du 26 juillet vers 1 h du matin. Que s’est-il passé pour qu’on accuse notre compatriote de meurtre sur le sol mauritanien, pendant que l’intéressé se trouvait  à Bamako au  même moment. Ce sont là les questions qui taraudent les esprits de nos compatriotes au parfum de cette affaire, s’est interrogé son conseil.

Cette déclaration a été confirmée  par les témoignages des personnes qui ont voyagé avec lui et avec lesquelles il a séjourné au Mali jusqu’à son retour de Bamako le 1er août 2010 à 7h30 mn par la compagnie Mauritanie Airways. C’est 2 ans après que les faits et sur dénonciation calomnieuse d’une détenue que  les différentes juridictions ont prononcé cette lourde sentence de peine capitale à l’encontre de notre compatriote.

Yaya Cissé est le président de l’association des Ressortissants Maliens en Mauritanie ‘’Yèrèko’’. A ce titre, il  est revenu à Nouadhibou pour entreprendre, depuis 2ans, des démarches auprès des Commissariats, Tribunaux et Prisons en faveur de ses compatriotes (supposés co-auteurs et complices, encore en détention préventive). Que c’est dans ces circonstances qu’il a subitement été mis en cause et arrêté malgré la présentation de ses documents de voyage (passeport avec cachets de sortie de Nouakchott et d’entrée au Mali) que pire qu’aucune investigation nécessaire n’a été effectuée.

Après toutes ces preuves palpables, rien ne saurait justifier l’emprisonnement de notre compatriote, qui, aux dires de ses connaissances, a été victime de sa générosité. Ils  gardent de lui un homme respectueux de la justice du pays d’accueil. La Mauritanie est-elle un pays de non droit, s’interroge un participant à cette conférence de presse.

Pour ses compatriotes, le plus urgent reste la mobilisation pour obtenir sa libération pure et simple. Pour ce faire, on doit mettre tous les moyens nécessaires pour parvenir à ce but. Sa libération est aussi une question de rétablir la dignité de l’homme malien reconnu à l’extérieur pour sa bravoure à affronter toutes les difficultés de la vie pour gagner  sa vie.

Une interpellation à peine voilée adressée au régime actuel à s’impliquer pour sauver la vie de son  compatriote qui risque de perdre sa vie à cause d’une fausse accusation. Comme le disent les psychologues, ‘’l’indifférence  tue plus  l’homme que la  maladie’’.Les maliens risquent de tuer ce dernier si nous restons indifférents à sa souffrance psychologique et physique. C’est le seul message qui vaille aujourd’hui pour obtenir la libération de Yaya Cissé, des geôles de la prison mauritanienne.

Par Hassane Kanambaye
Source : Le Progrès



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