Ould Abdel Aziz à l’adresse de la diaspora : « La lutte contre la gabegie a fait des victimes, mais ce sont des victimes pour l’intérêt du pays » Posté le 01/10/2009 - Par MSS

La visite en France du président mauritanien Abdel Aziz, dont le point d’orgue a été la rencontre mardi de son homologue français Nicolas Sarkozy, marque le retour à la normalisation des relations entre Paris et Nouakchott. Ould Abdel Aziz a aussi rencontré la diaspora avec laquelle il a eu de longs échanges.
A
l'Elysée, Ould Abdel Aziz a eu un long entretien avec Claude Guéant,
secrétaire général de l'Elysée avant une audience d'une heure avec le
président Nicolas Sarkozy. Ce dernier lui aurait fait comprendre selon
la Lettre du Continent qu'il était, dés le début, son candidat préféré
et lui a promis une aide totale, à commencer par une centrale
électrique de 50 MW pour résorber le déficit en électricité du pays.
Dorés et déjà, beaucoup d’observateurs qualifient cette visite de réussie.
Première
réussite évoquée c’est celle de l’organisation matérielle et du timing
de la visite. En effet les personnels de l’ambassade et du consulat
général de Mauritanie à Paris avaient plutôt bien fait les choses, pas
un seul couac n’a été signalé. Aussi bien l’accueil à l’aéroport du
Bourget que l’hébergement de la délégation présidentielle se sont fait
dans les règles de l’art mais le plus important l’agenda du président a
été fait de telle sorte qu’il lui a été possible de rencontrer tout ce
qui compte à Paris et qui est en relation peu ou prou avec notre pays.
Ensuite,
le président a réussi à réunir le Medef français au petit déjeuner (à
8h30mn) mais surtout les patron français sont venu en masse et en
qualité relativement élevée pour écouter les responsables mauritaniens
leur vanter la Mauritanie nouvelle celle qui « avec une justice, une
sécurité et une stabilité retrouvées est désormais prêtes à les
accueillir à bras ouverts afin de mettre en valeur les potentialités
énormes du pays. » Cette visite a donc été pour le président l’occasion
d’expérimenter toute la palette d’activités protocolaires : entretiens
politiques, discussion économiques en endossant le costume de VRP.
La visite a été aussi l’occasion pour le président Mohamed Ould
Abdel Aziz d’organiser une rencontre imprévue dans le programme avec la
diaspora mauritanienne. Rencontre qui a été l’occasion pour ces
citoyens exilés de poser les problèmes afin d’essayer de leur trouver
une solution. Mais surtout, cette rencontre a été l’occasion pour le
président Mohamed Ould Abdel Aziz de prononcer le discours que tous
attendaient de lui à Nouakchott. L’on sait qu’à l’occasion des valses
nominations des responsables ces derniers temps, Ould Abdel Aziz a été
accusé par ses opposants de s’adonner à la chasse aux sorcières en
limogeant tout ceux qui s’étaient opposés à lui durant les élections
ainsi que pendant la période de crise politique qui les a précédé. Ould
Abdel Aziz a notamment déclaré : « Notre pays a souffert ces dernières
décennies de beaucoup de maux qui ont provoqué la présence de beaucoup
d’entre vous ici, nous espérons que cela ne se répétera plus. Il faut
aller dans le sens de la réconciliation de tous les mauritaniens qui
doivent tourner la page et aller de l’avant dans l’action de
développement et d’oublier ce passé douloureux que personne ne veut
endosser. » « La Mauritanie -a-t-il poursuivi, doit se développer pour
tous les mauritaniens, pas pour une tribu ni une ethnie ni un groupe ni
un parti politique. Je suis le président de tous mauritaniens aussi
bien les gens qui ont fait que je suis devenus président que ceux qui
ont tout fait pour m’empêcher de l’être. Je suis aussi proche des uns
que des autres. Autant j’ai besoin des gens qui m’ont soutenus autant
la Mauritanie a besoin de gens pour s’opposer à tout ce qui peut se
faire de mauvais dans le pays. ».… « Il nous appartient de nous unir
pour que n’ayons pas à léguer nos souffrances aux générations futures.
La lutte contre la gabegie a commencé à faire de victimes mais ce sont
des victimes pour l’intérêt du pays. » Exemples de gabegie citée par le
président de la République, une facture de l’électricité de plus de
3milliards payées annuellement par l’Etat pour des fonctionnaires dont
certains ont une facture supérieure au salaire. Autre exemple la
multitude de véhicules détenus par ces fonctionnaires alors que des
services vitaux de l’Etat sont immobilisés faute de moyens. Ould Abdel
Aziz a annoncé que des mesures sont en train d’être prises pour mettre
fin a cette injustice afin de mettre les citoyens au même niveau pour
une meilleur répartition de la ressource nationale. Ces citoyens dont
une minorité a toutes les facilités alors que la majorité d’entre eux
vivent dans les souffrances pour survivre. A la suite du président
l’ambassadrice Lemmat Mint Awnene a pris la parole pour dire que la
diaspora a soutenu l’action du président et qu’elle reste attachée aux
valeurs et aux intérêts du pays pour preuve a-t-elle dit la
participation massive et les résultats éloquents lors des élections
présidentielles.
Puis ce fut le tour de la diaspora de prendre la parole.
Diawara
Issa Manséga de RIM CD a déclaré que son organisation a travaillé et
soutenu le HCE car pour elle ce changement est salutaire pour sauver la
Mauritanie. C’est ce qui explique selon lui la forte mobilisation des
mauritaniens en faveur de Mohamed Ould Andel Aziz et pour finir il a
demandé la reconnaissance de son mouvement afin de lui permettre d’être
plus efficace encore.
Puis ce fut le tour du représentant de l’AJD
MR Ousmane Diagana ainsi que son chargé des relations extérieures
Moulaye Dioum qui ont souhaité la bienvenue au président au nom de
l’AJDMR et ont salué certaines action comme le retour des réfugiés, la
lutte contre la gabegie et surtout la réintégration récentes de
fonctionnaires negro africains victime de l’ère Taya. Enfin les
représentants de l’AJD MR ont salué le vote des mauritaniens de
l’extérieur tout en regrettant qu’il y ait des omissions et la
concentration des cinq bureaux de vote à Paris alors que nombre de nos
compatriotes vivent et travaillent en province. Ils ont enfin demandé
l’introduction du vote par procuration ou par correspondance.
Les
représentants des Etudiants Youssouf Ould Hassen et Mama Fall
respectivement président et secrétaire général de l’association des
étudiants mauritaniens en France ont posé le problème du retard de
paiement et de l’attribution des bourses en soulignant que les
étudiants non boursiers sont souvent condamnés à faire de petits
boulots pour survivre. Ce qui se ressent sur leurs études. Concernant
l’irrégularité ils ont cité l’exemple d’une vingtaine d’étudiants sans
bourse alors qu’elle leur a été accordée depuis plus d’un an.
Abdoul
Aziz Soumaré de l’organisation contre la violations des droits humains
a déclaré représenter la souffrances des noirs en Mauritanie, Ousmana
abdoul Sarr a exprimé l’espoir de voir se régler toute cette souffrance
pour bâtir une nouvelle ère en Mauritanie basée sur la justice et la
liberté et en l’absence de toute impunité ; il a déclaré mener le
combat pour la réhabilitation des victimes d’un régime raciste. Abdoul
Sarr représentant des mauritaniens de Belgique a remis au président un
DVD qui retrace la campagne menée par l’upr en Belgique. Salah Dine
Ould Hachem du parti Tawassoul et Mohamed Ould Bamba ont déclaré qu’ils
étaient parmi ceux qui s’étaient opposés à Ould Abdel Aziz mais qui
l’ont félicité lorsqu’il a remporté le suffrage des mauritaniens : «
nous vous félicitons nous vous exhortons d’instaurer un état d’égalité
et d’être comme vous l’avez annoncé ouvert à vos opposants.»
Pour la double nationalité
Le représentant de Tawassoul a ensuite demandé la reconnaissance de
la double nationalité ou au moins de renoncer à l’obligation de visa
pour les français d’origine mauritanienne. Enfin il a demandé comme le
représentant des travailleurs mauritaniens en Europe la signature de
conventions sociale entre la Mauritanie et différents pays européens
afin de permettre aux retraités mauritaniens de jouir de tous leurs
droits une fois rentrés au pays après une longue carrière en Europe.
Dramé Boubou a lui posé un problème personnel de licenciement sans
motif après 27 ans de service. Le Président a conclu en remerciant les
participants et en répondant aux étudiants que l’Etat étudiait la
possibilité d’un paiement sans passer par les ambassades. Mais il a
souligné que les bourses ne doivent être octroyées qu’en fonction des
notes obtenues.
MSS
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