📂 🇲🇷 ✍🏾 En Mauritanie, la surreprésentation des Maures aux postes de directeurs généraux n’est ni un hasard ni une simple coïncidence ... / Par Abdoulaziz DEME
 
 
: elle s’enracine dans une histoire de domination politique, d’« arabisation » de l’État et de marginalisation structurelle des populations noirs de mauritanie depuis l’indépendance.
L’État mauritanien a été construit et contrôlé majoritairement par les élites beydanes , qui ont verrouillé l’accès aux secteurs clés de l’administration, de l’armée et de l’économie.
Les politiques d’« arabisation » (langue, école, justice, administration) ont consolidé la position de nos compatriotes Maures comme groupe dominant, en rendant les trajectoires de carrière beaucoup plus favorables à ceux qui maîtrisent l’arabe et sont socialement intégrés aux réseaux de pouvoir mauritano-arabes.
Les Noirs de mauritanie ont longtemps été cantonnés à des postes de cadres moyens, souvent sans réel pouvoir de décision, ce qui se traduit aujourd’hui par des fonctions d’adjoints, de chargés de mission ou de techniciens d’exécution plutôt que de décideurs.
L’accès à l’emploi public, au crédit, aux terres et aux promotions a été biaisé par des pratiques discriminatoires, ce qui a limité la constitution, chez les Noirs, d’un vivier de hauts responsables institutionnellement reconnus, même quand le niveau de compétence est présent.
Le fait de maintenir des directeurs généraux majoritairement maures tout en nommant des Noirs comme adjoints ou conseillers permet au système de se donner une façade de diversité sans partager réellement le pouvoir.
C’est une forme de cooptation symbolique : on montre des visages noirs, mais les leviers restent dans les mêmes mains.
Derrière cela, il existe une vision hiérarchisée de la nation, où l’identité arabo-berbère est perçue comme plus « légitime » pour diriger, tandis que les Noirs de mauritanie sont tolérés surtout dans des rôles de soutien, ce qui renforce un sentiment d’injustice et d’exclusion politique.
Reconnaître que cette situation n’est pas un simple « déséquilibre » mais un système de privilèges ethniques qui produit des inégalités concrètes de pouvoir, de revenus et de dignité.
À titre d’avis personnel, une sortie crédible passe par : Des quotas transparents ou des objectifs chiffrés de représentation des Noirs de mauritanie aux fonctions de direction (administration, entreprises publiques, autorités indépendantes).
Une réforme profonde des concours, recrutements et promotions, avec des garanties contre le favoritisme et la cooptation clanique.
La reconnaissance politique claire du passé de discriminations (déportations, violences, « passif humanitaire ») et son lien avec la sous-représentation actuelle des Noirs dans les postes de décision.
En résumé, la remarque de Mamadou Sy pointent un problème systémique : tant que l’État ne traitera pas l’ethnicisation du pouvoir comme une question politique centrale à corriger, les directeurs généraux resteront majoritairement maures et les Noirs seront maintenus dans des rôles subalternes, même lorsqu’ils ont les compétences et l’expérience pour diriger……. AAD
 
Abdoulaziz DÈME
Source Page 📄 Facebook de Mamadou SY
 


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