Piratage électoral : Londres et Berlin en état d'alerte Posté le 06/05/2017 - Par Paris - (©AFP / 06 mai 2017 01h02) France Présidentielles 2017

 

 

 

 

 

Piratage électoral : Londres et Berlin en état d'alerte

 

 

 

 

 

 

Londres - Hillary Clinton en a été victime l'an dernier, Emmanuel Macron vendredi: le piratage informatique s'immisce de plus en plus dans les campagnes électorales et menace les scrutins à venir au Royaume-Uni et en Allemagne, où la riposte s'organise.

Vendredi soir, juste avant la fin de la campagne présidentielle française, ce sont des milliers de documents internes de l'entourage du candidat d'En Marche! qui ont été publiés sur les réseaux sociaux.

L'opération, baptisée "MacronLeaks" par le site WikiLeaks, a aussitôt été dénoncée par le camp du candidat centriste comme une tentative de "déstabilisation démocratique, comme cela s'est déjà vu aux Etats-Unis pendant la dernière campagne présidentielle".

Le renseignement américain avait alors accusé la Russie d'avoir interféré dans le scrutin pour favoriser Donald Trump, notamment via le piratage du parti démocrate de Hillary Clinton.

La multiplication de ces opérations de piratage à grand échelle pose la question de la sécurité des prochains grands rendez-vous électoraux, à commencer par les élections législatives du 8 juin au Royaume-Uni et du 24 septembre en Allemagne.



- Le Royaume-Uni en "état d'alerte" -



Pour l'expert en cyber-sécurité Ewan Lawson, du centre de recherche Royal United Services Institute, la possibilité qu'une attaque perturbe les élections britanniques n'a rien "d'irréaliste".

 

 

 

 



"On peut raisonnablement s'attendre à voir des vols de données ou des fuites", dit-il, en soulignant la vulnérabilité des systèmes informatiques des partis politiques.

"Ils sont souvent dénués de systèmes de cyber-sécurité solides, tout simplement parce que ce ne sont pas des (entreprises) et qu'ils n'ont pas énormément d'argent à mettre là-dedans".

Pour contrer la menace, le Royaume-Uni s'est doté en février d'un nouvel outil: le National Cyber Security Centre (NCSC), censé protéger le pays contre les opérations orchestrées notamment depuis la Russie.

"Il est indiscutable qu'on assiste depuis deux ans à une augmentation des cyber-attaques contre l'Occident de la part de la Russie", avait alors affirmé le patron du NCSC, Ciaran Martin, qui a plus récemment promis des moyens supplémentaires pour assurer la protection des législatives.

"C'est un événement d'une importance nationale, nous sommes en état d'alerte", a-t-il dit dans le Sunday Times.

En avril dernier, le NCSC a ainsi convié les partis politiques britanniques à des séminaires de cyber-sécurité pour les aider à mettre en place les dispositifs idoines dans la perspective des législatives.

"La question n'est pas de savoir ce qu'il faut faire une fois que c'est arrivé, mais de faire en sorte de prendre les mesures nécessaires pour que personne n'interfère dans notre processus électoral", a souligné mardi la Première ministre Theresa May.



Défi international



Le problème se pose en des termes similaires en Allemagne, où avait également été annoncé en octobre la création d'un cyber-département.

"Les indices de tentatives pour influencer les élections législatives se multiplient", a indiqué jeudi Hans-Georg Maassen, président de l'Office de protection de la Constitution allemande, l'équivalent du renseignement intérieur, en mettant, là aussi, en cause le Kremlin.

M. Maassen a rappelé que le candidat social-démocrate aux législatives de septembre, Martin Schulz, avait été victime d'une campagne de désinformation affirmant que son père avait été commandant d'un camp de concentration.

D'autres attaques informatiques d'envergure et campagnes de "fake news" ont également touché le pays: piratage des routeurs de Deutsche Telekom, prétendu viol d'une adolescente germano-russe par des migrants, attaque au cheval de Troie contre le Bundestag...

Les médias allemands soupçonnent en particulier Moscou de chercher à influencer la vie politique allemande à travers les 3,2 millions de ressortissants des ex-républiques soviétiques arrivés en Allemagne après l'éclatement du bloc de l'Est, et qui disposent pour la plupart de la nationalité allemande.

"Nous savons que le thème de la cybercriminalité est aujourd'hui un défi international", a souligné la chancelière allemande Angela Merkel, à l'occasion d'une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine à Sotchi mardi.

"Ce que je peux dire, c'est que je ne fais pas partie des gens qui ont peur. J'ai l'intention de faire campagne avec mes convictions. S'il y a des fausses informations grossières (...) alors évidemment nous agirons de manière résolue", a-t-elle prévenu.

bur-eg/lpt/spi

DEUTSCHE TELEKOM



(©AFP / 06 mai 2017 16h29)

 

Présidentielle en France : le piratage du candidat Macron ne restera pas "sans réponse" (Hollande)

 

 

Paris - Le président François Hollande a assuré samedi que le piratage massif de documents de l'équipe de campagne du candidat centriste Emmanuel Macron, publiés à moins de deux jours du second tour de l'élection présidentielle en France, ne resterait pas "sans réponse".

"On savait qu'il y aurait ces risques-là durant la campagne présidentielle puisque ça s'était produit ailleurs. Rien ne sera laissé sans réponse", a-t-il déclaré à l'AFP.

"S'il y a eu effectivement un certain nombre de parasitages ou de captations, il y aura des procédures qui vont entrer en vigueur", a déclaré le chef de l'Etat, sans plus de précisions.

"Il faut laisser les enquêtes se faire", a-t-il ajouté, à l'issue d'une visite d'un musée parisien, en compagnie du roi du Maroc Mohammed VI.

L'équipe de campagne d'Emmanuel Macron a dénoncé vendredi soir une "action de piratage massive et coordonnée" après la diffusion sur internet d'informations "internes" comme des courriels ou des "documents comptables", y voyant une "opération de déstabilisation" à la veille du second tour de la présidentielle.

La Commission nationale de contrôle de la campagne présidentielle, qui s'est réunie samedi matin, a recommandé aux médias de "faire preuve d'esprit de responsabilité et de ne pas relayer ces contenus, afin de ne pas altérer la sincérité du scrutin".

Dans les derniers sondages publiés vendredi, avant la clôture de la campagne officielle, Emmanuel Macron était encore largement en tête, avec 61,5 à 63% des voix, contre 37 à 38,5% pour Marine Le Pen.



(©AFP / 06 mai 2017 17h54)

 

 

France/présidentielle : l'équipe Macron dénonce un "piratage massif" de documents internes

 

 

 

 

Paris - L'équipe de campagne du candidat centriste à la présidentielle française, Emmanuel Macron, a dénoncé vendredi une "action de piratage massive et coordonnée" après la diffusion "sur les réseaux sociaux" d'informations "internes" comme des courriels ou des "documents comptables".

Ces documents divers, "des dizaines de milliers d'emails, de photos et de pièces jointes datant du 24 avril au plus tard" (NDLR: soit le lendemain du premier tour de la présidentielle) selon Wikileaks, sont accessibles via un lien hypertexte diffusé par le site sur son compte Twitter.

Wikileaks assure au passage ne pas être à l'origine de cette opération de piratage qu'il baptise "MacronLeaks".

"Les fichiers qui circulent ont été obtenus il y a plusieurs semaines grâce au hacking de boîtes mail personnelles et professionnelles de plusieurs responsables du mouvement", précise En Marche! dans un communiqué, ajoutant que ces documents sont tous "légaux".

"Le mouvement En Marche! a été victime d'une action de piratage massive et coordonnée donnant lieu ce soir à la diffusion sur les réseaux sociaux d'informations internes de nature diverse (mails, documents comptables, contrats...)", indique le mouvement du finaliste de l'élection présidentielle, opposé au second tour dimanche à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen.

"Ceux qui font circuler ces documents ajoutent à des documents authentiques nombre de faux documents, afin de semer le doute et la désinformation", affirme l'équipe de M. Macron, en soulignant que cette opération, "intervenant dans la dernière heure de la campagne officielle", "relève manifestement de la déstabilisation démocratique, comme cela s'est déjà vu aux Etats-Unis pendant la dernière campagne présidentielle".

Les agences de renseignement américaines avaient accusé la Russie d'avoir interféré dans l'élection présidentielle des Etats-Unis l'an dernier pour favoriser Donald Trump, notamment via un piratage du parti démocrate de Hillary Clinton.

"Pendant toute cette campagne, En Marche! a constamment été le mouvement le plus visé par de telles initiatives, de façon intense et répétée", peut-on encore lire dans ce long communiqué d'En Marche!.

Selon l'entourage du candidat, "l'ambition des auteurs de cette fuite est de toute évidence de nuire au mouvement En Marche! à quelques heures du second tour de l'élection présidentielle française".

"Bien évidemment, les documents provenant du piratage sont tous légaux et traduisent le fonctionnement normal d'une campagne présidentielle. Leur diffusion rend publiques des données internes mais n'est pas de nature à nous inquiéter sur la remise en cause de la légalité et de la conformité des documents concernés", insiste-t-on encore chez M. Macron.

"Les comptes de campagne, dont certains éléments parcellaires ont été diffusés, seront déposés en temps normal auprès de la Commission nationale des Comptes de campagne (CNCCFP). Nous attirons néanmoins l'attention sur le fait que nombre des documents publiés relèvent des comptes prévisionnels ou de devis et non d'engagements réalisés", ajoute En Marche!, qui appelle "les médias désireux de rendre compte de cette opération à prendre leurs responsabilités en conscience".

"Il ne s'agit en effet pas d'une simple opération de piratage", ajoute le mouvement "mais bel et bien d'une tentative de déstabiliser l'élection présidentielle française. Il importe par conséquent de prendre en considération la nature des documents fuités, de bien prendre conscience de ce qu'une grande partie d'entre eux sont purement et simplement des faux et l'opportunité de l'écho à donner à cette opération de déstabilisation".

Face à "la gravité des faits", En Marche! assure encore qu'il prendra "toutes les initiatives nécessaires auprès des acteurs publics et privés pour faire la clarté sur cette opération inédite dans une campagne électorale française".


(©AFP / 06 mai 2017 01h02)

 

 

 

 

 



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