Tentative de putsch au Burkina : le parti au pouvoir accuse les pro-Compaoré Posté le 23/10/2016 - Par Ouagadougou - (©AFP / 23 octobre 2016 18h09) CEDEAO

 

 

 

Tentative de putsch au Burkina : le parti au pouvoir accuse les pro-Compaoré

 

 

Le parti du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a accusé lundi les pro-Compaoré d'être à l'origine de la nouvelle tentative de coup d'Etat déjouée début octobre, selon un communiqué.

Le gouvernement du Burkina a affirmé vendredi avoir déjoué au début du mois une nouvelle tentative de coup d'Etat, préparée par des membres de l'ex-garde prétorienne du président Blaise Compaoré dissoute après l'échec d'un précédent putsch en septembre 2015.

"La récente intention des soldats de l’ex-RSP (régiment de sécurité présidentielle) de s’attaquer aux garnisons militaires où sont détenus les putschistes confirme qu'il s’agit là d’initiatives coordonnées, civiles et militaires, concourant aux mêmes objectifs à savoir libérer leurs chefs détenus et restaurer l’ordre ancien", écrit le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

"En cela, (l'apparition) suspecte il y a quelques jours de leur chef suprême, Blaise Compaoré, sur les écrans de télévision n’est certainement pas un fait du hasard", poursuit le texte.

L'ancien président burkinabé Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans pouvoir en 2014 et qui vit en exil à Abidjan, s'est entretenu récemment avec l'ancien président ivoirien Henri Konan Bédié (1993-199). Rien n'a filtré de l'entretien.

"Le récit des événements précise d’ailleurs que certains soldats de l’ex-RSP seraient venus de l’étranger pour se livrer directement à leur basse besogne, munis de matériels et d'importantes sommes d’argent, preuves supplémentaires des connexions entretenues entre eux et leurs maîtres en exil", indique le MPP.

Selon le ministre burkinabè de l'Intérieur, Simon Compaoré, le putsch manqué de début octobre devrait être mené par un groupe de 30 hommes composé essentiellement de sous-officiers et de militaires du rang de RSP commandé par l'adjudant-chef Gaston Coulibaly, un des anciens garde du corps de Compaoré, "activement recherché" par les services burkinabè.

"Le MPP encourage les enquêteurs à poursuivre leurs recherches, aussi bien dans le milieu militaire que civil, afin de mettre en lumière toutes les connexions et d'en établir les preuves", écrit Salifou Diallo.

Une partie de la presse restait lundi dubitative sur le putsch.

Dans un éditorial intitulé: "Burkina Faso: Un coup d’Etat était-il réellement en préparation ?", L'Express du Faso, un quotidien indépendant écrit: "soit les présumés putschistes sont des plaisantins, soit on a grossi leurs intentions".

Le quotidien invite les dirigeants à se démarquer des "phobies" des coups d'Etat.

 

Burkina : la police abat un jihadiste présumé à Ouagadougou

 

 


Ouagadougou - Un jihadiste présumé, qui tentait avec des complices de recruter des jeunes à Kilwin, une banlieue de Ouagadougou, pour les former dans le nord du Burkina ou à l'extérieur du pays, a été abattu dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé la police.

Hier (samedi) dans l'après-midi nous avons eu la collaboration des populations de Yagma (banlieue nord-ouest de Ouagadougou) qui nous ont fait comprendre qu'il y avait des tentatives de recrutement de jeunes pour les former dans le nord de notre pays (frontalier du Mali et du Niger), peut-être même carrément au-delà de la frontière, afin qu'ils reviennent s'en prendre à nos forces de défense et de sécurité, a déclaré à la presse le directeur général de la police nationale, Lazare Tarpaga.

La police s'est lancé à la recherche de ces recruteurs et nous avons débusqué +le lièvre+ (le présumé jihadiste, NDLR) que nous avons poursuivi. (...) Nous avons essuyé des tirs, nous avons riposté et nous avons touché mortellement celui qui voulait tirer sur nos hommes.

De nationalité burkinabè, l'homme âgé d'une trentaine d'années était vêtu d'un jean, d'une chemise à carreaux et tenait à la main une grenade offensive et un sac contenant des téléphones portables et divers objets, a rapporté un journaliste de l'AFP. 

Le pistolet automatique avec lequel il aurait ouvert le feu sur les policiers était à ses côtés.

Selon la police, le jihadiste présumé était à bord d'un véhicule Mercedès immatriculé au Burkina avec trois autres personnes qui ont pris la fuite et sont recherchées.

 



Une carte d'identité appartenant à un Touareg aurait été retrouvée dans la voiture abandonnée dans une habitation du quartier de Kilwin. 

Nous félicitons la population pour sa collaboration et nous les appelons à continuer à toujours collaborer avec nos forces de défense et de sécurité pour qu'ensemble nous puissions lutter contre ces terroristes, a déclaré la procureure de Ouagadougou Maïza Sérémé.

Nous avons un sac qui contient des portables et différents effets que nous allons exploiter pour essayer de retrouver les ramifications avec les différents complices qui se trouvent à l'extérieur et à l'intérieur du pays, a-t-elle ajouté. 

Les forces de défense sont à leur trousse (...) Tout est sous contrôle, a assuré le ministre chargé de la sécurité intérieure Simon Compaoré.

Longtemps préservé des attentats, le Burkina Faso, pays sahélien pauvre d'Afrique a été victime d'une attaque terroriste le 15 janvier 2016. Un commando de trois assaillants avait tué 30 personnes et fait 71 blessés dans le centre de Ouagadougou.


(©AFP / 23 octobre 2016 18h09)  

 

 



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