Présidentielle au Gabon: tension à Libreville, le gouvernement rassure avant les résultats

Date: Du 03/09/2009 à 00h00 au 04/09/2009 à 00h00
Lieu: Gabon

LIBREVILLE (AFP) - 01.09.2009 19:10

L'atmosphère était tendue mardi à Libreville dans l'attente des résultats, prévus pour le lendemain, de la présidentielle que trois candidats affirment avoir remportée, amenant le gouvernement à rassurer sur la sécurité.

voir_le_zoom : Ali Bongo, le 31 août 2009 à LibrevilleAli Bongo, le 31 août 2009 à Libreville
voir_le_zoom : André Mba Obame, le 28 août 2009 à LibrevilleAndré Mba Obame, le 28 août 2009 à Libreville
voir_le_zoom : L opposant gabonais Pierre Mamboundou, le 31 août 2009 à LibrevilleL'opposant gabonais Pierre Mamboundou, le 31 août 2009 à Libreville

L'atmosphère était tendue mardi à Libreville dans l'attente des résultats, prévus pour le lendemain, de la présidentielle que trois candidats affirment avoir remportée, amenant le gouvernement à rassurer sur la sécurité.

La circulation, habituellement encombrée, était fluide dans la capitale gabonaise. Des forces de sécurité restaient visibles aux carrefours stratégiques depuis leur déploiement lundi "pour garantir la sécurité des hommes et des biens sur le territoire national", selon le gouvernement.

"Nous n'avons peur de rien", a assuré le ministre de l'Intérieur également chargé de la Défense, Jean-François Ndongou.

Le mot "peur" revenait pourtant dans les propos de nombreux résidents de la capitale. Sans être revenue à la normale, l'activité semblait cependant meilleure que la veille.

Malgré ces assurances, beaucoup au Gabon craignaient des troubles après la présidentielle qui, selon les 35 observateurs de l'Union africaine, s'est déroulée "conformément aux dispositions légales" malgré des "irrégularités" et des "faiblesses".

Trois candidats ont clamé victoire à ce scrutin d'un seul tour, sans chiffre officiel de publié: Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba, l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame et l'opposant historique Pierre Mamboundou.

La commission électorale a annoncé lundi la publication, seulement pour mercredi soir, des résultats.

Victoire Lasséni Duboze, première femme à briguer la présidence, a reconnu sa défaite, dénonçant des "difficultés" lors du vote.

Depuis dimanche soir, les trois favoris se livrent à une bataille de chiffres avec tous les moyens de communication possibles.

Dans la nuit de lundi à mardi, le camp de Mba Obame a assuré dans un SMS avoir gagné avec "50,1%" des voix. La veille, celui de Mamboundou déclarait à la presse l'avoir remporté avec "39,15%" des voix. Plus tôt lundi, Bongo fils, lui, s'affirmait "largement gagnant".

"Il n'y en a aucun qui dit la vérité", a affirmé à l'AFP un conseiller présidentiel.

Au siège de campagne de la coalition de cinq partis soutenant Mamboundou, l'atmosphère était tendue. Plusieurs centaines de personnes avaient passé la nuit devant le bâtiment à Awendjé (nord-est de Libreville), selon la coalition et des riverains.

"Nous sommes ici pour défendre notre victoire, pour protéger nos leaders et aussi les procès-verbaux des bureaux de vote", a affirmé l'un d'eux, Georges Moussavou, 42 ans.

Mba Obame et Mamboundou ont fait part de leur crainte d'une falsification des résultats par le parti au pouvoir qui a investi Ali Bongo. Ils centralisent à leurs sièges les procès-verbaux (PV) de chacun des 3.000 bureaux de vote au Gabon et à l'étranger.

Les partisans d'André Mba Obame, qui a mis en garde contre "un coup d'Etat électoral", ont pris des mesures similaires de protection devant le domicile de leur candidat, près de l'aéoroport (nord-ouest).

"S'ils veulent falsifier les élections, il leur faut les PV. On doit les protéger", a affirmé un conseiller.

Dans un entretien au journal Le Parisien, le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet a estimé que le nouveau président gabonais devra exercer "un mandat de rupture" après Omar Bongo pour répartir les richesses de façon plus équitable.

Bongo est décédé en juin après 41 ans au pouvoir. De l'avis général, peu d'efforts de développement ont été réalisés sous son régime, réputé clientéliste et corrompu.

© 2009 AFP



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