La visite en France du président mauritanien Abdel Aziz, dont le point d’orgue a été la rencontre mardi de son homologue français Nicolas Sarkozy, marque le retour à la normalisation des relations entre Paris et Nouakchott. Ould Abdel Aziz a aussi rencontré la diaspora avec laquelle il a eu de longs échanges.



A l'Elysée, Ould Abdel Aziz a eu un long entretien avec Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée avant une audience d'une heure avec le président Nicolas Sarkozy. Ce dernier lui aurait fait comprendre selon la Lettre du Continent qu'il était, dés le début, son candidat préféré et lui a promis une aide totale, à commencer par une centrale électrique de 50 MW pour résorber le déficit en électricité du pays.
Dorés et déjà, beaucoup d’observateurs qualifient cette visite de réussie.
Première réussite évoquée c’est celle de l’organisation matérielle et du timing de la visite. En effet les personnels de l’ambassade et du consulat général de Mauritanie à Paris avaient plutôt bien fait les choses, pas un seul couac n’a été signalé. Aussi bien l’accueil à l’aéroport du Bourget que l’hébergement de la délégation présidentielle se sont fait dans les règles de l’art mais le plus important l’agenda du président a été fait de telle sorte qu’il lui a été possible de rencontrer tout ce qui compte à Paris et qui est en relation peu ou prou avec notre pays.
Ensuite, le président a réussi à réunir le Medef français au petit déjeuner (à 8h30mn) mais surtout les patron français sont venu en masse et en qualité relativement élevée pour écouter les responsables mauritaniens leur vanter la Mauritanie nouvelle celle qui « avec une justice, une sécurité et une stabilité retrouvées est désormais prêtes à les accueillir à bras ouverts afin de mettre en valeur les potentialités énormes du pays. » Cette visite a donc été pour le président l’occasion d’expérimenter toute la palette d’activités protocolaires : entretiens politiques, discussion économiques en endossant le costume de VRP.

La visite a été aussi l’occasion pour le président Mohamed Ould Abdel Aziz d’organiser une rencontre imprévue dans le programme avec la diaspora mauritanienne. Rencontre qui a été l’occasion pour ces citoyens exilés de poser les problèmes afin d’essayer de leur trouver une solution. Mais surtout, cette rencontre a été l’occasion pour le président Mohamed Ould Abdel Aziz de prononcer le discours que tous attendaient de lui à Nouakchott. L’on sait qu’à l’occasion des valses nominations des responsables ces derniers temps, Ould Abdel Aziz a été accusé par ses opposants de s’adonner à la chasse aux sorcières en limogeant tout ceux qui s’étaient opposés à lui durant les élections ainsi que pendant la période de crise politique qui les a précédé. Ould Abdel Aziz a notamment déclaré : « Notre pays a souffert ces dernières décennies de beaucoup de maux qui ont provoqué la présence de beaucoup d’entre vous ici, nous espérons que cela ne se répétera plus. Il faut aller dans le sens de la réconciliation de tous les mauritaniens qui doivent tourner la page et aller de l’avant dans l’action de développement et d’oublier ce passé douloureux que personne ne veut endosser. » « La Mauritanie -a-t-il poursuivi, doit se développer pour tous les mauritaniens, pas pour une tribu ni une ethnie ni un groupe ni un parti politique. Je suis le président de tous mauritaniens aussi bien les gens qui ont fait que je suis devenus président que ceux qui ont tout fait pour m’empêcher de l’être. Je suis aussi proche des uns que des autres. Autant j’ai besoin des gens qui m’ont soutenus autant la Mauritanie a besoin de gens pour s’opposer à tout ce qui peut se faire de mauvais dans le pays. ».… « Il nous appartient de nous unir pour que n’ayons pas à léguer nos souffrances aux générations futures. La lutte contre la gabegie a commencé à faire de victimes mais ce sont des victimes pour l’intérêt du pays. » Exemples de gabegie citée par le président de la République, une facture de l’électricité de plus de 3milliards payées annuellement par l’Etat pour des fonctionnaires dont certains ont une facture supérieure au salaire. Autre exemple la multitude de véhicules détenus par ces fonctionnaires alors que des services vitaux de l’Etat sont immobilisés faute de moyens. Ould Abdel Aziz a annoncé que des mesures sont en train d’être prises pour mettre fin a cette injustice afin de mettre les citoyens au même niveau pour une meilleur répartition de la ressource nationale. Ces citoyens dont une minorité a toutes les facilités alors que la majorité d’entre eux vivent dans les souffrances pour survivre. A la suite du président l’ambassadrice Lemmat Mint Awnene a pris la parole pour dire que la diaspora a soutenu l’action du président et qu’elle reste attachée aux valeurs et aux intérêts du pays pour preuve a-t-elle dit la participation massive et les résultats éloquents lors des élections présidentielles.
Puis ce fut le tour de la diaspora de prendre la parole.
Diawara Issa Manséga de RIM CD a déclaré que son organisation a travaillé et soutenu le HCE car pour elle ce changement est salutaire pour sauver la Mauritanie. C’est ce qui explique selon lui la forte mobilisation des mauritaniens en faveur de Mohamed Ould Andel Aziz et pour finir il a demandé la reconnaissance de son mouvement afin de lui permettre d’être plus efficace encore.
Puis ce fut le tour du représentant de l’AJD MR Ousmane Diagana ainsi que son chargé des relations extérieures Moulaye Dioum qui ont souhaité la bienvenue au président au nom de l’AJDMR et ont salué certaines action comme le retour des réfugiés, la lutte contre la gabegie et surtout la réintégration récentes de fonctionnaires negro africains victime de l’ère Taya. Enfin les représentants de l’AJD MR ont salué le vote des mauritaniens de l’extérieur tout en regrettant qu’il y ait des omissions et la concentration des cinq bureaux de vote à Paris alors que nombre de nos compatriotes vivent et travaillent en province. Ils ont enfin demandé l’introduction du vote par procuration ou par correspondance.
Les représentants des Etudiants Youssouf Ould Hassen et Mama Fall respectivement président et secrétaire général de l’association des étudiants mauritaniens en France ont posé le problème du retard de paiement et de l’attribution des bourses en soulignant que les étudiants non boursiers sont souvent condamnés à faire de petits boulots pour survivre. Ce qui se ressent sur leurs études. Concernant l’irrégularité ils ont cité l’exemple d’une vingtaine d’étudiants sans bourse alors qu’elle leur a été accordée depuis plus d’un an.
Abdoul Aziz Soumaré de l’organisation contre la violations des droits humains a déclaré représenter la souffrances des noirs en Mauritanie, Ousmana abdoul Sarr a exprimé l’espoir de voir se régler toute cette souffrance pour bâtir une nouvelle ère en Mauritanie basée sur la justice et la liberté et en l’absence de toute impunité ; il a déclaré mener le combat pour la réhabilitation des victimes d’un régime raciste. Abdoul Sarr représentant des mauritaniens de Belgique a remis au président un DVD qui retrace la campagne menée par l’upr en Belgique. Salah Dine Ould Hachem du parti Tawassoul et Mohamed Ould Bamba ont déclaré qu’ils étaient parmi ceux qui s’étaient opposés à Ould Abdel Aziz mais qui l’ont félicité lorsqu’il a remporté le suffrage des mauritaniens : « nous vous félicitons nous vous exhortons d’instaurer un état d’égalité et d’être comme vous l’avez annoncé ouvert à vos opposants.»

Pour la double nationalité

Le représentant de Tawassoul a ensuite demandé la reconnaissance de la double nationalité ou au moins de renoncer à l’obligation de visa pour les français d’origine mauritanienne. Enfin il a demandé comme le représentant des travailleurs mauritaniens en Europe la signature de conventions sociale entre la Mauritanie et différents pays européens afin de permettre aux retraités mauritaniens de jouir de tous leurs droits une fois rentrés au pays après une longue carrière en Europe. Dramé Boubou a lui posé un problème personnel de licenciement sans motif après 27 ans de service. Le Président a conclu en remerciant les participants et en répondant aux étudiants que l’Etat étudiait la possibilité d’un paiement sans passer par les ambassades. Mais il a souligné que les bourses ne doivent être octroyées qu’en fonction des notes obtenues.

MSS

© Le QDN


Réagir