Contribution Dr Diaw Abdoulaye Djimme. Cadre de l'UPR. Posté le 22/10/2020 - Par Dr Diaw Abdoulaye Djimme. Cadre de l'UPR. Analyses et opinions

Contribution.
Le 20 Octobre 2020, l'UPR a organisé un atelier sur l'éradication de toutes les séquelles de l'esclavage.
Sujet combien important, mais presque galvaudé, parcequ'entouré d'hypocrisie et de non dit de la part des différents gouvernements précédents.
Officiellement, l'esclavage est aboli depuis 1981, criminalisé depuis 2007 et devenu crime contre l'humanité depuis 2015.
Malgré ce contexte juridique, l'esclavage et ses séquelles restent une réalité sociale en Mauritanie. Un pourcentage élevé de notre population y est concerné, même s'il n'y a de statistiques fiables sur cette pratique d'un autre temps.
Ceux, dans nos quartiers, dans nos villes, dans nos maisons, qui travaillent sans salaires, qui sont sans pièces d'état civil, qui ne peuvent pas se déplacer ou voyage,qui sont dans un statut social précaire qui ne leur permet pas d'assumer leur citoyenneté, sont nos Esclaves " modernes ". Ils sont plus de 20% de notre population et plus de 40% des haratines, c'est -a - dire des mauritaniens authentiques, qui sont des noirs.
Les tâches manuelles, domestiques ou ménagères leur sont destinées.
Nous devons oser regarder cette réalité hideuse en face pour lui trouver des solutions adéquates.
Dans la pratique quotidienne les lois sanctionnant les pratiques de l'esclavage et de ses séquelles ne sont pas appliquées. Notre corps social, à travers ses cadres administratifs, ses élus, sa force vive citoyenne, a , dans nos domiciles, un personnel non salarié, à qui sont destinés les travaux manuels, domestiques, sans contrepartie salariale, autant d'activités que nous ne confions ni à nos enfants ni à nos épouses.
Ceux qui nient l'existence de l'esclavage, sont généralement ceux-là mêmes qui ont ce personnel à disposition dans leurs domiciles.
Nous devons sortir de ce déni et de ce mensonge.
Les cadres de l'UPR, le parti ,en tant que parti de gouvernement, nous devons reconnaître nos tares, dont l'esclavage sous ses diverses formes, notamment l'esclavage domestique qui n'est qu'une variante de l'esclavage général traditionnel .
L'oppression en Mauritanie, du fait de la couleur de la peau, de la différence de culture, de la naissance, est toujours présente.
L'éradication de cet état de fait doit être d'abord d'ordre intellectuel, mental, psychologique, politique et ensuite seulement sociale. L'œuvre est immense mais il ne faut pas en avoir peur, mais prendre conscience l'irréversibilité de la libération des esprits et des hommes.
Par là passe la consolidation de notre unité nationale, la préservation de la paix sociale et le développement harmonieux de notre Mauritanie dans l'égalité et la prospérité et la dignité.
Dr Diaw Abdoulaye Djimme.
Cadre de l'UPR.





