Martine Aubry quitte la direction du PS mais se veut militante exemplaire Posté le 19/10/2012 - Par (Sipa / 27.10.2012 18h26)

 

 

Martine Aubry quitte la direction du PS mais se veut militante exemplaire

 

TOULOUSE (Sipa) -- Martine Aubry a soutenu vigoureusement l'action du gouvernement samedi lors du congrès socialiste de Toulouse, en invitant la gauche à se réjouir du travail déjà accompli et à concentrer ses attaques sur l'opposition.

"Principal soutien" du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et "principale militante du gouvernement" : voilà comment s'est présentée samedi l'ancienne première secrétaire du Parti socialiste, longuement ovationnée par les siens. "Martine Aubry est un peu à Ayrault ce que Clinton est à Obama, la personne qui explique le mieux sa politique", a commenté à chaud le président des jeunes socialistes, Thierry Marchal-Beck, sur Twitter.

"Ce que fait Jean-Marc Ayrault est juste", a affirmé la maire de Lille, alors que le Premier ministre, qui connaît les basses eaux des sondages, est accusé d'amateurisme par l'opposition. "Je fais confiance à Jean-Marc, nous devons tous lui faire confiance", a-t-elle lancé à ses camarades socialistes. Le Premier ministre est un "honnête homme, un homme de gauche qui est droit", a-t-elle insisté. "En politique (...) ce n'est pas souvent que ça arrive", a-t-elle ironisé.

"Notre devoir est de nous mobiliser derrière le gouvernement pour que les priorités des Français soient aussi les nôtres", a souligné Martine Aubry, érigeant l'emploi comme combat "essentiel" pour le gouvernement.

 


"Gardons la nuque raide"


 

"Ne nous laissons pas impressionner et évitons surtout de créer nous-même les difficultés", a-t-elle lancé, appelant les militants "à rester unis, en bloc" et à être "fiers" des réformes déjà accomplies. "Arrêtons de parler dans la presse, les Français veulent nous voir comme un seul bloc", a-t-elle poursuivi, avant de citer François Mitterrand : "Gardons la nuque raide quand nous pensons que ce que nous faisons est juste".

Evoquant notamment l'adoption la veille du remboursement à 100% de l'IVG, Martine Aubry a également défendu la politique européenne ou le budget du gouvernement : "c'est le respect des engagements pris en respectant la priorité de l'emploi", a-t-elle estimé.

"Aujourd'hui, tout est fait pour que nous puissions effectivement retrouver le chemin de la croissance et renverser la courbe du chômage", a-t-elle assuré. "C'est vrai que ce n'est pas facile d'arriver aux 3%", a-t-elle admis. Mais "il faut expliquer la réforme fiscale (...) La droite dit : 'c'est du matraquage'. Non, c'est du rattrapage !"

Quant aux autres réformes, "elles seront faites", a-t-elle promis, semblant toutefois prête à un report sur le droit de vote des étrangers. "Je serai d'une grande tristesse si nous n'arrivons pas à l'appliquer en 2014, mais (...) les Français doivent savoir qu'on s'occupe de l'emploi", a-t-elle martelé.

"Il est inutile d'envoyer des pétitions à Jean-Marc Ayrault et à François Hollande (...) C'est plus facile de signer des pétitions, c'est moins facile d'aller convaincre son voisin", leur a-t-elle lancé, appelant à un travail d'explication et de persuasion non "devant les micros, mais en bas, aux pieds des HLM et dans les marchés".

 


"Quand je crois à quelque chose, je ne lâche pas"

 

 

Dans son plaidoyer en faveur du gouvernement, Martine Aubry n'a pas oublié de lancer une contre-offensive face aux critiques nourries de l'opposition. Dénonçant les "sirènes de la démagogie et du populisme", elle a accusé la droite d'être "d'une agressivité absolue". "Nous ne laisserons pas passer une seule attaque, ils n'ont aucune leçon à nous donner", a-t-elle assuré.

"La plus grande faute" de Nicolas Sarkozy, "c'est d'avoir abandonné le combat contre le chômage", a-t-elle dénoncé, évoquant un gouvernement qui a mis "sous le tapis" les licenciements chez PSA.

Et de tacler les deux candidats à la présidence de l'UMP: "Ne nous leurrons pas, Copé-Fillon Fillon-Copé, c'est la même chose", a tranché la maire de Lille. "L'horrible affaire du pain au chocolat de Jean-François Copé ce n'était pas une bourde, c'était un avant-goût", a-t-elle estimé. Quand à l'ancien Premier ministre, "quand on dit qu'on est un héritier du général de Gaulle et qu'on ne dit rien au lendemain des discours de Dakar ou de Grenoble, c'est qu'on renie ce qu'on a été", a-t-elle taclé.

Se disant heureuse de passer le flambeau à Harlem Désir, Martine Aubry a toutefois précisé: "Je suis partie, mais je parle toujours. Je continuerai à être une militante". "Quand je crois à quelque chose, je ne lâche pas". La maire de Lille a dirigé le PS pendant quatre ans, depuis le tumultueux congrès de Reims en 2008 jusqu'au retour de la gauche au pouvoir, en passant par la primaire PS qui l'a opposée parfois durement en 2006 à François Hollande.

cd/hf/mw


(Sipa / 27.10.2012 18h26)

 



Réagir