Chantage contre roi du Maroc : le journaliste français concède un accord financier, réfute tout chantage Posté le 29/08/2015 - Par Paris - (©AFP / 27 août 2015 20h00) Maghreb

Chantage contre roi du Maroc : le journaliste français concède un accord financier, réfute tout chantage
Paris - Le journaliste français Eric Laurent, inculpé avec une consoeur pour avoir tenté de faire chanter le royaume du Maroc, a concédé avoir cherché un accord financier avec Rabat mais a réfuté tout chantage, se disant victime d'une manipulation politique dans une déclaration samedi à l'AFP.

Eric Laurent reconnaît et assume, pour des raisons qui tiennent à un contexte personnel difficile, avoir consenti à rechercher un accord financier dans des conditions totalement étrangères à un chantage ou une extorsion de fonds, a déclaré à l'AFP son avocat, Me William Bourdon.
Rien dans le dossier n'établit (...) que l'un ou l'autre des journalistes aurait initié une discussion de nature financière et pas plus n'aurait exigé un paiement en contrepartie de la renonciation à publier le livre, a ajouté le défenseur d'Éric Laurent.
Ce dernier a été mis en examen, dans la nuit de vendredi à samedi, comme sa consoeur Catherine Graciet, pour chantage et extorsion de fonds. Tous deux sont soupçonnés d'avoir exigé trois, puis deux millions d'euros du Maroc en échange de l'abandon de leur projet de livre et d'informations compromettantes sur la royauté.

William Bourdon dénonce l'opération de désinformation ahurissante menée depuis 48 heures par l'avocat de Rabat, une tentative de manipulation de l'opinion publique (qui) n'est que le prolongement d'une première manipulation, soit le traquenard ourdi par Me Naciri, émissaire du roi, pour piéger les journalistes.
Ce dossier apparaît aujourd'hui comme une opération politique de Rabat pour mettre en scène de façon opportuniste sa victimisation dans des conditions de complaisance qui ne laissent pas à poser question, a ajouté l'avocat, pour qui le zèle des agents français apparaît hors normes, illustré par la désignation de trois juges d'instruction, d'évidence hors de proportion avec les faits.
On a voulu aussi diaboliser, discréditer les seuls journalistes qui aujourd'hui dénoncent les dérives de la monarchie chérifienne et dont l'enquête est de nature à révéler de lourds secrets, poursuit-il.
Un non-lieu sera demandé en temps et en heure et rapidement des actes de nature à établir les conditions dans lesquelles a été conçu, élaboré et avec quels appuis ce coup monté, a conclu l'avocat.
(©AFP / 29 août 2015 18h46)
Soupçons de chantage sur le roi du Maroc : deux journalistes français déférés devant la justice
Paris - Deux journalistes français, soupçonnés d'avoir tenté de faire chanter le royaume du Maroc avec des informations supposées gênantes, sont arrivés vendredi soir au palais de justice de Paris en vue d'une éventuelle mise en examen, a constaté une journaliste de l'AFP.
Dans ce scénario rocambolesque, les deux journalistes, Eric Laurent et Catherine Graciet, ont été arrêtés jeudi à Paris à la sortie d'un rendez-vous avec un représentant du Maroc au cours duquel il y a eu remise et acceptation d'une somme d'argent, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.
L'avocat de Catherine Graciet, Me Eric Moutet, a confirmé vendredi soir l'existence d'un deal financier, dans un contexte très troublant.
Le royaume marocain a des comptes évidents à solder avec Catherine Graciet et un nouveau livre sur l'entourage du roi est en préparation au moment où le deal financier se met en place, a-t-il déclaré à l'AFP.
Le parquet de Paris a ouvert mercredi une information judiciaire pour tentative d'extorsion de fonds et tentative de chantage.

Selon le récit de l'avocat du Maroc, Me Eric Dupond-Moretti, l'affaire commence le 23 juillet quand Eric Laurent contacte le cabinet royal et sollicite une rencontre en disant qu'il prépare un livre.
Le journaliste de 68 ans n'est pas un inconnu au Maroc. Il a publié en 1993 un livre d'entretiens avec l'ancien monarque Hassan II, père de l'actuel roi Mohammed VI. Début 2012, il publie, avec Catherine Graciet cette fois, un livre accusateur contre Mohammed VI, Le roi prédateur. L'édition du journal espagnol El Pais avait été interdite sur le territoire marocain le jour où le quotidien avait publié les bonnes feuilles du livre.
Après l'appel d'Eric Laurent, un représentant du cabinet du roi, un avocat marocain, a rencontré le journaliste. Et là, surprise, énorme, raconte Me Dupond-Moretti, Eric Laurent dit +écoutez, je prépare un livre avec Mme Graciet, co-auteure, et moyennant trois millions d'euros, il n'y a pas de polémique, on retire notre bouquin+.
- 'Piège' -
Le Maroc a déposé plainte à Paris, conduisant le parquet à ouvrir une enquête. Dans ce cadre, des réunions ont été organisées, des rencontres filmées, enregistrées, entre le représentant du roi et les journalistes, poursuit Me Dupond-Moretti.
C'est précisément l'avocat mandaté par le roi qui piège les journalistes par des enregistrements sauvages, a relevé de son côté l'avocat de Catherine Graciet, jugeant qu'il y a dans cette affaire une logique de stratagème.
Selon Me Dupond-Moretti, les deux journalistes sont sortis du dernier rendez-vous parisien, jeudi, sous surveillance policière, avec un acompte substantiel de 40.000 euros chacun.
Peu après, ils ont été arrêtés et placés en garde à vue dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Les deux journalistes ont publié plusieurs autres ouvrages (Bush, l'Iran et la bombe, La face cachée du pétrole, La face cachée du 11 septembre pour Eric Laurent, La régente de Carthage: main basse sur la Tunisie, Sarkozy-Kadhafi, histoire secrète d'une trahison pour Catherine Graciet). Jeudi, les Editions du Seuil ont confirmé à l'AFP qu'ils préparaient un livre sur le roi du Maroc, pour une sortie en janvier/février.
Si les faits sont avérés c'est très surprenant de la part de Catherine. Elle n'a pas le profil pour ce type de délit, a réagi le journaliste Nicolas Beau, co-auteur de La régente de Carthage.
L'affaire intervient dans un contexte particulier entre Paris et Rabat, qui se sont réconciliés début 2015 après une brouille d'un an à cause de plaintes à Paris pour tortures contre le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi. En février 2014, des policiers lui avaient notifié directement à l'ambassade du Maroc à Paris où il se trouvait une convocation d'un juge d'instruction, suscitant la colère de Rabat.
(©AFP / 29 août 2015 00h16)
Chantage contre le Maroc : l'avocat de la journaliste confirme un deal financier, évoque un piège
Paris - Un deal financier a bien eu lieu entre le Maroc et les deux journalistes français soupçonnés d'avoir fait chanter le royaume, qui ont été piégés par des enregistrements sauvages, a déclaré à l'AFP l'avocat de la journaliste Catherine Graciet, Eric Moutet.

Catherine Graciet et Eric Laurent, placés jeudi en garde à vue, sont arrivés vendredi soir au palais de justice de Paris pour être présentés à un juge d'instruction en vue de leur éventuelle mise en examen, a constaté une journaliste de l'AFP.
Le contexte du dossier est très troublant : le royaume marocain a des comptes évidents à solder avec Catherine Graciet et un nouveau livre sur l'entourage du roi est en préparation au moment où le deal financier se met en place, a estimé son avocat.
L'affaire, singulière et rocambolesque, a été révélée peu après l'arrestation des deux journalistes, qui venaient de se faire remettre de l'argent au cours d'un rendez-vous organisé à Paris avec un représentant du Maroc. Ils sont soupçonnés d'avoir voulu faire chanter le roi du Maroc Mohammed VI avec des informations supposées gênantes.
Pour Me Moutet, c'est précisément l'avocat mandaté par le roi qui piège les journalistes par des enregistrements sauvages.
Il y a dans cette affaire une logique de stratagème qui s'est mise en place, a-t-il jugé, et l'instruction devra déterminer le rôle de chacun.
(©AFP / 28 août 2015 23h13)
Deux journalistes français arrêtés à Paris, soupçonnés de chantage contre le roi du Maroc
Paris - Deux journalistes français ont été arrêtés jeudi à Paris, soupçonnés d'avoir fait chanter le royaume du Maroc en demandant 3 millions d'euros pour ne pas publier un livre contenant des informations compromettantes, a-t-on appris de source judiciaire.

Les journalistes, Eric Laurent et Catherine Graciet, ont été interpellés après un rendez-vous avec un représentant du Maroc où ils ont reçu de l'argent, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP, confirmant des propos de l'un des avocats de Rabat, Me Eric Dupond-Moretti, sur la radio RTL.
Il y a eu remise et acceptation d'une somme d'argent, a indiqué cette source.
Les deux journalistes, qui ont déjà écrit sur le Maroc, ont été placés en garde à vue à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) dans le cadre d'une information judiciaire ouverte mercredi pour tentative d'extorsion de fonds et tentative de chantage, a précisé la source judiciaire.
Le Maroc avait déposé plainte à Paris la semaine dernière. Selon le récit de l'avocat du Maroc sur RTL, Eric Laurent avait contacté une première fois le cabinet royal le 23 juillet, en indiquant qu'il préparait un livre.
Un premier rendez-vous aurait eu lieu le 11 août, au cours duquel le journaliste aurait proposé de ne pas diffuser le livre contre trois millions d'euros. Après la plainte, deux autres rendez-vous ont été organisés, dont celui de jeudi, mais sous la surveillance cette fois des enquêteurs.
Contactées par l'AFP, les Editions du Seuil ont confirmé que les deux auteurs préparaient un livre sur le roi du Maroc Mohammed VI, pour une sortie en janvier-février.
En 2012, ils avaient déjà sorti, toujours au Seuil, Le roi prédateur, main basse sur le Maroc.
Eric Laurent est l'auteur de nombreux livres d'enquête: Aux banques les milliards, à nous la crise, qui doit être publié le 9 septembre, La face cachée du pétrole (Plon, 2006), La face cachée des banques (Plon), Bush, l'Iran et la bombe (Plon).
Catherine Graciet a pour sa part publié en 2013 Sarkozy-Kadhafi, histoire secrète d'une trahison.
(©AFP / 27 août 2015 20h00)





