France : un avocat tire sur un confrère et se suicide dans un tribunal Posté le 29/10/2015 - Par Melun - (©AFP / 29 octobre 2015 17h49) France

 

 

 

 

France : un avocat tire sur un confrère et se suicide dans un tribunal

 

 

 

 

 

 


Melun - Un tribunal de la région parisienne a été jeudi matin le théâtre d'un drame rarissime : un avocat a tiré à plusieurs reprises sur un de ses confrères, le blessant grièvement, avant de retourner l'arme contre lui.

Touché au moment où il était dans un bureau du tribunal de Melun (sud de Paris), Henrique Vannier, 43 ans, a été hospitalisé dans un état critique et son pronostic vital n'est plus engagé, a indiqué un procureur-adjoint local, Daniel Atzenhoffer.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'agresseur, l'avocat Joseph Scipilliti, âgé de 63 ans, s'est rendu vers 09H30 dans les locaux de l'ordre des avocats situé dans les étages du tribunal, où il avait rendez-vous avec le bâtonnier, le représentant des avocats d'une juridiction.

Il a aussitôt brandi une arme de poing et a tiré à trois reprises sur Me Vannier à hauteur du thorax, de l'épaule et de la hanche avant de se donner la mort, a précisé le procureur adjoint.

Les agents de sécurité, qui ne l'ont pas fouillé, compte tenu de son statut d'auxiliaire de justice selon M. Atzenhoffer, n'ont rien soupçonné. Il est arrivé comme tous les matins, les yeux perdus dans le vague. C'est quelqu'un de poli, qui dit bonjour, comme ce matin encore, a raconté l'un de ces agents de sécurité.

Ce type d'attaque par arme à feu dans un tribunal est excessivement rare en France : la précédente remonte aux années 1980 lorsqu'une personne avait tiré sur ses juges au tribunal de commerce de Poitiers (sud-ouest).

Joseph Scipilliti, qui a notamment défendu par le passé des collectifs d'extrême droite, nourrissait de vives rancoeurs à l'égard de sa victime.

Il faisait l'objet de poursuites disciplinaires depuis octobre 2014 en raison de différents manquements déontologiques (...) notamment des injures et des menaces verbales et écrites à l'encontre du bâtonnier Vannier, a souligné M. Atzenhoffer. Le conseil régional de discipline avait d'ailleurs prononcé à son encontre en mai 2015 une peine de trois ans d'interdiction d'exercice professionnel.

L'avocat avait confié son hostilité envers Henrique Vannier dans un journal qu'il avait envoyé à plusieurs personnes pendant la nuit, dont des membres du collectif proche de l'extrême droite Riposte Laïque.

Dans ce document aux airs de pamphlet, Me Scipilliti jugeait sur un ton véhément que l'état de droit en France était une imposture. Le bâtonnier Vannier incarnait à lui seul tout ce que je combattais depuis le début de ma carrière, affirmait-il encore. Le suicide seul ne sert à rien. (...) Pour susciter une prise de conscience, il faut faire un grand bruit, promettait-il.

xbur-sva/tmo/hba/bds



(©AFP / 29 octobre 2015 17h49)
 

France  : un avocat tire sur un confrère et se suicide dans un tribunal


Melun - Un tribunal de la région parisienne a été jeudi matin le théâtre d'un drame rarissime : un avocat a tiré à plusieurs reprises sur un de ses confrères, le blessant grièvement, avant de retourner l'arme contre lui.

Touché au moment où il était dans un bureau du tribunal de Melun (sud de Paris), Henrique Vannier, 43 ans, a été hospitalisé dans un état critique et son pronostic vital n'est plus engagé, a indiqué un procureur-adjoint local, Daniel Atzenhoffer.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'agresseur, l'avocat Joseph Scipilliti, âgé de 63 ans, s'est rendu vers 09H30 dans les locaux de l'ordre des avocats situé dans les étages du tribunal, où il avait rendez-vous avec le bâtonnier, le représentant des avocats d'une juridiction.

Il a aussitôt brandi une arme de poing et a tiré à trois reprises sur Me Vannier à hauteur du thorax, de l'épaule et de la hanche avant de se donner la mort, a précisé le procureur adjoint.

Les agents de sécurité, qui ne l'ont pas fouillé, compte tenu de son statut d'auxiliaire de justice selon M. Atzenhoffer, n'ont rien soupçonné. Il est arrivé comme tous les matins, les yeux perdus dans le vague. C'est quelqu'un de poli, qui dit bonjour, comme ce matin encore, a raconté l'un de ces agents de sécurité.

Ce type d'attaque par arme à feu dans un tribunal est excessivement rare en France : la précédente remonte aux années 1980 lorsqu'une personne avait tiré sur ses juges au tribunal de commerce de Poitiers (sud-ouest).

Joseph Scipilliti, qui a notamment défendu par le passé des collectifs d'extrême droite, nourrissait de vives rancoeurs à l'égard de sa victime.

Il faisait l'objet de poursuites disciplinaires depuis octobre 2014 en raison de différents manquements déontologiques (...) notamment des injures et des menaces verbales et écrites à l'encontre du bâtonnier Vannier, a souligné M. Atzenhoffer. Le conseil régional de discipline avait d'ailleurs prononcé à son encontre en mai 2015 une peine de trois ans d'interdiction d'exercice professionnel.

L'avocat avait confié son hostilité envers Henrique Vannier dans un journal qu'il avait envoyé à plusieurs personnes pendant la nuit, dont des membres du collectif proche de l'extrême droite Riposte Laïque.

Dans ce document aux airs de pamphlet, Me Scipilliti jugeait sur un ton véhément que l'état de droit en France était une imposture. Le bâtonnier Vannier incarnait à lui seul tout ce que je combattais depuis le début de ma carrière, affirmait-il encore. Le suicide seul ne sert à rien. (...) Pour susciter une prise de conscience, il faut faire un grand bruit, promettait-il.

xbur-sva/tmo/hba/bds



(©AFP / 29 octobre 2015 17h49)

 

 



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