L'ex-putschiste Azali Assoumani élu président des Comores Posté le 15/05/2016 - Par Moroni - (©AFP / 15 mai 2016 14h47) Afrique élections

 

 

 

Comores : l'ex-putschiste Azali Assoumani élu président

 


Moroni - L'ex-putschiste et ancien président Azali Assoumani a été élu chef d'Etat des Comores après une élection présidentielle partielle dans des bureaux où le second tour avait été entâché de violences, selon les résultats officiels proclamés dimanche par la Cour Constitutionnelle.

La Cour proclame Azali Assoumani président de l'Union des Comores pour un mandat de cinq ans, a annoncé dimanche Loutfi Soulamaine, le président de la Cour Constitutionnelle, depuis la capitale Moroni.

Avec 41,43% des voix, le colonel Assoumani devance le candidat du pouvoir sortant, Mohamed Ali Soihili dit Mamadou, qui obtient 39,66% des suffrages, selon les résultats définitifs.

Le gouverneur de l'île de Grande-Comore, Mouigni Baraka, arrive en troisième position avec 18,91% des voix.

Azali Assoumani était arrivé en tête à l'issue du deuxième tour de la présidentielle le 10 avril, avec 2.000 voix d'avance seulement sur Mamadou, mais le scrutin avait été émaillé de plusieurs actes de violence, dont la destruction et le bourrage d'urnes, essentiellement à Anjouan, l'une des trois îles de l'Union des Comores.

La Cour constitutionnelle avait alors ordonné l'organisation d'une partielle qui s'est tenue mercredi dans 13 bureaux, tous situés à Anjouan et où Azali Assoumani a conforté son avance sur son rival Mamadou.

J'éprouve de la joie, bien sûr. Mais ce n'est pas seulement la victoire d'Azali, c'est tout le peuple comorien qui a gagné! Le droit a parlé et la paix sociale est préservée, s'est réjoui Mohamed Chatur, le représentant d'Azali Assoumani au sein de la commission électorale.

Le processus a été long et complexe, émaillé d'incidents. La Cour s'est prononcée, nous nous soumettons à sa décision, a indiqué à l'AFP Said Larifou, le porte-parole de Mamadou, reconnaissant la défaite de son candidat.

Nous souhaitons bonne chance à la nouvelle équipe, a-t-il ajouté.

Azali Assoumani, un officier de 57 ans formé à l'Académie royale de Meknes au Maroc et passé par l'Ecole de guerre en France, retrouve le palais présidentiel de Beït-Salam pour la seconde fois.

La première fois, en avril 1999, il était arrivé aux commandes par un putsch qu'il présentera a posteriori comme une interposition de l'armée pour prévenir une guerre civile, alors que le pays traversait une crise sécessionniste (1997-2001). Il restera au pouvoir jusqu'en 2006 avant de le céder démocratiquement à Ahmed Abdallah Sambi, nouvellement élu.

Il cite souvent à son actif l'adoption de la nouvelle Constitution qui a stabilisé les Comores et la création de l'Université des Comores.

Ses détracteurs ne ratent pas une occasion de rappeler un fait d'armes peu glorieux. En 1995, lors d'un affrontement armé avec une dizaine de mercenaires conduits par le Français Bob Denard, Azali Assoumani avait abandonné ses hommes pour se réfugier à l'ambassade de France à Moroni.

Le nouveau président doit être investi le 26 mai.



(©AFP / 15 mai 2016 14h47)
 

L'ex-putschiste Azali Assoumani élu président des Comores

 

 


Moroni - Le colonel Azali Assoumani, ex-putschiste, a été élu président des Comores à l'issue du second tour de la présidentielle disputé dimanche, selon les résultats rendus publics vendredi par la Commission électorale.

 

 

 



M. Assoumani, 57 ans, qui était soutenu par l'ancien président et toujours très populaire Ahmed Abdallah Sambi (2006-2011) obtient 40,98% des suffrages. Il devance le candidat du pouvoir, Mohamed Ali Soilihi, dit Mamadou, qui recueille 39,87% des voix. 
 

 

Le troisième candidat, Mouigni Baraka, gouverneur de la Grande Comore, est nettement distancé.

M. Assoumani avait déjà dirigé les Comores au début des années 2000. Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en avril 1999, il avait gardé les rênes du pays et été élu président trois ans plus tard.

Après les soupçons d'irrégularités au premier tour, le second tour s'est déroulé dimanche dans un climat tendu, et le retard pris par la commission électorale pour dévoiler le résultat n'a rien fait pour ramener la sérénité.

Dix-neuf des 25 candidats du premier tour avaient contesté la validité des résultats fin février et exigé que les bulletins soient recomptés, mais la Cour constitutionnelle les avaient finalement validés quelques jours plus tard. 

Des incidents impliquant des partisans des différents camps ont émaillé le second tour dimanche sur l'île d'Anjouan. Dans certaines localités, des partisans d'Ahmed Abdallah Sambi ont été accusés de perturber le vote. 

 

 



Le charismatique M. Sambi, dont le parti Juwa (Soleil) a été éliminé au premier tour, est encore très populaire sur l'île d'Anjouan, où il est né.

La campagne avait été terne et désordonnée, se résumant à un déballage d'attaques personnelles et de soupçons de corruption.

A l'exception de Mamadou qui avait fait de l'énergie et de la formation professionnelle ses priorités, les programmes des candidats étaient quasiment identiques, axés sur la gratuité des soins, l'enseignement et l'amélioration des infrastructures délabrées du pays.

Ancienne colonie française de tradition musulmane sunnite, les Comores ont connu une histoire tumultueuse, jalonnée de vingt coups d'État ou tentatives depuis 1975 et contrariée par la perte de Mayotte qui alimente une querelle de souveraineté de faible intensité avec Paris.



(©AFP / 15 avril 2016 16h00)  

 



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