Le dernier fondateur: : Mamoudou Samba Boly BA (1920-2012) Posté le 10/01/2012 - Par Boubacar DIAGANA, Ciré BA & Abderrahmane NGAÏDÉ Nécrologie-Hommages

 

 

 

Le dernier fondateur : Mamoudou  Samba Boly BA (1920-2012) 


 

 

Le dernier fondateur s’en est allé. Longtemps opposant, il fera partie de l’équipe des fondateurs puis sera une victime collatérale des événements de 1966, avant de se retirer de la vie politique. Nous avons eu le privilège de le côtoyer, de travailler avec lui en coulisse et de recueillir ses confidences pour nos recherches et sa biographie. Mais au fond, que sait-on de cet homme qui fut  grand témoin de l’histoire de notre pays ?

 

Né en réalité le 8 janvier 1920, Mamoudou Samba Boly Ba a effectué sa scolarité à l’école élémentaire de Kaédi avant de rejoindre l’école supérieure Blanchot à Saint-Louis pour des études secondaires puis l’École Normale des Instituteurs de Sébikotane au Sénégal.

 

Il n’eut guère le temps d’exercer cette fonction, car il fut aussitôt enrôlé dans l’armée coloniale avec son ami de toujours le Professeur Assane Seck (Ministre à plusieurs reprises sous le régime socialiste) jusqu’en 1946. Une amitié qui remonte à leur scolarité à l’école Blanchot. L’homme s’est donc forgé dans le vrai sens du terme et son itinéraire présageait un avenir politique significatif pour son pays d’origine.

 

À la fin de la grande guerre, il rejoint Dakar, siège du gouvernement de l’Afrique de l’Ouest, entre dans l’administration coloniale en qualité de cadre au cabinet du Haut Commissaire, puis à la Mairie de Dakar, avant d’être affecté à la direction des Finances à Saint-Louis. Cette affectation prend l’allure d’une « sanction » que seule l’analyse historique nous permettra de démêler. Elle mérite d’être étudiée pour mieux comprendre les enjeux et les fondements des décisions que l’homme allait prendre par la suite. En attendant déclinons quelques éléments d’appréciation de son engagement politique.


Opposant, il choisira sa vraie patrie : 1948-1957
 

Son retour coïncide avec un moment où se joue le destin du futur territoire la Mauritanie : l’élection en 1946 à l’Assemblée nationale française du futur représentant de la Mauritanie. Il intègre dans cette perspective une association d’anciens élèves des écoles coloniales, sortants pour la plupart de William Ponty, tous originaires de la vallée, deux rives confondues pour « créer un climat familial ». C’est le point de départ de son engagement politique qui le situera d’entrée dans l’opposition.

 

En effet, membre de l’Union Générale des Originaires de la Vallée du Fleuve (UGOVAF), il contribuera avec d’autres à faire évoluer à partir de 1947 cette organisation vers la défense des intérêts de la communauté noire en territoire de Mauritanie. C’est ainsi que lors du renouvellement de ses instances en 1948, se dégageront deux tendances, dont une incarnée par les « futurs mauritaniens » qui finiront par la quitter pour créer l’Entente Mauritanienne. C’est en compagnie de Samba Gandéga, avec qui il vient de quitter l’UGOVAF, qu’il rejoindra un groupe de Mauritaniens (NDiawar Sarr, Diéri Sidibé, Dey Ould Sidi Baba…) pour fonder en 1950 l’Entente Mauritanienne, présidée par Horma Ould Babana. Ce parti, qui n’avait pas les faveurs de l’administration coloniale, participera aux élections législatives de juin 1951 et janvier 1956 contre l’Union Progressiste Mauritanienne (UPM) de Sidi El Mokhtar NDiaye puis de Mokhtar Ould Daddah qui en prendra les commandes avec la bénédiction de la puissance coloniale. L’Entente perdra, bien sûr, ces élections.

 

Après sa défaite de janvier 1956, Horma Ould Babana s’en va de l’Entente, rejoint le Maroc et s’aligne sur les positions du parti marocain de l’Istiqlal puis officielles du Maroc qui avait des visées territoriales sur la Mauritanie. Mamoudou Samba Boly Ba pour sa part, quitte l’Entente et fonde le Bloc Démocratique du Gorgol (BDG) à Kaédi en 1956.  

 

Ce petit parti, sensible aux idées fédéralistes de Senghor, serait-il un des ancêtres de la mouvance négro–africaine actuelle ? Toujours est-il que, son fondateur ne sera que toléré dans la mouvance gouvernementale.


Expérience gouvernementale et parlementaire : 1959-1966
 

Fort de ses expériences successives à l’UGOVAF et à l’Entente puis de son ancrage au BDG, c’est en poids lourd qu’il arrive au Congrès d’Aleg, tenu du 2 au 5 mai 1958. Mokhtar Ould Daddah l’a bien compris, qui l’invita au dépassement des clivages pour la mise en place d’un regroupement des forces politiques au sein du Parti du Regroupement Mauritanien (PRM). Le PRM deviendra le Parti du Peuple Mauritanien (PPM – parti unique) qui dirigera notre pays jusqu’au coup d’État militaire du 10 juillet 1978.

 

À l’issue de ce congrès, la Mauritanie s’est dotée d’une Constitution dite du 22 mars 1959 et d’un deuxième gouvernement (de dix membres) dans lequel il fera son entrée pur occuper le portefeuille de l’Urbanisme et l’Habitat aux côtés d’Amadou Diadié Samba Diom Ba, seul Noir membre du premier Conseil de Gouvernement (qui en comptait cinq) et qui l’a parrainé : La cooptation et l’entrée de Dey Ould Sidi Baba, transfuge lui aussi de l’Entente Mauritanienne, dans le Conseil de Gouvernement furent ainsi compensées. Dey Ould Sidi Baba finit malgré tout par rejoindre Horma ould Babana au Maroc. Il deviendra Président de l’Assemblée Nationale Chérifienne.

 

Le 29 septembre 1961, avec la mise en place du troisième gouvernement (onze membres) qui a vu l’entrée du Docteur Bocar Alpha Ba comme Ministre de la Santé, Mamoudou Samba Boly est nommé Ministre des Finances. Il deviendra plus tard Président de l’Assemblée Nationale.


Parenthèse brutale d’une carrière politique : 1966
 

La création du PRM n’a pas dissipé pour autant les revendications des Noirs. Celles-ci passeront même de la représentativité proportionnelle à la remise en cause de la cohabitation.

 

Ainsi, en 1963, des dizaines de cadres Noirs, déçus de la suite réservée aux résolutions du Congrès d’Aleg et regroupés au sein de l’Union Générale des Originaires de la Mauritanie du Sud (UGOMS) expriment ceci, dans un document remis à Mokhtar Ould Daddah, Chef de l’Etat : « Nous ressortissants de la Mauritanie noire, adjurons le Congrès, le Parlement et le Chef de l’Etat de réviser immédiatement les structures de l’Etat, dans un sens Fédéral pour répondre à la volonté du pays ».

 

Dans le sillage de l’UGOMS, en février 1966, 19 cadres noirs (dont ses proches par la parenté) rédigent et publient le Manifeste dit des 19 dans lequel, ils dénoncent comme l’UGOMS la place réservée à leur communauté, tirent la sonnette d’alarme et demandent une meilleure répartition des pouvoirs. La sortie de ce Manifeste provoqua une guerre civile.

 

Mamoudou Samba Boly Ba prit sur lui l’initiative d’aller voir Mokhtar Ould Daddah  pour lui demander que les inquiétudes exprimées par les jeunes cadres puissent être entendues et prises en charge. Mais, Mokhtar Ould Daddah, qui le soupçonnait d’être en intelligence avec certains auteurs de ce Manifeste et qui n’a rien oublié à la fois de son passé d’opposant et de son penchant pour la création d’un État Fédéral, le démit de sa fonction de Président de l’Assemblée Nationale et le muta à Chinguetti comme Chef de Subdivision, sous les ordres de quelqu’un qu’il est amené à former.

 

Un communiqué laconique du Bureau Politique National (BPN) du parti unique, à l’issue de sa réunion du 21 février 1966, tente de maquiller cette éviction en ces termes : « le BNP constate la démission en blanc de Ba Mamoudou Samba Boly qui, n’étant plus Député, cesse d’être Président de l’Assemblée Nationale ». Quelques semaines plus tard, il sera mis fin à la fonction ministérielle (Développement) d’Elimane Kane. C’est la fin d’une carrière politique et le début d’une autre : les affaires. Mais la politique n’était jamais loin pour ce symbole respecté.

 

Avec son benjamin Bocar Alpha Ba, il a repris avec succès les établissements Lacombe et a créé la Société Mauritanienne du Bâtiment (Somabat) offrant ainsi des emplois à des dizaines de personnes. La gestion très sociale de ces entreprises a permis à de nombreuses familles de vivre dignement et à des jeunes d’avoir un métier.


Mythe et mérite
 

Le nom et l’image de Mamoudou Samba Boly Ba restent associés à la fondation de la Mauritanie et au Congrès d’Aleg. L’opinion publique Fuutanke, noire de façon générale traumatisée et qui avait besoin de fabriquer des héros historiques ou de trouver un bouc émissaire, parle de lui comme l’homme qui a refusé d’assumer la fonction de Président de la République qui lui était tout naturellement accessible, ouverte, donc comme responsable de la « souffrance de sa communauté ». En réalité, il n’en est rien.

 

Il est indispensable d’interroger l’histoire pour mieux saisir toutes les subtilités qui alimentent cette mise à l’écart et les supputations qui en découlent. Les enjeux et les intrigues, qu’elles alimentent pour les positionnements dans une Mauritanie encore fragile, en sont pour quelque chose. En tout cas ce qui est sûr c’est que Mamoudou Samboly Ba ne peut être soupçonné de manque de patriotisme car quand le bruit de la défection de Horma Ould Babana commença à circuler, il n’hésita pas à dire à son désormais ex-camarade qu’il leur était impossible de continuer à le soutenir si son option pour rejoindre le Maroc au détriment de l’indépendance de la Mauritanie s’avère. Il est d’ailleurs aberrant de continuer à penser à cette éventualité dans la mesure où déjà dans les années 1950 quand Mamoudou Samboly Ba rencontre Mokhtar Ould Daddah, sur la demande de ce dernier, à Saint-Louis, le destin du «père de la nation» était déjà scellé. Dans son témoignage d’autres éléments permettront d’apprécier à sa juste valeur ce qui s’est passé au moment de sa mise à l’écart. De toute façon, l’administration coloniale avait choisi son homme, Mokhtar ould Daddah, et le pouvoir devait échoir à ce dernier comme si c’était naturel.  

 

La longévité de Mamoudou Samba Boly et son silence ont fini par créer un mythe. Dès 1985, nous avions engagé un travail d’approche, poursuivi sous une autre forme une fois en exil. L’un des coauteurs de ce témoignage, Abderrahmane Ngaïdé « Bassel », sur la demande pressante de notre Professeur Abdoulaye Bathily, avait entrepris des entretiens avec l’homme en juin 2008. Des circonstances particulières ont stoppé ces entretiens et d’autres en retardent la production. Notre grand témoin rompra le silence une nouvelle fois en 2010, lors de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale. Cette «confession» consignée sera publiée très prochainement dans un cadre scientifique. Il prend sur lui l’engagement ferme de réaliser ce début de travail historique que la génération d’historiens d’aujourd’hui doit entreprendre de manière impérative. L’objectif est de réaliser un livre d’entretiens avec le premier président de l’Assemblée Nationale mauritanienne.

 

Cet inlassable combattant, lutta de toutes ses forces pour empêcher la déportation en  1989 de nombreuses familles. Il a permis la restitution des biens confisqués de plusieurs autres. Ces évènements l’ont meurtri au point qu’il n’a pas hésité la même année, à sillonner avec d’autres, dont feux Aboubakry Kalidou Ba et Baba Gallé Wone la sous-région ouest africaine pour tenter de mettre fin à ce qui représentait à ses yeux une véritable catastrophe. Ils eurent la sagesse de nous y associer, ainsi que certains de nos camarades en exil forcé. C’est donc un des derniers témoins de la construction de notre pays, au parcours atypique qui disparait. Sa mémoire - comme celles de tous les fondateurs - mérite d’être partagée, sauvegardée. Il importe pour cela que la jeunesse s’intéresse à ceux encore vivants qui peuvent témoigner sur le parcours d’hommes qui, par leur position et leur courage, ont vécu sous l’ombre de l’anonymat. Mamoudou Samboly Ba fait partie de ces hommes. Il est parti après avoir traversé presque un siècle, emportant avec lui des souvenirs inestimables. Aujourd’hui, les enregistrements en possession d’Abderrahmane Ngaïdé seront exploités, dans les limites qu’exige la déontologie du chercheur, pour commémorer ce patriote que l’histoire mauritanienne doit célébrer.

 

Sur un plan symbolique, il serait presque exigé du patron de la Communauté Urbaine de Nouakchott, associé aux autorités centrales, de lui consacrer une artère à son nom, à l’instar de son alter égo Mokhtar Ould Daddah. Ce serait un hommage bien mérité pour un grand patriote, membre fondateur de la nation mauritanienne.

 

Réhabiliter toutes les figures historiques nationales, serait non seulement reconnaître leur mérite, mais inscrire dans notre mémoire collective le souvenir d’hommes et de femmes qui ont participé à la proclamation de notre souveraineté nationale à un moment crucial de notre histoire.

 

Que son âme repose en paix dans cette terre qui l’a vu naître et pour laquelle il s’est tant dépensé. Amine.

 

Boubacar DIAGANA, Ciré BA & Abderrahmane NGAÏDÉ

 

 

 

 

 

 




Les réactions

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doro toure Le 12/01/2012 à 14:30:48

tres beau témoignage. Vivement la suite.

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hamet Le 12/01/2012 à 19:02:36

Cet hommage est tres bien fait et tres pertinent. Mamoudou samboly mérite cette reconnaissance sans oublier les autres tenors. Encore une fois merci Ciré, diagana et ngaidé. Vous etes entrain de donner confiance à tous.

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kaladio Le 12/01/2012 à 20:08:20

Je suis jeune militant de TPAMN, je suis très content de cet hommage qui m'a permis de connaitre le vieux mamoudou sambolly, qui était un proche de mon père, et avoir des arguments quand je discute. yo Alla yurmomo yafomo.
Merci aux ainés diagana, ciré et bassel que je connais parce que nous sommes tous de boghé. J'attends son livre.

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bakary soumaré Le 12/01/2012 à 21:09:39

La vie ne se comprend que par un retour en arrière
et on ne la vit qu'en avant.
Merci à Ciré Ba et à ses amis pour l'énergie sans cesse
déployée et le travail remarquable éffectué pour une
MAuritanie JUSTE et REUNIFIEE.
A nous maintenant de nous mobiliser nombreux et vous rejoindre dans cette lutte qui est la notre à tous.
Seydi Ba

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Ba Amadou Abdoul Le 13/01/2012 à 13:08:01

merci jeunes frères , de ce témoignage et de vos travaux et recherches intellectuels souterrains que vous ne cessez de mettre au service de la communauté .A vrai dire l'activité d'historien est passionnante ,surtout dans ce bled qu'est la RIM où tout le passé et toutes les données historiques sont escamotées ,falsififiées à dessein pour l'intérêt mesquin d'une partie de quelques uns .Soyez donc les gardiens vigilents contre tout travesti historique et bonne santé à ce trio.

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BA Djibril Le 13/01/2012 à 14:32:50

Vous êtes historiens et vous devez œuvrer pour empêcher que le passé des hommes ne s’oublie pas avec le temps. La fonction d’un historien est d’entretenir la mémoire des événements passés et d’expliquer leur déroulement. Vous le faites bien et faite le d’avantage encore car nul ne viendra le faire à nôtre place. Les générations présentes et à venir en ont et en auront largement besoin. Vous êtes des acteurs clé.
Dieu vous protège. Amiin

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Demba Ba Le 13/01/2012 à 18:41:22

Ces lignes caractérisent bien l'homme du Gorgol, qui a toujours préféré être dans l'ombre. Et pourtant si il y a quelqu'un sait dans quelles conditions la Mauritanie est née, c'est bien lui, mais dans son sens élevé de la patrie, fait qu'il a toujours voulu préservé la Mauritanie. Même aprés les évenements de 1966, il est resté digne tout en ayant un langage de vérité avec Moctar ould Daddah. Je me souviens de l'entretien que j'ai eu avec lui à paris après la parution de Mauritanie contre vents et marée, où il m'avait dit que l'histoire de la Mauritanie que raconte Moctar est une version, qu'il fallait que les historiens s'attèlent à trouver l'autre version. Je lui ai dit que lui est un témoin oculaire de premier plan, ilme réponds que lui n'est pas historien. J'ai un moment voulu travaillé avec lui mais les circonstances et peut être la proximité familiale n'ont pas permis de mettre tout ça en oeuvre. J'espère ses enfants ont pu recceillir quelques informations qui pourront édifier les mauritaniens sur celui qui a vu naître la Mauritanie dans un océan d'incertitudes.

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Ba satiguebagodine Le 14/01/2012 à 15:43:47

Ô Seigneur ! Pardonne-lui et accorde-lui Ta miséricorde. Accorde-lui le salut et le pardon. Assure-lui une noble demeure. Elargis-lui sa tombe et lave-le avec l’eau, la neige et la grêle. Nettoie-le de ses péchés comme on nettoie le vêtement blanc de la saleté. Donne-lui en échange une demeure meilleure que la sienne et une épouse meilleure que la sienne. Fais-le entrer au Paradis et préserve-le du châtiment de la tombe et du châtiment de l’Enfer."
Toutes mes condoléances a la famille Déniankobés, seybobés et yallalbés a tous les Peulh et a la Nation Mauritanienne ...Repose en Paix 'BA MAMOUDOU SAMBOLY' empereur du Fouta et pères fondateurs de la nation mauritanienne.

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Politologue Le 15/01/2012 à 20:38:56

Bonne initiative, bien menée et bien écrite. Maintenant, honorons tous de son vivant ba bocar alpha.

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Dr Mamadou Alassane BA Le 17/01/2012 à 18:12:01

Bonjour chers frères,

Alors que les coeurs sont foujours pincés de la nouvelle du décès du Doyen Mamoudou Samboly BA, nous avons la tristesse de vous annoncer la disparution d'une autre grande figure du patriotisme africain et de la communauté : Dr Hamat BA, Président d'Honneur du Tabital Pulaagu Sénégal. Il s'est éteint le vendredi 13 janvier à Dakar. La levée du corps a eu lieu au Zaouia d'El Hadj Omar El Foutiyou. Il a été inhumé au cimetière musulman de Yoff, à Dakar. Une foule nombreuse d'anonymes et des sommités de l'Etat sénégalais ont assisté à l'oraison funébre prononcée par Thierno Madaani Muntaga Aamadu Muntaga Sayku Umar Taal.

L'Homme a été de tous les combats des peuples de la sous-région : militant anticolonialiste et panafricaniste convaincu, il est resté, sa vie durant, fidèle à ses convictions patriotiques et progressistes, Grand Humaniste, il a soutenu la lutte de tous les peuples en quête de liberté et de dignité : la lutte du peuple palestinien et la lutte du peuple Négro - Africain en Mauritanie. Il a soutenu ouvertement et fermement la lutte des peuples de l'Afrique australe ; soutenu la lutte du PAIGC en G. Bissau. Homme de principe il a refusé toute compromission avec les régimes qui se sont succédés au Sénégal, de Senghor, qui l'avait mis en prison, au pouvoir actuel, dont il avait contribué à l'avènement, en passant par celui d'Abdou Diouf.

A quelques membres de sa famille, venus lui reprocher son refus d'un poste ministériel que Senghor lui avait proposé, il dira :" Travaillez et gagnez honnêtement votre vis pour garder votre dignité!". (C'est lui même qui m'a raconté cette histoire).

Il est parti en homme digne et respecté de tous, même par ceux-là qui n'étaient de son bord politique.

A sa grande famille éplorée, à toute la communauté, surtout à tous les patriotes africains, davantage encore, ses anciens compagnons de lutte, dont le nombre se rétrécit dramatiquement, nous présentons, avant de revenir sur l'itinéraire de ce Grand Homme, nos condoléances sincères et attristées, au nom l'ensemble de notre communauté.

Dr Mamadou Alassane BA
Président de l'Association pour la Renaissance du Pulaar/Tabital Pulaagu Senegaal
(ARP/TPS)

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wane Le 03/02/2012 à 12:59:43

excellent hommage bien écrit par les auteurs. Merci pour Baba gallé wone.

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Docteur Sada Alassane Ngaide Le 05/02/2012 à 17:09:46

Docteur Mamadou Alassane Ba
C'est avec une grande tristesse que nous pleurons la perte successive de ces deux grands FOUTANKOBES: Ba Mamadou Samboly, survenu le 12 et du Dr Hamath Ba, le 14 de ce triste mois de janvier 2012.
Que Dieu, Le Tout Puissant accueille ces deux fidèles dans son Paradis. Aux familles éplorées, nous présentons nos condoléances pour ces pertes douloureuses, et les exortons, et à nous aussi, au MUNYAL, un de nos principes fondementaux de notre comportement.
Beaucoup de personnes ont eu à approcher et travailler avec ces défuntes personnes, étant beaucoup moins âgés, je n'ai pas cette prétention de les connaître pour livrer ici de témoignages sur leur vie. Tout ce que j'en sais me viens de témoignages relatés par mes parents, décédés il y a longtemps. Je retiens seulement que ma défunte mère était une amie trés intime à la défunte Waranka Ba épouse du défunt, qui a dit un jour à un neveu venu chez lui présenter des voeux avec une délégation, que seule la mort a séparé ces deux femmes qui se vouaint une amitié profonde.
La reconnaissance de la ville de Boghé en Mauritanieà feu dr Hamat Ba sera éternelle. Il fut le premier medecin africain à servir dans cette ville dans les années 50. Cette ville à laquelle il était lié par de nombreux
liens, surtout ceux de parenté. Ma dernière visite à ce sage remonte en 1990, dans son domicile situé à Liberté. Il nous a accueilli avec tous les égards malgré une infirmité passagère, il nous a été d'une trés grande aide dans nos activités interdites de mouvement luttant clandestin.
Docteur Hamat Ba, GORKO MO HALAYBE, GORKO MO SOUSKA, GORKO MO EDDI, a FELLI FIYANDE MA, YO JUUDHE MOXXE JAVVO.

Docteur Sada Alassane Ngaide

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