Congo : quatre candidats appellent à contester la réélection de Sassou par des actions légales et pacifiques Posté le 26/03/2016 - Par BRAZZAVILLE - (©AFP / 25 mars 2016 22h01) Afrique élections

Congo : les socialistes français jugent non crédible la victoire annoncée de Denis Sassou Nguesso

PARIS - Le Parti socialiste au pouvoir en France a jugé samedi non crédible la réélection au premier tour du président congolais sortant, Denis Sassou Nguesso, annoncée jeudi par une commission électorale qu'il juge notoirement partiale.
Le Parti socialiste dénonce l'absence de transparence de tout le processus électoral. Il dénonce également les coupures de toutes les communications avec l'extérieur du pays imposées pendant la fin de semaine du vote. De même, il condamne l'agression dont ont été victimes les envoyés spéciaux de l'Agence France-Presse et du quotidien Le Monde après leur entretien avec un candidat de l'opposition, écrit dans un communiqué la direction de la formation du président François Hollande.
Depuis des mois, le président congolais a placé son pays sous un régime d'état d'urgence de fait, dont la seule justification a été d'entraver la libre circulation et la libre expression des opposants politiques, accuse le PS.
Dans de telles conditions, le Parti socialiste juge non crédible le résultat annoncé par une commission électorale notoirement partiale et demande instamment aux organisations internationales, particulièrement à l'Union africaine et à l'Union européenne de se saisir immédiatement de la question afin de prévenir une crise majeure pour la région.
On a l'impression que si on avait été membre de l'Internationale socialiste, on aurait probablement eu droit à l'indulgence de M. Braud, qui de toute façon, n'engage que lui-même, a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Thierry Moungalla, en faisant référence au signataire du texte du PS, Maurice Braud, secrétaire national du PS à l'International.
Les autorités congolaises ont annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi la victoire de M. Sassou Nguesso au premier tour de l'élection présidentielle du 20 mars, avec plus de 60% des voix. Il a devancé deux candidats de l'opposition, Guy-Brice Parfait Kolélas (15,05%) et le général Jean-Marie Michel Mokoko (13,89%) qui ont dénoncé un scrutin selon eux entaché de fraudes.
Les autorités avaient décidé de couper toutes télécommunications (SMS, internet et téléphone) la veille du scrutin pour des raisons de sûreté nationale afin d'empêcher l'opposition de commettre une illégalité en publiant elle-même les résultats de l'élection.
Jugeant que les conditions d'un scrutin transparent et démocratique n'étaient pas réunies, l'UE avait renoncé à missionner des observateurs.
Mardi, la France avait dénoncé le contexte préoccupant dans lequel s'est déroulée, selon elle, l'élection présidentielle au Congo, où les communications ont été coupées, en soulignant son attachement à la transparence et l'équité du scrutin dans son ancienne colonie.
(©AFP / 26 mars 2016 22h48)
Congo : quatre candidats appellent à contester la réélection de Sassou par des actions pacifiques
BRAZZAVILLE - Quatre candidats à la présidentielle congolaise du 20 mars appellent le peuple congolais à contester par des actions légales et pacifiques la réélection du président sortant Denis Sassou Nguesso dès le premier tour, selon un communiqué authentifié samedi par l'AFP.

Publié avant le long week-end pascal - lundi est férié au Congo-, les quatre signataires de cette déclaration du vendredi 25 mars demandent à l'ensemble du peuple congolais d'observer la première opération +ville morte+ sur l'ensemble du territoire national, le mardi 29 mars 2016.
Ils qualifient de forfaiture les conditions de la tenue de l'élection et les résultats officiels proclamés jeudi avant l'aube et donnant M. Sassou Nguesso vainqueur avec plus de 60% des voix.

Nous engageons le peuple congolais à exercer pleinement sa souveraineté sur sa victoire démocratique à travers des élections reconnues par la loi : villes mortes et autres grèves, meetings et marches pacifiques jusqu'au respect du verdict des urnes, écrivent-ils.

Les quatre candidats à la présidence signataires du texte sont : Guy-Brice Parfait Kolélas (arrivé deuxième avec plus de 15% des voix), le général Jean-Marie Michel Mokoko (troisième avec près de 14%), Claudine Munari et André Okombi Salissa.
Joints par l'AFP, Mme Munari et MM. Kolélas et Okombi Salissa ont confirmé avoir bien signé ce texte. Le général Mokoko n'a pu être joint mais un membre de son équipe de communication a indiqué qu'il en était bien lui aussi signataire.

Les quatre candidats avaient signé avant le vote une Charte de l'opposition pour la victoire dont le but était d'empêcher la réélection de M. Sassou, qui cumule plus de 32 ans à la tête du Congo, pays de quelque 4,5 millions d'habitants dont les principales ressources sont le pétrole et l'exploitation forestière mais dont la population vit majoritairement dans la pauvreté.
Un cinquième candidat, Pascal Tsaty-Mabiala, secrétaire de l'UPADS, premier parti de l'opposition au Parlement, a signé ce pacte électoral anti-Sassou, mais samedi en début d'après-midi, il n'avait pas signé la déclaration endossée par ses alliés.
(©AFP / 26 mars 2016 16h15)
ALERTE - Congo : quatre candidats appellent à contester la réélection de Sassou par des actions légales et pacifiques
(©AFP / 26 mars 2016 15h29)
Congo : la police empêche une conférence de presse d'opposants à Sassou Nguesso
BRAZZAVILLE - La police congolaise a empêché vendredi à Brazzaville la tenue d'une conférence de presse annoncée comme commune de cinq candidats à la présidentielle de dimanche, au lendemain de la proclamation officielle de la réélection du président Denis Sassou Nguesso.
Vers 10h30 (09h30), plus d'une centaine de policiers bloquaient les abords du siège de l'Union panafricaine pour la démocratie et le progrès social (UPADS) à Diatta, quartier de l'ouest de la capitale congolaise, selon des journalistes de l'AFP.
Des témoins ont indiqué que le déploiement des forces de l'ordre avait commencé trois heures plus tôt.
Au siège de l'UPADS, premier parti d'opposition au Parlement - où les journalistes de l'AFP n'ont vu aucun des orateurs annoncés - certains militants ont affirmé qu'il y avait eu des arrestations dans la rue aux abords du bâtiment, sans être en mesure d'en préciser le nombre.
Les journalistes de l'AFP ont vu un pick-up de policiers armés et cagoulés, emmenant deux jeunes qu'ils maintenaient allongés sur le plateau arrière. L'un des deux gémissait, l'autre était immobilisé sans dire mot.
Nous sommes en fin de processus électoral, a déclaré à l'AFP le colonel Tchoumou, porte-parole de la police. Depuis un certain temps, il y a un candidat qui appelle à l'insurrection armée et à la désobéissance civile, a-t-il affirmé.
Dans ces conditions, la police est dans ses droits de prendre des mesures conservatoires, a encore dit l'officier.
Né en 1943, M. Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans au pouvoir au Congo, pays pétrolier de 4,5 millions d'habitants, a été réélu dès le premier tour avec plus de 60% des voix, selon les résultats officiels publiés jeudi.
Peu après cette annonce, le général Jean-Marie Michel Mokoko, arrivé troisième, avec près de 14% des voix, selon le décompte annoncé par les autorités, a lancé un appel à la désobéissance civile généralisée, demandant aux Congolais de réclamer [leur] vote confisqué et volé.
- 'On veut la paix' -
A Paris, Me Norbert Tricaud, avocat du général, a déclaré qu'il s'agissait d'un appel à une grève générale, une protestation pacifique.
Le général Mokoko est l'un des cinq candidats au scrutin du 20 mars unis par la signature d'un charte anti-Sassou ayant dénoncé dès avant la tenue du vote le caractère biaisé, selon eux, de l'élection.
Pour tenter de contrer un pouvoir qu'ils accusent de tricherie, ils avaient créé une Commission technique électorale (CTE) chargée de surveiller le scrutin et de compiler les résultats des bureaux de votes sur la base de leurs procès-verbaux afin de les comparer à ceux de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI).
La conférence de presse annoncée pour vendredi matin aurait pu être une occasion pour le général Mokoko et ses alliés (Guy-Brice Parfait Kolélas, Claudine Munari, André Okombi Salissa Pascal Tsaty Mabiala) d'annoncer le résultat des travaux de la CTE.
Mercredi le président de cette commission n'avait pas été capable de fournir une estimation des résultats à l'échelle nationale et, depuis le vote de dimanche, les cinq signataires de la charte anti-Sassou ne sont pas apparus en mesure d'exprimer une position commune.
Allant à l'encontre de ce que propose le général Mokoko, M. Kolélas, classé deuxième par la CNEI (avec plus de 15% des voix) a fait savoir qu'il ne voulait pas entrer dans une épreuve de force avec le pouvoir et qu'il comptait contester les résultats par les voies légales à sa disposition.
Dans les quartiers sud de Brazzaville, acquis à l'opposition, et qui avaient pris des airs de ville morte dans les jours ayant suivi le scrutin, de nombreuses boutiques sont restées fermées vendredi.
Autour du grand marché Total, des embouteillages témoignent d'un certain retour à la normale, mais l'affluence, si elle progresse, reste encore bien trop faible au dire de nombreux vendeurs.
Les gens on peur, dit un photographe, fatigué des histoires des politiciens.
Une esthéticienne déclarant avoir voté pour le youki (M. Kolélas) estime s'être fait voler son vote. Mais on veut la paix, dit-elle espérant une déclaration publique de son champion susceptible de rassurer ceux qui craignent de possibles troubles.
(©AFP / 25 mars 2016 22h01)
Congo : important déploiement policier autour du siège d'un parti d'opposition
Brazzaville - La police congolaise était déployée vendredi matin devant le siège d'un parti d'opposition où avait été annoncée une conférence de presse commune de cinq concurrents du président Denis Sassou Nguesso, dénonçant sa réélection annoncée jeudi.
Selon plusieurs proches des ces candidats, ceux-ci ont renoncé à se rendre sur place après avoir eu vent du déploiement des forces de l'ordre.
Plus d'une centaine de policiers bloquaient les abords du siège de l'union panafricaine pour la démocratie et le progrès social (UPADS), ont constaté les journalistes de l'AFP vers 10h30 (09h30 GMT).
Selon des témoins, le déploiement des forces de l'ordre avait commencé dès 07h30 locales (06H30 GMT).
Au siège de l'UPADS, premier parti d'opposition au parlement, certains militants ont déclaré qu'il y avait eu des arrestations dans la rue aux abords du bâtiment, sans être en mesure d'en préciser le nombre.
Ces journalistes de l'AFP ont vu un pick-up des policiers armés et cagoulés, emmenant deux jeunes gens gémissant, couchés sur le plateau arrière.
Présent sur le lieu, le général Jacques Antoine Bouiti, directeur départemental de la police de Brazzaville, renvoie les questions des journalistes au porte-parole de la police.
Peu avant, un officier avait affirmé que les forces de l'ordre étaient là pour assurer la sécurité des gens du parti.
Dans une grande salle vide à l'intérieur du bâtiment de l'UPADS, un militant d'un parti de la coalition d'opposition ayant soutenu les cinq candidats s'étant présenté contre M. Sassou Nguesso, a appelé au calme: Il faut se résigner, sinon, il y aura des morts, a-t-il déclaré, si les militants descendent dans la rue,[les policiers] vont tirer et ça va être la guerre civile.
M. Sassou Nguesso a été réélu dimanche dès le premier tour de l'élection présidentielle avec plus de 60% des voix, selon les résultats officiels.
Les cinq candidats d'opposition unis contre lui par un pacte électoral, avaient dénoncé avant le scrutin, le caractère ni sincère, ni transparent de la présidentielle et en ont rejeté les résultats, estimant que le vote avait été marqué par une fraude massive.
Ces derniers jours, des divergences sont apparues entre ces différents candidats. L'un d'eux, le général Jean-Marie Michel Mokoko, arrivé 3e selon les résultats officiels, a appelé la population à la désobéissance civile.
Guy-Brice Parfait Kolelas, que les résultats placent en 2e position, a indiqué éviter d'entrer dans une épreuve de force avec le pouvoir et opter pour contester les résultats par les voies légales à sa disposition.
(©AFP / 25 mars 2016 20h20)
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