Hommage à Habib Ould Mahfoud 1960-2001 Par Doudou SECK Posté le 31/10/2020 - Par Doudou SECK Facebook Vendredi 30 octobre 2020 Nécrologie-Hommages


الرحمة و الغفران و الجنة والرضوان
Hommages à la noblesse du un jour elle fut.
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Habib o/ Mahfoudh : 1960-2001
Habib o/ Mahfoudh est né le 10 septembre 1960 aux environs de GNIFRAR, l'ancien Hsey Mayloud comme il aimait dire. Ses premières années il les passera entre le centre de l'Iguidi et Boutilimitt au grès des affectations de son père, Sidi o/ Mahfoudh qui fut l'un des premiers gendarmes du pays. Issu d'une tribu guerrière du Ssaahil, Habib a vite été pétri de Cultures riches et diverses. Sous la tente qui l'a vu naître, trois écoles du domaine "bidhâne " s'enrichissaient l'une l'autre : celle de la mesure et de l'humilité (Idabhum), celle de la vivacité et de spontanéité. (Awlad Ahmed Ben Deman) et celle de candeur et de l'endurance (El Gor). Trois prénoms lui colleront sous cette tente : Beddah du nom du Vénéré Cheikh Abdel Vetah Ould Cheikh Ahmed Lelvalli qui fut pour lui plus qu'un grand-père, H'bib qui a été son prénom officiel et qui lui vient de l'Emir du Trarza ; et Mahfoudh qui était le prénom le plus usité par son père. C'est dans cet environnement extraordinaire qu'est le Gnifrar des années 60 qu'il grandit et qu'il s'ouvre à la vie. " Quelle ouverture, aimait-il à répéter. Nous sommes à moins de quatre kilomètres de Dowchliy et jamais nous ne nous aventurons vers ce village ". Pourtant il apprend à être curieux sans être impertinent, doué sans espièglerie, intelligent sans prétention… C'est comme ça qu'on naît et qu'on grandit ici. Son premier maître d'école est feu Mohamed Ould Bagga. Sa première classe se passe sous la tente. Son premier livre est un Larousse que son père lui a rapporté. Ses premiers écrits, c'est dans le " supplément culturel du Chaab " (le quotidien officiel). Il y avait notamment signé une jolie nouvelle intitulée " Lettre à un chameau ".
Il débarqua à Mederdra à la fin des années 60 où il termine son cursus scolaire primaire. Il passe le concours d'entrée en sixième en juin 1972 et va à Nouakchott pour poursuivre ses études au collège de garçons de la capitale. Ceux qui ont étudié avec lui ont encore le souvenir de ce garçon intelligent qui ne ratait jamais de cours, qui était toujours premier en français et dernier en mathématiques. Certains de ses professeurs de math avaient vite fait de l'appeler " le Victor Hugo de la classe ". C'est en classe de troisième qu'il compose son premier poème qui sera inscrit dans les programmes scolaires de l'IPN plus tard. Déjà en quatrième, il fonde avec ses amis Ahmed Ould Alioune, Elémine Ould Mohamed Baba et Ould Oumère un journal dénommé " Al Anba ". Parti pour être un journal scolaire, Al Anba prend vite l'allure d'un vrai journal.
Il obtient son brevet franco-arabe en juin 1976. C'est au lycée national qu'il se fait connaître. Trois années durant, les élèves de la filière Lettres Modernes n'auront d'yeux que pour celui qui peut aligner des dizaines de lignes sans faire de fautes, réciter des centaines de vers sans sourciller. Avec une bande de copains, il obtient le baccalauréat en juin 1980.
Habib se retrouve orienté vers Alma Ata en Russie pour faire des études de cinéma. Ce qu'il refuse. Il est finalement inscrit à l'école normale supérieure de Nouakchott où il brille véritablement. Ce qui ne l'empêche pas de la quitter au bout de deux ans après avoir obtenu un diplôme de certificat d'aptitude à l'enseignement du premier cycle. Il est envoyé à Aioun où il enseigne pendant quatre ans. Il complète sa connaissance de la Mauritanie et redécouvre le trésor caché de la culture de beydane. En 1987, il est affecté à Nouadhibou où il essaye de s'accrocher à un métier qui perdu ses lettres de noblesse. Puis en 1991, il est envoyé à Atar. Entre-temps, ses amis qui ont fondé Maurtanie-Demain, font vite appel à lui. Ici, il se fait remarqué par son génie et son courage. C'est là que l'on découvre Mauritanides. Et c'est ici que Habib se découvre lui même. Acceptant d'offrir au monde une face de son être si riche et si complexe. Habib s'est éteint le 31 octobre 2001, à 22 heures 30 mn à l'hopital-Dieu de Paris. Laissant derrière une veuve (Taghla) et trois filles Toutou, Bedde et Kelthem.
Doudou SECK
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Vendredi 30 octobre 2020





