28 novembre 1990- 28 novembre 2021. 1990-2021. Trente et un ans ! Il Tijane BAAL Posté le 30/11/2021 - Par Tijane BAAL Source Page facebook de Mariam KANE Mardi 30112021 Crimes contre l'humanité
28 novembre 1990- 28 novembre 2021.
1990-2021. Trente et un ans ! Il Tijane BAAL
Plus d’une génération à n’avoir connu que des «28 novembre» unijambistes. Des célébrations ou commémorations hémiplégiques. Il y a bien longtemps que cette date a cessé d’être une fête. Et encore moins une fête nationale. Et, alors ? Pour l’heure, rien n’est entrepris pour qu’il en aille autrement. Sauf lecture plus attentive, le discours de l’actuel chef de l’Etat, hier, marque une continuité. Rien pour « réarmer le présent ». L’aphonie officielle des différents pouvoirs est une constante. Si l’on excepte une cérémonie dite de prière aux morts équivoque. Le silence est évidemment significatif. «Il y a un silence qui ment ». Si encore, il s’agissait d’un embarras, ce serait un moindre mal. L’occultation serait davantage la bonne explication. Le plus déprimant est qu’au silence officiel fait écho celui, vraisemblablement gêné, d’une frange de la population, pas nécessairement indifférente, mais probablement contrariée de s’entendre rappeler des morts qui ne sont pas les siens. Le 28 novembre revenant tous les ans, il est à craindre que tous les ans les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et l’on pense à cette réplique d’un antiraciste américain aux désabusés de l’antiracisme : si vous trouvez qu’il est fatigant d’entendre tout le temps parler du racisme, devinez combien il doit être encore plus fatigant de le subir tout le temps. De bonne foi probablement, des compatriotes appellent également à tourner la page en guise d’apaisement. Les coupables ne sont plus là arguent-ils. D’abord, le fait n’est pas établi. Ensuite, et plus important, les crimes dénoncés ne peuvent se réduire aux dérives meurtrières d’un groupe d’hommes aveuglés et pervers. C’est par-dessus tout de crimes d’Etat qu’il s’agit. Et tout Etat digne de ce nom survit à ceux qui, à un moment donné, l’ont incarné ; Pourquoi, autrement le président Macron, né en 1977, devrait-il s’excuser des crimes commis lors d’une guerre ayant pris fin quinze ans avant sa naissance ? Pourquoi Barack Obama, né en 1961, a-t-il cru devoir s’excuser pour les bombardements de Hiroshima et Nagasaki intervenus en 1945? Encore plus abject et irrecevable est l’argument, en vogue, consistant à imputer à des groupes politiques-les Baathistes et les Nassériens en l’occurrence- et à eux seuls la responsabilité des faits criminels? Le subterfuge est commode et tente de dédouaner sans frais les pouvoirs publics. A supposer qu’il soit vérifié, l’argument en dirait davantage sur l’Etat que sur ces groupes censés l’avoir noyauté au point de le rendre comptable de génocide. De plus, on est en droit de se demander ce que sont devenus les cavaliers de l’ombre. Ont-ils encore pignon sur rue ? Pour quiconque suit de près la vie publique mauritanienne, poser la question c’est y répondre. Et ce n’est pas de bon augure.Tijane BAAL
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Mardi 30112021





